Graines d’Europe dans l’enseignement agricole

L’enseignement agricole : un système de formation pleinement engagé dans les programmes Erasmus + pour une citoyenneté européenne réussie.

L’intérêt des mobilités et des partenariats européens et internationaux est aujourd’hui pleinement intégré dans l’enseignement agricole que ce soit pour les élèves, les apprentis, les étudiants ou les adultes en formation.
Les établissements font vivre cette dimension dans leur approche pédagogique et éducative, donnant ainsi corps à la stratégie du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.

Le bilan 2021-2024 Erasmus+ pour l’enseignement agricole réalisé par l’Agence France ERASMUS + Education/Formation et la Direction générale de l’enseignement et de la recherche confirme le réel engagement des établissements agricoles à la construction de l’espace européen de l’enseignement et au renforcement de l’identité et de la citoyenneté européenne

+ de 75 % des établissements de l’enseignement agricole sont engagés dans des actions de mobilité ERASMUS+, avec plus de 46 000 mobilités réalisées depuis le début de la programmation.

Cette pleine participation de l’enseignement agricole aux mobilités européennes est favorisée par l’existence des 146 sections européennes proposées par l’enseignement agricole en France (en anglais, espagnol et allemand).

Cérémonie de remise des prix des concours des jeunes Européens
Cérémonie de remise des prix des concours des jeunes Européens

La réussite de l’enseignement agricole dans les programmes européens se confirme aussi par le succès des concours européens de jeunes au salon international de l’agriculture en France (concours de jugement des animaux par les jeunes (CJAJ) et des jeunes professionnels du vin (CJPV). En 2026, ce sont près de 100 candidats issus de 30 pays du continent européen qui s’y sont affrontés.

Cette mobilisation de l’enseignement agricole est le fruit d’une collaboration efficace et quotidienne entre le Ministère chargé de l’agriculture et l’Agence Erasmus +, ainsi que du travail des réseaux de l’Enseignement agricole dédiés aux projets européens.

Un atout pour l’enseignement agricole !

Les opportunités qu’offre le programme Erasmus + sont autant d’encouragements à faire le choix d’un parcours vers les métiers du Vivant. Ces métiers recrutent chaque année plus de 100 000 personnes, et attendent cette nouvelle génération de professionnels formés dans nos établissements : motivés, passionnés, ouverts sur l’Europe et sur le monde.

Le prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe

Chaque année, les établissements d’enseignement agricole sont invités à participer au concours intitulé « Prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe ». Dans ce cadre, les établissements candidats sont appelés à présenter un projet original élaboré par une classe avec son / ses professeur(s) dans le domaine de la citoyenneté européenne. Il vise à encourager les échanges avec de jeunes Européens, la découverte d’une autre culture, à travers une production commune réalisée dans le cadre d’un partenariat.

Pour la dixième année successive, la Fondation Hippocrène a ouvert, avec le soutien de la Représentation en France de la Commission européenne et du ministère en charge de l’agriculture, le concours de novembre 2025 à janvier 2026. La catégorie « enseignement agricole » a été remporté par Lycée Olivier Guichard de Guérande de la Région Pays de la Loire pour son projet “Cimetières européens : lieux de mémoire, de culture et de citoyenneté”, bénéficiaire d’un prix de 5 000 € pour développer ou poursuivre leur projet européen. Le prix seront remis aux différents lauréats Hippocrène 2026 au Parlement européen de Strasbourg, le 21 mai 2026.

Le projet « Cimetières européens : lieux de mémoire, de culture et de citoyenneté » s’appuie concrètement sur les formations du lycée Olivier Guichard, en particulier les classes de CAP Fleuriste et d’aménagements paysagers. Il propose aux élèves une approche pédagogique ancrée dans leurs compétences professionnelles tout en ouvrant une réflexion européenne sur la mémoire, les rites funéraires, l’aménagement des espaces et la transition écologique.

le projet invite les élèves à réfléchir à ce qui unit les sociétés européennes au-delà de leurs différences nationales. Les cimetières témoignent de l’histoire commune du continent (guerres, migrations, évolutions religieuses et sociales) tout en révélant la diversité des traditions et des expressions culturelles.

