Afrique du Sud et Kenya : nouvelles collaborations avec INRAE

INRAE était présent à la réunion annuelle des scientifiques agricoles au G20-MACS en Afrique du Sud, fin mai 2025, avant de poursuivre des échanges fructueux avec ses partenaires kenyan.

Conduite par Philippe Mauguin, président-directeur général d’INRAE, une délégation française s’est rendue en Afrique du Sud pour participer à la réunion annuelle des scientifiques agricoles en chef du G20 MACS – Meeting of Agricultural Chief Scientists. L’occasion pour INRAE de rencontrer ses partenaires en Afrique du Sud puis au Kenya et développer de nouveaux projets de collaboration, dans une approche fédératrice à la fois en termes d’équipe France et dans le cadre de l’initiative TSARA.

Organisée par l’Agricultural Research Council (ARC) sud-africain, la réunion des scientifiques agricoles en chef du G20 s’est tenue du 26 au 28 mai 2025 en Afrique du Sud. Cette rencontre annuelle permet à ses membres (représentants ministériels et d’organismes de recherche agricole) d’échanger sur les systèmes de recherche agricole et les perspectives de développement des pays du G20 et d’énoncer des recommandations en amont des rencontres ministérielles et du sommet du G20. La délégation française, conduite par Philippe Mauguin, président-directeur général d’INRAE, comptait également Thierry Caquet, vice-président International d’INRAE, Joachim Huet, chargé de coopération multilatérale à la direction des Relations internationales d’INRAE, et Andrée Sontot, représentante du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.

Au programme de cette rencontre : la transformation des systèmes agroalimentaires, la gestion durable de la biodiversité, des ressources génétiques et des ressources naturelles, la santé des sols, l’adaptation de l’agriculture au changement climatique, ainsi que les enjeux de bioéconomie et d’agriculture numérique.

Philippe Mauguin a introduit la première session thématique consacrée à la transformation des systèmes alimentaires. Il a appelé les États du G20 à « encourager l’intégration intersectorielle entre les sciences agricoles, du climat, de la biodiversité, de la nutrition et les sciences sociales afin de générer des connaissances holistiques et exploitables ; à soutenir les partenariats internationaux de recherche et d’innovation ainsi que la coopération intergouvernementale pour transformer les systèmes alimentaires et l’agriculture par la recherche ; et enfin à renforcer l’interface science-politique en donnant aux institutions de connaissance les moyens d’établir des mécanismes dynamiques d’échanges bidirectionnels. » Il a notamment cité l’initiative TSARA (Transformer les systèmes alimentaires et l’agriculture par la recherche en partenariat avec l’Afrique) comme un cadre pertinent pour concilier ces objectifs.

L’Initiative TSARA

Fondée sur la co-construction entre des institutions de recherche et de formation en Afrique et en Europe, l’initiative TSARA vise à développer une recherche partenariale de long terme pour accompagner la transformation des systèmes alimentaires et agricoles. Elle met en regard les défis que l’Afrique et l’Europe ont à relever ensemble, à travers le partage de savoirs et de pratiques, des projets et actions de recherche, d’innovation et de formation, pérennes et à impact.

INRAE, le Cirad et l’Université de Pretoria formalisent leur collaboration

Pour les rencontres en marge du G20-MACS, la délégation intégrait également Aurélien Leynet, attaché de coopération scientifique et universitaire, à l’ambassade de France, Jean-Marc Bouvet, directeur régional Afrique australe et Madagascar du Cirad et représentant INRAE, Laurent Vidal, directeur du bureau conjoint CNRS-IRD-Cirad en Afrique du Sud, et Séverine Jaloustre, directrice adjointe du F’SAGRI.

Classée parmi les meilleures en Afrique, l’Université de Pretoria entretient une collaboration depuis plusieurs années avec le Cirad et INRAE. Membre fondateur de l’initiative TSARA et impliquée dans le projet FAMA (Food and Microbiota in Africa), elle l’est également dans l’initiative internationale One Water Vision. Le déplacement de la délégation française en Afrique du Sud a ainsi permis de signer un accord tripartite entre INRAE, le Cirad et l’université de Pretoria. Cet accord formalise les collaborations autour de la durabilité des systèmes agricoles.

One Water Vision : une coopération internationale portée par l’innovation spatiale

One Water Vision est un programme international ambitieux qui vise à améliorer la gestion des ressources en eau à travers des outils innovants et une coopération scientifique mondiale. Les missions spatiales SWOT et TRISHNA, avec leurs données d’une précision inégalée, joueront un rôle central pour compléter les services existants et mieux comprendre les cycles de l’eau, y compris dans les régions les plus isolées.

