SOS contre Popillia Japonica !

Au SIA 2025, Abigaëlle, Flora et Jérémie, étudiants de BTSA « Métiers du végétal » du lycée Costa de Beauregard de Chambéry et leur enseignant Luc Lacourt, ont présenté, sur la scène de l’Agora, le projet européen mené avec des partenaires italiens, autour de la lutte contre un ravageur redoutable, encore méconnu en France, le Popillia Japonica – scarabée japonais.

L’objectif des 3 étudiants est de présenter aux viticulteurs, arboriculteurs, agriculteurs et autres professionnels, les risques liés à cet insecte « auto-stoppeur », polyphage sur les cultures.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une menace croissante pour l’agriculture

Le Popillia Japonica, originaire d’Asie est un insecte ravageur dont les dégâts sur les cultures de légumes, de fruits et de plantes ornementales. Ce scarabée vorace, au stade adulte, dévore le feuillage des plantes, tandis que ses larves rongent les racines des végétaux, causant de sérieux dommages. L’infestation de cet insecte a des conséquences économiques lourdes pour les exploitants agricoles et les jardiniers, car elle nuit à la productivité des cultures.

Le projet SOS Popillia Japonica, initié par l’Académie d’agriculture de Turin, s’inscrit dans le cadre d’un programme de prévention et d’information sur cet insecte ravageur déjà présent en Italie, Suisse et Allemagne.

Financé par le programme Erasmus+, il a réunit autour de l’Académie d’experts de Turin, deux établissements agricole qui proposent des formations horticoles : l’un à Lombriasco – Institut technique agricole en Italie et l’autre à Chambéry en France, le Lycée Costa de Beauregard.

Une démarche engagée et pédagogique

Devant une dizaine de professionnels du secteur agricole et de visiteurs curieux et intéressés, les étudiants ont présenté leur étude de terrain sur le Popillia Japonica, en abordant ses caractéristiques, son cycle de vie, ses impacts sur les différents types de cultures et les solutions de lutte testées jusque-là pour limiter les dégâts de ce nuisible.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre du projet européen et d’une mission de sensibilisation. D’autres interventions sont prévues au cours de l’année 2025 auprès de professionnels et d’autres établissements agricoles de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Pour les jeunes, le Salon de l’Agriculture Paris 2025 a été l’opportunité de travailler la technique de prise de parole et développer leur confiance en soi, face à un auditoire inconnu, également c’était l’opportunité de visiter le salon pour rencontrer des professionnels et d’autres jeunes qui contribueront à l’agriculture de demain.

Pour en savoir plus : Page LinkedIn de la Fondation du bocage

Lire aussi l’article de la Fondation du Bocage : Des lycéens se mobilisent contre le scarabée japonais

En savoir plus sur les établissements : Lombriasco – Institut technique agricole en Italie, Lycée Costa de Beauregard à Chambéry

Photo de tête d’article issue de la communication de FranceInfo GrandEst, crédit photo : Animalia.bio

Contact : Vanessa Colombier, vanessa.colombier@bocage.cneap.fr

Pascale Labrousse, animatrice du réseau Italie-Grèce, pascale.labrousse@educagri.fr

 

 

 

 

 

 

 




Erasmus+ c’est aussi du « capacity-building » !

Trois missions de formation agricole basées sur des échanges de pratiques se sont déroulées, tout au long de l’année 2024, entre la France, le Portugal et l’Arménie pour aboutir à une SMART Farm en Arménie.

Dans le cadre du programme Erasmus +, le projet « CB4WBL » « an innovation model of SMART farm adjacent to VET institution fort students work-based learning towards better employability » vise à renforcer la capacité des prestataires de formation et d’enseignement professionnel arméniens à fournir une Work Based Learning par le développement et la mise en œuvre d’un modèle innovant de ferme SMART adjacent à l’établissement permettant aux étudiants d’apprendre sur le lieu de travail et de développer les compétences pertinentes pour une meilleure employabilité ; ainsi que les compétences à l’appui de la transmission verte.

Les 3 pays partenaires de ce projet échangent pour renforcer leur coopération, enrichir les pratiques pédagogiques et favoriser la découverte de nouveaux modèles d’enseignement agricole. À travers des missions, les membres des équipes de direction et des enseignants ont l’opportunité d’échanger et renforcer leurs connaissances mutuelles sur les systèmes éducatifs des trois pays.