Concours Moveagri 2025 sous le signe de l’Europe

Chaque année, le concours Moveagri récompense les meilleures réalisations de blog dans cinq catégories. Ce concours est ouvert à tout élève, apprenti, stagiaire ou étudiant, service civique ou volontaire international, inscrit dans un établissement d’enseignement agricole public ou privé, du technique ou du supérieur qui créé un blog, un album photo et/ou une vidéo relatant son expérience de mobilité.


Benoît Comble – Pêche d’un lieu jaune en Irlande

Les blogs des lauréats 2025 nous font découvrir leur stage dans la botte italienne avec Eline, Camille mais également Noémie et Mailys, la Finlande avec Dylan et Sacha et l’Irlande avec Benoît ainsi que les expériences de jeunes Marocains en stage en France avec Hamza, Bouchra et Fatima, qui ont trouvé l’inspiration pour leurs projets professionnels.


Ferme du stage d’Alix Indey en Norvège

Découvrez tous les blogs à la Une sur Moveagri , dont une immersion nordique en Norvège avec le blog Organic Farm Of All Trades, relatant le stage d’Alix Indey, effectué dans le cadre d’une reconversion professionnelle en BPREA en vue d’une installation de ferme diversifiée. 

Plaidoiries citoyennes de l’enseignement agricole

Pour la cinquième édition, la thématique des Plaidoiries citoyennes de l’enseignement agricole, porte sur la citoyenneté européenne, proposant aux jeunes de réfléchir aux droits et valeurs qui rassemblent les 450 millions de citoyens européens.

Il s’agissait pour ces jeunes d’imaginer l’Europe qu’ils souhaitent bâtir, défendre leurs convictions et proposer, avec force et clarté, une vision personnelle et collective de l’Europe de demain.

L’Europe de demain se construit avec les jeunes d’aujourd’hui. Dans un contexte marqué par des défis majeurs, il est plus que jamais essentiel de donner la parole aux jeunes générations.

Ce sont elles qui, par leur créativité, leur sens critique et leur engagement, portent les visions les plus audacieuses et les plus inspirantes pour l’avenir du continent.

À travers cet appel à projet, ces jeunes de l’enseignement agricole prendront la parole, feront entendre leur voix, et s’exprimeront sous la forme d’une plaidoirie engagée dans l’enceinte du parlement européen le 12 mai 2026 devant un jury présidé par Xavier CITRON, inspecteur de l’enseignement agricole.

Pour en savoir plus, Qu’est-ce que la journée de l’Europe – expliqué par Toute l’Europe.eu

Comment rejoindre le réseau des Ambassadeurs Erasmus+ pour illustrer la diversité des opportunités Erasmus+ et faciliter l’accès au programme pour tous.

Contact : Réseau des chargés de mission Europe venant en appui des établissements de l’enseignement agricole sur le programme Erasmus+

 

 

 

 




One Heath – VetagroSup comme vitrine internationale

VetAgro Sup accueille, en Auvergne-Rhône-Alpes, l’Association amicale des Conseillers Agricoles en poste à Paris pour découvrir un des campus représentant l’excellence française en terme de santé animale, formation et coopération internationale.

Le mardi 7 avril 2026, VetAgro Sup a accueilli sur son campus vétérinaire de Marcy-l’Étoile une délégation de l’ACAP (Association amicale des Conseillers agricoles à Paris), composée de représentants diplomatiques et experts internationaux issus notamment des ambassades d’Allemagne, d’Irlande et des Pays-Bas, ainsi que du réseau USDA APHIS.