Quelques jours plus tôt, la délégation INRAE avait participé à un temps d’échange à propos du F’SAGRI, ce « French South African Agricultural Institute ». Mis en place en 2015, il vise à renforcer les capacités de 4 « universités historiquement défavorisées » – les universités de Venda, du Limpopo, de Fort Hare et du Zululand – (formation d’étudiants, d’enseignants, programmes de recherche communs) et d’appuyer le développement d’entreprises innovantes du secteur agricole et agroalimentaire. L’occasion de présenter INRAE et l’initiative TSARA à la quarantaine de participants et d’envisager les synergies à mettre en place.

À la rencontre de l’écosystème de recherche kenyan
Visite de l’Université de Nairobi par la délégation française

La seconde partie du déplacement s’est déroulée à Nairobi, au Kenya, afin de permettre à la délégation INRAE de rencontrer les acteurs de l’écosystème de recherche et formation agricole kenyan : l’ICIPE (International Centre of Insect Physiology and Ecology), le KALRO (Kenya Agricultural & Livestock Research Organization), l’université de Nairobi et le centre CGIAR ILRI (International Livestock Research Institute). Lauric Cécillon, COCAC adjoint et ACSU à l’Ambassade de France, Alexandre Caron représentant la Direction régionale du Cirad et Marie Schill cheffe de projet TSARA à INRAE ont complété la délégation INRAE mobilisée précédemment en Afrique du Sud.

Il s’agissait, en association avec le Cirad et l’IRD, d’initier ou de renforcer l’implication de ces acteurs kenyans dans TSARA, d’identifier des pistes de projets conjoints à développer dans le cadre de cette initiative, de poser les bases de la 4e assemblée générale de TSARA (prévue à Nairobi en 2026) et de préparer la future co-présidence africaine de TSARA qui sera prise en 2026 par le directeur général de l’ICIPE, Dr Abdou Tenkouano.

Les échanges ont été fructueux. TSARA est apparu comme un cadre de travail pertinent de développement des collaborations, dans une approche fédératrice des thèmes, dispositifs, partenariats, à l’échelle régionale et continentale, renforçant la place du Kenya et fédérant les membres français.

Thématiques d’intérêt partagé :

  • One health, territoires de santé, agroécologie, santé des plantes et des animaux
  • les sols (préservation et restauration, séquestration du carbone, biofertilisation)
  • l’élevage (génétique et races locales, alimentation, santé, zoonoses, AMR, mitigation des GES)
  • la nutrition-santé et le microbiote
  • l’agriculture en zone sèche et la gestion de l’eau
  • le numérique (gestion des datas, intégrées et accessibles à tous, digital technologies et justice climatique)
  • le renforcement des capacités, la formation, l’innovation, les mobilités, pour les étudiants et les scientifiques mais également les agriculteurs
  • l’interface science-politique et la prospective.

Il a été convenu de monter des projets conjoints, en mobilisant les dispositifs de soutien propres aux organismes, ceux nationaux, européens et internationaux, et en valorisant de nombreux points d’appui existants :

  • les différentes task forces thématiques de TSARA
  • le dP TRACE en cours de co-construction (Transforming agriculture for animal, crop and ecosystem health)
  • les initiatives PREZODE, OFVi, OWVi ; les PEPR ou PPR Agroécologie et numérique et Managing environmental hotspots and transmission of AMR
  • le projet AMI INRAE pour TSARA MIPClan-Living lab
  • le consortium international STAR-IDAZ, etc.

Les perspectives de 2026 (sommet Afrique-France, coprésidence kenyane de TSARA) constituent des jalons particulièrement motivants pour l’action collective. Les institutions ont convenu d’organiser prochainement des échanges entre scientifiques et d’initier des collaborations concrètes sur les thèmes partagés. KALRO, l’université de Nairobi et ILRI envisagent leur adhésion à TSARA.

Une rencontre avec la scientifique en chef du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dont le siège est à Nairobi, a été organisée sous l’égide de l’ambassade de France. Elle a permis de poser les bases d’un futur accord-cadre pentapartite entre INRAE, le Cirad, l’IRD, le CNRS et le PNUE. Parmi les domaines de collaboration identifiés : la santé des sols, la séquestration du carbone dans les sols, la résistance aux antimicrobiens, la télédétection par satellite, l’approche One health ou encore les aspects de prospectives, d’expertise collective scientifique et d’appui aux politiques publiques.