Un programme de formation transnational

Trois missions ont été organisées dans le cadre de ce programme Erasmus+, en lien avec le lycée des Sardières, établissement situé en bordure de la ville de bourg en Bresse en France. Ce lycée dispose d’une exploitation et d’un atelier de transformation ce qui correspond aux attentes et projets du lycée de Stepanavan en Arménie. Alexandra Costa Artur, directrice d’Imanovation du Portugal et Arakik Navoyan, président d’ACEP en Arménie, animent ce projet dans les deux pays partenaires.

Séminaire de lancement en Arménie

Au printemps 2024, une première mission en Arménie, au Collège agraire de Stepanavan, dans la région du Lori, a permis aux participants, Vincent Chaverot enseignant en agronomie et Pierre Mouroux enseignant en zootechnie de découvrir les pratiques agricoles en Arménie.

L’objectif principal était d’observer et échanger sur les méthodes d’enseignement agricole dans un pays en pleine transition agricole. Arayik Chaboyan directeur du lycée de Stepanavan et son équipe pédagogique ont ainsi pu partager les savoir-faire de chacun, afin de faire évoluer les pratiques d’enseignement agricole en Arménie notamment en intégrant des innovations agricoles et en projetant de développer une exploitation agricole et un atelier de transformation fromagère comme supports de formation.

Découvertes et réflexions en France

En octobre 2024, le lycée des Sardières à Bourg-en-Bresse en région Auvergne-Rhône-Alpes

avec à sa tête le proviseur Mr Charvin, a joué un rôle clé dans l’accueil d’une de ces missions tripartites. Ce lycée, qui dispose de son exploitation agricole avec un atelier de transformation, a utilisé ses installations comme support pédagogique pour illustrer les pratiques agricoles françaises.

L’exploitation du lycée des Sardières est de type polyculture : élevage avec un troupeau laitier, un atelier volailles de Bresse AOP, un atelier volailles fermières de l’Ain et des surfaces associées. L’objectif était de permettre à la délégation arménienne, constituée de l’équipe pédagogique de Stepanavan et accompagnée d’un représentant du ministère de l’éducation, de se familiariser avec la gestion d’une exploitation moderne et durable tout en échangeant sur les modèles éducatifs spécifiques à chaque pays.

Spécificités du modèle portugais

En novembre 2024, une mission au Portugal, a permis aux participants de se pencher sur les spécificités du système éducatif agricole portugais et de visiter des exploitations agricoles locales. Ces échanges ont été animés par Irina Vinhas, directrice adjointe de l’Escola Profissional Agrícola D.  – Paiã.

Ce fut également l’occasion d’échanger sur les référentiels et pratiques pédagogiques concrètes sur les supports de production tout en partageant des expériences en matière d’enseignement et de formation agricole.

Se retrouver sur des objectifs communs

L’un des objectifs majeurs de ces missions est de mettre en valeur l’utilisation des exploitations agricoles comme supports pédagogiques. En effet, ces sites sont des lieux idéaux pour l’application concrète des enseignements théoriques et permettent aux étudiants d’observer la réalité du terrain.

Les échanges ont ainsi permis d’enrichir les pratiques pédagogiques de chacun des pays participants. En effet, le collège agraire arménien souhaite installer une « smart farm ».

Les missions ont également permis de découvrir les systèmes d’enseignement agricole des différents pays, favorisant une approche comparative et une meilleure compréhension des défis communs et des solutions mises en œuvre dans chaque contexte national. Ce dialogue interculturel est essentiel pour préparer les jeunes générations d’agriculteurs aux défis mondiaux de l’agriculture.

Une dynamique de coopération pour l’avenir de l’agriculture

Ces échanges entre l’Arménie, la France et le Portugal ouvrent la voie à une coopération plus large, notamment dans le domaine de la formation agricole. À travers ces missions, les personnels de la direction et les enseignants ont non seulement renforcé leurs connaissances sur les systèmes agricoles européens et arméniens, mais ont aussi développé un réseau de partenariats internationaux propice à la diffusion de pratiques agricoles innovantes et durables.

Le programme Erasmus+, dans ce contexte, est bien plus qu’une simple opportunité d’échange académique ; il représente une dynamique stratégique pour l’avenir de l’agriculture européenne et internationale.