Cette visite illustre l’intérêt croissant porté à VetAgro Sup par les acteurs internationaux des secteurs de l’agriculture, de l’alimentation, de la santé animale et de la coopération scientifique et technique. Elle a permis de mettre en lumière la singularité de l’établissement dans le paysage français et européen de l’enseignement supérieur et de la recherche : un établissement public à l’interface des grands enjeux contemporains de santé, d’environnement et de durabilité, alliant excellence académique, recherche de haut niveau et ouverture internationale.

La séquence d’ouverture a donné lieu à une présentation institutionnelle de l’école, de ses activités de formation et de recherche, de son ancrage régional et de sa stratégie de coopération internationale, y compris les actions menées par France Vétérinaire International (FVI).

Le programme a également permis de rappeler la richesse historique du campus vétérinaire, berceau de la première école vétérinaire au monde. La visite du musée a mis en valeur un patrimoine unique, pleinement inscrit dans l’identité de VetAgro Sup, qui conjugue héritage académique, innovation scientifique et engagement au service des transitions contemporaines.

La délégation a ensuite découvert quelques infrastructures emblématiques du campus : plateau de simulation, centre hospitalier universitaire vétérinaire pour animaux de compagnie et clinique équine. Autant d’équipements illustrant la qualité pédagogique, la modernité des outils de formation et le lien étroit entretenu avec les réalités professionnelles et les besoins du terrain.

La dernière partie de l’après-midi était consacrée à l’approche « Une seule santé » (One Health), axe stratégique majeur de VetAgro Sup. Les échanges ont permis de présenter la manière dont cette approche irrigue la stratégie de l’établissement, ses coopérations académiques, ses projets de recherche et ses partenariats territoriaux. Ont notamment été évoqués les projets structurants développés avec les partenaires du site lyonnais, les dynamiques de formation avancée en santé publique avec l’Institut One Health, ainsi que des initiatives à forte valeur ajoutée comme le projet One Cancer, à l’interface de la médecine humaine et vétérinaire.

Dans un contexte où les enjeux agricoles, alimentaires et sanitaires sont de plus en plus interconnectés à l’échelle mondiale, cette visite confirme l’intérêt stratégique que représente VetAgro Sup pour les réseaux diplomatiques et techniques internationaux. Par son positionnement original au croisement des sciences vétérinaires, agronomiques, de la santé publique et de l’environnement, l’établissement dispose d’une capacité particulière à dialoguer avec une grande diversité de partenaires : universités, centres de recherche, administrations, organisations internationales, agences sanitaires, opérateurs techniques ou encore acteurs économiques.

L’accueil de l’ACAP s’inscrit ainsi dans une ambition plus large : renforcer la visibilité internationale de VetAgro Sup et affirmer sa place parmi les établissements de référence capables de porter, en France comme à l’étranger, des partenariats à fort impact scientifique, pédagogique et stratégique.

Photo de tête d’article – Salle d’opération chirurgicale qui ne défère pas de celle pour les humains, crédit Samuel Tribollet – Le Progrès

Contact : Cédric COLMAR, Directeur des Relations Partenariales, Internationales et Européennes de VetAgro Sup-Campus vétérinaire, cedric.colmar@vetagro-sup.fr




Des cerisiers en fleur pour une mission

C’est au Japon que s’est tenu, le 24 mars 2026, le groupe de travail commun aux ministères de l’agriculture français et japonais. Une opportunité saisie par l’animateur du réseau Japon de l’enseignement agricole et le chef du bureau des relations européennes et de la coopération internationale de la DGER pour y effectuer une mission de renforcement de partenariat.

Franck Copin, animateur du réseau Japon, nous livre le contenu de cette mission en marge des rencontres institutionnelles.