En savoir plus sur l’initiative TSARA, transformer les systèmes alimentaires et l’agriculture par une recherche en partenariat avec l’Afrique – publication avril 2024

 

 

Photo de tête de l’article : Signature d’un accord tripartite entre Jean-Marc Bouvet, représentant du Cirad, Francis Petersen, vice-président de l’université de Pretoria, et Philippe Mauguin, PDG d’INRAE.

Rédacteurs de l’article : Joachim HUET, Chargé d’affaires multilatériales, joachim.huet@inrae.fr

Contributeurs : Marie Schill, Cheffe de projet TSARA, marie.schill@inrae.fr et Tom Collet, Chargé de partenariats Afrique, tom.collet@inae.fr –  Direction des relations internationales – INRAE

Contact : Alexandre COURTOUX, Chargé de mission Recherche et Innovation internationales – Direction générale de l’enseignement et de la recherche – MASA, alexandre.courtoux@agriculture.gouv.fr

 




Formation « Comment réussir vos projets avec l’Afrique »

Les Rencontres des réseaux Afrique, la Formation PNF et le Regroupement des volontaires internationaux se dérouleront du 28 au 31 janvier 2025 au Campus végétal de Brive.

Les Rencontres des réseaux Afrique intègre une formation, inscrite au PNF. Elles se tiendront concomitamment avec le regroupement de tous les volontaires internationaux, accueillis dans les établissements agricoles, co-organisé avec le dispositif national d’appui (DNA) de Florac et le RED, réseau de l’ECSI de l’enseignement agricole.

Que vous soyez volontaires internationaux en service civique, personnels titulaires ou contractuels de l’enseignement agricole public ou personnels de l’enseignement agricole privé, vous trouverez votre les informations en fonction de votre statut –  inscriptionRenseignements pratiques

Enfin, toutes et tous les jeunes volontaires internationaux sont invités à prolonger ces trois jours en participant au weekend de la réciprocité organisé par l’équipe éducative du lycée agricole de Brive-Voutezac. Leurs tuteurs et tutrices sont aussi les bienvenus !

Au plaisir de vous rencontrer ou de vous retrouver à l’occasion de ce temps fort de nos réseaux.

Contacts : Animateurs des réseaux Afrique de l’enseignement agricole, Agnès Estager (AAOI), Vanessa Forsans et William Gex (AOAC), agnes.estager@educagri.fr, vanessa.forsans@educagri.fr, william.gex@educagri.fr




L’Afrique de l’Ouest compte aux Ovinpiades 2024

Le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo étaient représentés aux Ovinpiades mondiales 2024, à l’invitation du réseau Afrique de l’Ouest, avec un temps de préparation dans les écoles d’élevage respectives des participants et chez des professionnels locaux, puis dans des lycées agricoles français partenaires.

Excellente opportunité de coopération entre le réseau Afrique de l’Ouest de l’enseignement agricole français et ses partenaires béninois, ivoiriens et togolais, l’organisation par Interbev/Inn’ovin des Ovinpiades mondiales 2024 s’inscrit dans un contexte de revalorisation de la filière ovine, dont la place africaine n’est pas négligeable. En effet, d’après la présentation d’Inn’ovin lors du dernier Salon international de l’agriculture, 19 % de la production ovine mondiale est africaine. Le renouvellement des générations dans ce domaine constitue également un enjeu d’importance, passant par le renforcement de capacités, la formation des jeunes éleveuses et éleveurs.

Et comme les échanges interculturels sont au cœur de la formation agricole, véritable levier d’insertion professionnelle de la jeunesse, 3 équipes ouest-africaines ont été invitées à participer aux Ovinpiades mondiales. Chaque équipe s’est composée d’une étudiante et d’un étudiant en formation dans une des trois écoles d’élevage partenaires de l’enseignement agricole français.
L’École d’élevage de Kétou, de l’Université nationale d’agriculture (UNA) du Bénin, développe un partenariat actif depuis 2019 (notamment via l’accueil de volontaires internationaux), à l’instar d’autres acteurs béninois de la formation agricole et rurale (FAR), dont les lycées techniques agricoles.
L’École d’élevage de Bingerville, de l’Institut national de formation professionnelle agricole (INFPA) de Côte d’Ivoire, avec lequel la DGER a renouvelé une convention de partenariat en 2019, après plus de 3 décennies de coopération ponctuées de mobilités réciproques d’étudiants et de personnels.
Enfin L’IFAD élevage de Barkoissi, de l’Association professionnelle des centres de formation agricole et rurale (APCFAR) du Togo, principal acteur de la FAR au Togo est un partenaire récent du réseau Afrique de l’Ouest des établissements (depuis avril 2023), déjà concrétisé par l’accueil de services civiques en France.
Chaque équipe a été en outre accompagnée d’un représentant des Fédérations nationales des communes pastorales (FNCP), faisant ainsi le lien entre la formation et la profession.
Le réseau Afrique de l’Ouest a puisé dans son budget de fonctionnement et a mobilisé le budget d’action internationale du MASA pour financer les billets d’avion des 9 participants ouest-africains, leur accueil à Paris et leur acheminement en train vers les lycées agricoles partenaires, qui ont eux fourni pendant trois jours hébergement, restauration et encadrement. La semaine des Ovinpiades mondiales proprement dite étant complètement prise en charge par les organisateurs d’Inn’ovin.

Une préparation intense

Les jeunes participants, leurs responsables de formation, les membres des FNCP et des représentants de 3 lycées agricoles français ont été mis en contact par le réseau Afrique de l’Ouest lors d’une première visioconférence, favorisant déjà un renforcement des partenariats entre enseignements agricoles français et béninois, ivoirien, togolais, ainsi qu’une coopération Sud-Sud.

Au Bénin
En Côte d’Ivoire
Au Togo

À partir de ce moment-là, une préparation spécifique aux Ovinpiades a été organisée dans chacun des 3 pays, d’une part in situ avec les accompagnateurs, auprès d’éleveurs et de centres ovins, d’autre part en distanciel avec des lycées agricoles français de 3 régions différentes réputées pour leur production ovine (PACA, Occitanie, Normandie) avec partage de conseils, documents, photos et vidéos et en lien avec la profession ovine locale.

Puis les 3 équipes, venant en France pour la première fois, ont été accueillies dès leur descente d’avion en provenance d’Abidjan, de Cotonou et de Lomé par le chargé de coopération Afrique au Bureau des relations européennes et de la coopération internationale (DGER/MASA) et l’animatrice du réseau Afrique de l’Ouest de l’enseignement agricole.

Après une réunion d’ouverture à la DGER et une petite visite parisienne, chaque équipe a pris un train pour rejoindre un lycée agricole

A Digne Carmejane

partenaire : les Béninois ont été accueillis au lycée agricole de Digne Carmejane (PACA), les

A Yvetot

Ivoiriens ont rejoint le lycée agricole d’Yvetot (Normandie), et les Togolais le lycée agricole de Saint-Gaudens (Occitanie), où ils ont été accueillis notamment par leurs deux compatriotes volontaires internationaux en mission de service civique dans cet établissement, qui porte en outre un consortium Erasmus+ sur le pastoralisme et la reconnaissance de la transhumance au patrimoine immatériel de l’Unesco.

A Saint-Gaudens

Pendant trois jours, chaque équipe a donc pu découvrir ces lycées agricoles et leur environnement, et s’entraîner efficacement aux différentes épreuves des Ovinpiades mondiales. Ainsi, en amont de la compétition, les trois équipes ouest-africaines ont eu l’opportunité de s’exercer, visiter des élevages, échanger, avec des élèves, directeurs d’exploitations agricoles, éleveurs et enseignants…

Puis est arrivé le temps de la compétition : une semaine inoubliable pour tous, ponctuée des épreuves ovines, mais aussi de découvertes de Paris et de régions françaises, et surtout de rencontres et d’échanges avec toutes les équipes venues des autres continents, avant la remise des prix à la Bergerie Nationale de Rambouillet couronnée par une soirée parfaitement ambiancée !

Tout au long de cette aventure, les participants ouest-africains comme les établissements français ont eu à cœur de partager leur expérience dans les médias.

Et ensuite ?

De retour dans leur pays respectif, les jeunes et leurs accompagnateurs partagent ce qu’ils ont vécu et appris en France à l’occasion de cette formidable expérience des Ovinpiades mondiales.
Les échanges à distance ne tarissent pas entre les trois équipes, jeunes et accompagnateurs, comme avec les établissements français qui les ont accueillis et qui souhaitent prolonger ces partenariats, avec l’appui du réseau Afrique de l’Ouest de l’enseignement agricole. Au lycée agricole de Saint-Gaudens, la coopération avec le Togo se trouve renforcée et deux nouveaux volontaires togolais effectueront une mission de service civique pendant l’année scolaire 2024-2025. Quant au lycée agricole de Digne Carmejane, le partenariat avec le Bénin se précise et, en plus d’un projet de mobilité d’apprenants français au Bénin à l’automne prochain, ce sont deux jeunes de l’École d’élevage de l’UNA qui viendront également en mission de service civique. De même, le lycée agricole d’Yvetot envisage l’accueil de deux jeunes de l’INFPA de Côte d’Ivoire en tant que volontaires en service civique.