Franck Feuillatre, chef du Bureau des relations européenne et de la coopération internationale (DGER-MAASA) m’a proposé de l’accompagner dans une suite de rendez-vous à l’ambassade de France à Tokyo, au ministère de l’agriculture où nous avons pu rencontrer nos homologues japonais. Nous nous sommes également rendus à Kobe pour une découverte de plusieurs visages de l’agriculture japonaise avec la visite d’une exploitation de fraises et de tomates, d’une exploitation autonome comprenant élevage, production maraîchère, unité de méthanisation, atelier de transformation, restaurant et boutique. La visite s’est terminée par une distillerie de saké qui jouit d’une forte notoriété et dont un produit est servi lors de la cérémonie de remise du prix Nobel à Oslo. Cela a été l’occasion de déjeuner et d’échanger avec des élèves et professeurs du lycée de Minabe de Wakayama, partenaire du lycée de Lyon Pressin et du lycée de Sera de Hiroshima, partenaire du lycée Eugénie Joubert à Yssingeaux. Bien qu’ils étaient en vacances, les élèves se sont levés à 5 heures pour venir à notre rencontre. Au retour de Kobe vers Tokyo, nous nous sommes arrêtés à Nagoya pour visiter le lycée agricole de Anjyo, partenaire du lycée La Brosse à Auxerre. Ces deux établissements ont le partenariat le plus long du réseau Japon puisqu’ils ont commencé leurs échanges en 1987. De retour à Tokyo, nous avons visité deux lycées qui recherchent des partenaires en France : le lycée Nosan spécialisé en horticulture, paysage, transformation agroalimentaire mais aussi boulangerie et pâtisserie et le lycée Engei spécialisé dans le paysage. Nous rentrons en France avec un nouveau projet de feuille de route pour renforcer la coopération entre nos deux pays.

Contact : Franck Copin, animateur du réseau Japon de l’enseignement agricole, fanck.copin@cneap.fr




Moisson d’idées sous le soleil de l’Océan Indien

La participation au Comité de Pilotage du réseau Réseau des Établissements Agricoles Professionnels de l’Afrique Australe Océan Indien-AAOI, à La Réunion, a permis à l’animatrice du réseau AAOI de l’enseignement agricole de compléter sa connaissance du terrain, en allant à la rencontre in situ des partenaires privilégiés de la coopération internationale de Maurice et Rodrigues pour découvrir concrètement les spécificités de leur formation agricole.

Du 1er au 4 juin 2025,  à La Réunion, les établissements agricoles de Mayotte et La Réunion ainsi que tous les autres membres du Comité de Pilotage du réseau REAP AAOI (Madagascar, Mozambique, Seychelles, Comores, Maurice et Rodrigues) ont été réuni pour des échanges, des ateliers de gouvernance et des visites de terrain, qui ont été l’occasion de faire le point sur les projets de coopération en cours et à venir, de clarifier et renforcer le rôle de l’animatrice du réseau AAOI de la Direction de l’enseignement agricole et de la recherche et d’explorer des synergies avec les programmes régionaux, tout en identifiant les besoins pédagogiques et les compétences mobilisables dans chaque territoire.

  Les échanges ont également favorisé une meilleure compréhension des stratégies de coopération de chaque territoire, permettant ainsi d’identifier les besoins spécifiques en formation agricole technique et professionnelle, d’évaluer les ressources et expertises mobilisables et de définir des pistes concrètes pour adapter les cursus aux problématiques locales.

Puis du 6 au 13 juin 2025, sur Maurice, la suite de cette mission a particulièrement mis en avant la volonté des acteurs mauriciens et rodriguais de professionnaliser la formation agricole technique, de promouvoir les bonnes pratiques en agroécologie et agriculture biologique, et de favoriser les mobilités pour améliorer la qualification des apprenants et l’ancrage durable de la coopération. Il a été aussi mis en évidence l’importance des mobilités, tant des apprenants que des formateurs, comme levier de partage d’expériences et d’ouverture, confirmant la volonté commune des partenaires d’ancrer une coopération régionale d’une part mais aussi internationale avec la métropole, dynamique et adaptée aux enjeux agricoles actuels et futurs.

Au cours de cette mission de nombreuses rencontres ont permis d’approfondir les échanges avec les acteurs institutionnels, universitaires, associatifs et privés de Maurice et Rodrigues, tout en consolidant les liens avec les réseaux régionaux. Cet article se propose de retrouver la majorité de ces échanges classés en grandes thématiques afin d’en dégager les perspectives concrètes de coopération.

Gouvernance et structuration de la coopération :  le point d’ancrage de toute coopération durable

Découvrir les dynamiques d’une zone aussi unique que celle-ci impliquait forcément la rencontre de partenaires institutionnels en participant à la réunion avec la cheffe du Service Formation et Développement de la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt-SFD/DAAF, Nathalie Aleu-Saby en présence de Léa Peltret – chargée de coopération Europe et international. Cet échange a permis de bien identifier les rôles et les dispositifs existants. En effet, la mise en place de suivi régulier et d’un partage d’informations systématisé entre La Réunion, Mayotte et l’animatrice du réseau AAOI apparaît comme une piste solide pour renforcer la cohérence des actions et capitaliser sur les initiatives.

La rencontre avec Patricia Aubras, directrice régionale Océan Indien à l’Agence Française de Développement, a ouvert des perspectives sur l’accompagnement technique et financier des projets agricoles régionaux (AFIDEV aux Comores, appuis aux filières d’exportation et maraîchage).

Enfin, sur Maurice, à l’Institut Français, Christophe Clanché, Attaché de Coopération Educative, a présenté combien des partenariats académiques via le Service de coopération et d’action culturelle et les fonds de mobilité (Hubert Curien, Fonds Équipe France) offrent également des leviers pour développer des cursus diplômants et renforcer la francophonie dans l’Océan Indien.

Établissements d’enseignement secondaire et supérieur à Maurice : les spécificités

Les établissements secondaires (SEDEC, Collège de la Confiance, Lycée agricole de Rodrigues, Institut Frère Rémi) témoignent d’une forte volonté de maintenir des filières agricoles malgré un faible taux de poursuite au-delà du grade 10 ou 11.

Université d’Agriculture Maurice

Collège de la Confiance – SEDEC

Centre Rémi Frère – Rodrigues

L’Université de Maurice, seule institution délivrant des diplômes agricoles, souhaite quant à elle renforcer les échanges étudiants, développer des cursus bilatéraux et monter des programmes en alternance.

Ces rencontres ont mis en lumière des besoins urgents de professionnalisation des cursus agricoles et de diversification des formations. Le manque de continuité des options agricoles jusqu’au niveau baccalauréat reste un frein important, tout comme la nécessité de renforcer la mobilité étudiante et enseignante.

Les projets de mobilité (accueil de BTS, programmes « youth mobility ») ouvrent la voie à une coopération plus structurée.

Enfin, en réponse à des appels à projets, l’université est en demande d’expertise pour la mise en place d’un centre de sensibilisation aux ODD (objectifs de développement durable), à mettre en place courant 2026.

Recherche, ingénierie pédagogique et innovation pour accompagner la professionnalisation des agriculteurs

Le FAREI et l’Université de Maurice constituent deux des piliers de la recherche agricole mauricienne, mais l’offre de formation reste fragmentée : formations courtes non diplômantes, manque de reconnaissance officielle et faible intégration des pratiques agroécologiques. Le besoin d’ingénierie pédagogique, de reconnaissance officielle des formations et d’intégration transversale de l’agroécologie est central.

Les grands groupes privés (principalement sucriers) proposent leurs propres formations, ce qui freine la cohérence nationale.

Il ressort la volonté de créer un diplôme national en formation agricole technique, reconnu par le MQA (Mauritius Qualification Authority).

L’intégration de l’agroécologie comme matière transversale dans tous les cursus serait également une expertise française à mener en pédagogie appliquée.