…et peut-être que la prochaine occurrence des Ovinpiades mondiales se déroulera en terre africaine ?

Revue de Presse :

Des étudiants béninois se forment aux Ovinpiades – Digne les Bains

Bénin – La Couronne Infos Parution N° 0324 du Mercredi 22 juin 2024

Saint-Gaudens – Ovinpiades mondiales 2024- Le Togo à l’honneur en Occitanie – Le trait d’Union, 21 juin 2024

Les bergers togolais s’entrainent à Saint-Gaudens – La Dépêche du 25 mai 2024

Contacts :
Vanessa Forsans, animatrice du réseau Afrique de l’Ouest, vanessa.forsans@educagri.fr
Rachid Benlafquih, chargé de coopération Afrique subsaharienne/ECSI/expertise à l’international au BRECI/DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr




S’ouvrir à l’Afrique

Création et développement d’une coopération internationale avec l’Afrique subsaharienne en tant qu’établissement de l’enseignement technique agricole : chronologie d’un an avec le CFAAH La Bretonnière en Seine-et-Marne.

Léa Boulay est formatrice d’anglais et chargée de mission coopération internationale au CFAAH de la Bretonnière et impliquée dans l’ouverture à l’international de l’établissement de la Bretonnière. Une telle coopération se construit étape par étape, ce qu’elle nous livre dans une chronologie de projets.

30 et 31 mars 2023 au LEGTA Le Chesnoy

Tout commence il y a un an, les 30 et 31 mars 2023 au LEGTA Le Chesnoy, lorsque Fred Numa, directeur du CFAAH de La Bretonnière, participe à la rencontre organisée par le réseau CEFAGRI, qui réunissait des « experts » de l’enseignement agricole pour la première fois. Cette rencontre avait pour but de donner l’occasion à ces « experts » et aux différents représentants d’organismes avec lesquels travaille le réseau CEFAGRI de se connaitre, d’échanger et de partager les besoins de chacun, les opportunités de collaboration, les perspectives de travail et projets communs. M. Numa fait de nombreuses rencontres, dont celles de Rachid Benlafquih (chargé de mission coopération Afrique subsaharienne, ECSI, expertise à l’international au BRECI) et de Vanessa Forsans (animatrice du réseau CEFAGRI et co-animatrice du réseau Afrique de l’Ouest), rencontres fructueuses puisqu’elles seront à l’origine de divers projets et partenariats…

Les mois suivant cette rencontre, notre CFAAH de la Bretonnière répond donc à un appel à manifestation lancé par le BRECI via le réseau CEFAGRI concernant la demande de deux agro-entrepreneurs issus du secteur privé nigérian : Olawale Rotimi Opeyemi (fondateur et PDG de JR FARMS AFRICA) et Olayemi Olonilua (PDG de Jokun Farms). La demande consistait à créer un programme de formation en France à destination d’agro-entrepreneurs nigérians. Parmi les 5 établissements ayant candidaté, le CFAAH de la Bretonnière ainsi que le CFPPA Nature de La Roche-sur-Yon sont sélectionnés. Dès suite de quoi, en juillet 2023 les deux établissements recevaient M. Opeyemi, M. Olonilua, M. Benlafquih ainsi que de nombreux autres partenaires, dans leurs locaux respectifs pour la signature de la convention de coopération.

Fin septembre 2023…

Fred Numa participe à la mission en Côte d’Ivoire organisée par le réseau Afrique de l’Ouest de l’enseignement agricole à l’occasion du plus important salon de l’agriculture d’Afrique de l’Ouest, le SARA (Salon de l’agriculture et des ressources animales).

En décembre 2023…

Lors d’une de ses visites en France, Olawale Rotimi Opeyemi accompagné de sa famille, ainsi que Fred Numa, sa femme et moi-même sommes conviés à déjeuner à la Ferme du Logis (Villers, Seine-et-Marne) par M. et Mme Aubry. Lors de ce chaleureux moment de partage, M. Rotimi s’est intéressé à ce qu’avaient apporté ces années d’expérience en tant que couple d’agriculteurs, quelles avaient été leurs forces et leurs difficultés, étant lui-même à la tête d’une entreprise agricole avec sa femme au Nigeria.