Rencontre au FAREI

Chambre d’Agriculture & RTC

Agroécologie et diversification agricole : un dynamisme qui perdure

En complément des conclusions précédentes, les visites auprès du RTC, de la MCA, des groupes canniers (ENL, Rogers, Medine), de l’association Terres d’Agroécologie et des fermes expérimentales ont montré l’émergence d’initiatives concrètes pour diversifier l’agriculture, réduire la dépendance à la canne à sucre et intégrer l’agroécologie dans la formation et la production. Ces acteurs privés et associatifs ont témoigné d’une dynamique de projets locaux en faveur de l’agroécologie et de la diversification. La volonté d’expérimenter de nouvelles pratiques, de labelliser les fermes-écoles et de développer des réseaux régionaux autour de la transition agroécologique est particulièrement marquée.

Ces acteurs privés et associatifs souhaitent travailler avec des experts pour développer des curricula, labelliser des fermes-écoles et accueillir des stagiaires.

 Rodrigues, un territoire pilote de la coopération

Rodrigues illustre les défis de la formation agricole en contexte insulaire avec les limites et les opportunités de la coopération agricole : faible attractivité de l’agriculture pour les jeunes, absence de diplôme agricole dédié, mais forte implication d’acteurs locaux (lycée Saint Gabriel, Institut Frère Rémi, Commission régionale de l’éducation).

L’Institut Frère Rémi reste un modèle d’insertion pour les jeunes en difficulté, avec des ateliers diversifiés et une forte implication des anciens élèves.

Les initiatives autour du CAPA au collège St Gabriel, en partenariat avec le lycée Saint Joseph de la Réunion, vers la transformation agroalimentaire et des mobilités jeunes démontrent la volonté d’avancer malgré des moyens limités : l’idée est bien de développer des projets pilotes en permaculture, apiculture et agroalimentaire.

Des mobilités entrantes et sortantes pourraient être renforcées via le programme « Youth mobility ».

 Professionnaliser la formation agricole

Cette mission a mis en évidence un constat partagé qui semble perdurer : les établissements, les institutions, les acteurs privés et associatifs convergent autour d’une même volonté qui est de professionnaliser la formation agricole, diversifier les filières et intégrer l’agroécologie comme socle commun. La formation agricole dans l’océan Indien est en pleine mutation et requiert une structuration ambitieuse.

La Coop’inter en Océan Indien est donc un véritable terreau de volontés de coopération qu’il faut à présent transformer en levier stratégique avec partage d’expériences et d’ouverture à l’ECSI (Education à la citoyenneté et à la solidarité Internationale).

Les défis persistent (manque de diplômes, attractivité limitée, reconnaissance institutionnelle insuffisante), mais la dynamique est lancée et les partenariats existent, des financements sont identifiés, les acteurs locaux sont mobilisés et les volontés sont bien affirmées. La reconnaissance des diplômes, la professionnalisation des cursus et l’intégration de l’agroécologie comme socle commun restent des enjeux urgents.

Aussi, si la coopération internationale agricole dans l’océan Indien ne doit plus se limiter à des échanges ponctuels mais s’organiser autour d’une vision commune, afin de devenir le moteur d’une véritable transformation durable des systèmes agricoles, en formant une nouvelle génération d’agriculteurs qualifiés, innovants et conscients des enjeux climatiques et alimentaires de demain.

Structurer la gouvernance, créer des diplômes reconnus, valoriser la francophonie, soutenir l’agroécologie et développer la mobilité, ce sont les clés pour former une génération d’agriculteurs qualifiés, innovants et porteurs d’une agriculture durable adaptée aux enjeux du climat et de la sécurité alimentaire.

Alors au vue de cette « moisson d’idées »  … à chacun, à présent, de proposer et d’y prendre part !

Pour en savoir plus sur le réseau REAP AAOI

Contact : Agnès Estager – Animatrice réseau AAOI de l’enseignement agricole, agnes.estager@educagri.fr