Parallèlement à cela, notre CFAAH s’engage, avec l’accompagnement du réseau Afrique de l’Ouest dans l’accueil d’une jeune volontaire en service civique. C’est Florence Afetor, 22 ans, togolaise, et titulaire d’une licence en Socio-Economie Rurale qui est proposée par l’APCFAR (Association professionnelle des centres de formation agricole et rurale) et sélectionnée avec France Volontaires et l’Agence Nationale du Volontariat au Togo (ANVT) pour une mission de 6 mois au CFAAH à partir de janvier 2024. Sa présence dans l’établissement ainsi que celle de ses camarades Éric Tchangani et Parfait Takouda dans l’EPL de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) renforcent les liens du partenariat entre le Réseau Afrique de l’Ouest et le Togo.

L’accueil de jeune service civique est une des nombreuses actions de coopération internationale possibles pour les EPLEFPA. Pour le jeune, il représente l’opportunité de solidifier et développer ses compétences et savoir-faire via l’échange de pratiques et un tremplin pour sa vie professionnelle. Pour les établissements d’accueil, il permet à l’ensemble des apprenants et du personnel la découverte d’une culture nouvelle, le développement de compétences psycho-sociales (un thème essentiel dans l’enseignement agricole), l’acquisition de savoir-être, et la sensibilisation à la citoyenneté et à la solidarité internationale, tout cela grâce à l’interculturalité.

Cette action d’accueil est en plein essor, particulièrement entre les établissements de l’enseignement agricole et les pays d’Afrique. La rencontre du 22 au 26 janvier 2024, organisée par le BRECI et animée par le RED au Campus Nature Provence à Aix, le démontre parfaitement avec son double enjeu : d’une part le rassemblement de différents acteurs de l’enseignement agricole autour de la question « Comment réussir vos projets avec l’Afrique subsaharienne ? » et d’autre part la rencontre de l’intégralité des jeunes volontaires en service civique accueillis dans les établissements agricoles français, provenant principalement du continent africain mais aussi sud-Américain, asiatique et d’Europe.

En février 2024…

Deux représentants de la NBTE (National Board for Technical Education, un organisme qui dépend du Ministère Fédéral de l’éducation nigérian) sont venus visiter notre établissement, dans le cadre du projet WATEA (Women in Agricultural Technical Education) qui promeut l’éducation des jeunes filles aux techniques agricoles modernes, afin d’observer nos dispositifs de formation et d’explorer les possibilités de collaborations et de partenariats pour renforcer les programmes d’acquisition de compétences au Nigéria.

En mars 2024…

Nous avons eu le plaisir d’accueillir dans notre établissement Olaniwun Gbolabo Owolabi pour une courte visite avant son départ pour la formation précédemment mentionnée au CFPPA Nature de La Roche-sur-Yon . Il est un multi-entrepreneur nigérian, comptable, agriculteur et expert en leadership. Il était intéressé de voir dans quelles conditions sont formés nos jeunes apprentis agriculteurs et est reparti très inspiré.

Enfin, Florence témoigne de son expérience à diverses reprises en mars 2024 : invitée par le CNEAP en Bretagne suite à sa participation au Salon international de l’agriculture à Paris, puis à l’Agence Française de Développement (AFD) lors de la signature d’un partenariat ECSI (éducation à la citoyenneté et la solidarité internationale) avec le MASA.

Enfin, c’est le lycée agricole La Bretonnière à Chailly-en-Brie en Seine-et-Marne qui accueillera les prochaines rencontres du réseau CEFAGRI du mercredi 15 mai au vendredi 17 mai 2024.

Alors à très bientôt pour vous aussi prendre part à l’aventure Coop Inter, vous n’êtes qu’à une rencontre du début !

Article proposé par Léa Boulay, formatrice d’anglais et chargée de mission coopération internationale pour le CFAAH de La Bretonnière.

Lire aussi : L’expertise de l’enseignement agricole à l’international, Le programme Agri-Tech-Food Business Training Nigeria, Une délégation Franco-Ouest Aficaine au SARA, WATEA sur Instagram, Rencontres du réseau CEFAGRI

Contact : Rachid Benlafquih, chargé de coopération Afrique subsaharienne/ECSI/expertise à l’international au BRECI/DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr, Vanessa Forsans, animatrice des réseaux CEFAGRI et Afrique de l’Ouest,vanessa.forsans@educagri.fr