Les objectifs du projet Erasmus+ CB4WBL Arménie-Portugal-France

  • Renforcement des capacités du personnel des institutions arméniennes concernées sur les approches pédagogiques, l’enseignement et les méthodes d’apprentissage orientés WBL.
  • Développement du modèle de SMART Farm adjacent à l’établissement de FEP visant la production et la vente de lait et de produits laitiers permettant aux étudiants de participer à l’apprentissage sur le lieu de travail.
  • Révision des normes d’éducation de l’État et des programmes modulaires des spécialités « Vétérinaire », « Technologie du lait et des produits laitiers » et « Gestion » pour la livraison par un régime WBL à SMART Farm
  • Création des conditions légales et de transformation du lait nécessaires dans la ferme SMART adjacente à l’établissement de FEP
  • Pilotage des programmes révisés des spécialités « Lait et technologie laitière » et « Gestion » par le biais du programme WBL à la ferme SMART adjacente à l’établissement de FEP. 

En savoir sur le projet Erasmus+ CB4WBL https://www.cb4wbl.com/en/

Page Facebook du partenaire arménien : https://www.facebook.com/ErasmusCB4WBL

Contact : Evelyne BOHUON, animatrice du réseau Arménie de l’enseignement agricole, evelyne.bohuon@educagri.fr




Agropastoralisme en Arménie : entre défis et tradition

Une délégation de l’enseignement agricole français a visité en novembre 2024 l’établissement de Sissian en Arménie afin de travailler au renforcement des pratiques agricoles durables et d’explorer le thème de l’agropastoralisme, une pratique traditionnelle qui combine agriculture et élevage, tout en mettant en lumière les défis auxquels sont confrontés les agriculteurs arméniens.

Les membres de la délégation française ont eu l’opportunité de rencontrer des agriculteurs locaux qui pratiquent le pastoralisme. Les échanges ont permis de comprendre les spécificités de l’agropastoralisme en Arménie, une méthode qui s’avère essentielle dans les régions montagneuses où l’élevage de bétail est souvent la principale source de revenus.

Une rencontre enrichissante

Les agriculteurs ont partagé leur expérience, avec deux intervenantes françaises Sylvie Hausard et Fabienne Gilot.

L’une enseignante en aménagement du territoire au lycée agricole de Rochefort sur Montagne qui aborde les aspects pastoraux dans ces cours et étude de cas avec les élèves en BTSA Gestion et Protection de la Nature, et l’autre cheffe de projets internationaux au sein du Campus Pyrénées-Comminges à Saint-Gaudens, spécialisée dans les actions et projets ayant trait au pastoralisme et à la pratique de la transhumance notamment par la coordination du projet Erasmus + ECOTRANSH, réunissant six pays partenaires (France, Grèce, Italie, Maroc, Mongolie, Roumanie).

Cependant, ils ont également souligné les difficultés croissantes auxquelles ils sont confrontés, notamment à la gestion des pâturages, au manque d’infrastructures et aux impacts du changement climatique.

Des défis à surmonter

L’un des points saillants de cette rencontre a été le constat que près de 40 % des terres agricoles en Arménie ne sont pas utilisées pour le pâturage. Plusieurs facteurs contribuent à cette situation. En premier lieu, l’absence d’infrastructures adéquates, telles que les routes et les installations de stockage, le manque d’accès aux ressources notamment à l’eau.

Les variations climatiques affectent la disponibilité des pâturages et la productivité des cultures, rendant l’agropastoralisme encore plus précaire.

Vers une coopération durable

Pour faire face à ces défis, il est essentiel de renforcer la coopération entre les agriculteurs arméniens et les organisations internationales. Quelques pistes ont été pointées pour poursuivre cette collaboration, notamment en organisant des sessions de formation sur les pratiques agropastorales durables, incluant des techniques de gestion des pâturages et de diversification des cultures, en partenariat avec l’ Université de Sissian et en développant des solutions adaptées aux réalités locales.

L’utilisation de technologies modernes peut être une solution pour améliorer la gestion des ressources et optimiser la production, tout en respectant l’environnement.

La visite à l’établissement de Sissian a mis en lumière l’importance de l’agropastoralisme pour l’économie arménienne, tout en révélant les défis significatifs auxquels les agriculteurs doivent faire face. En favorisant une coopération renforcée et en mettant en œuvre des solutions innovantes, il est possible d’améliorer la situation des agriculteurs arméniens et de valoriser pleinement le potentiel de leurs terres.

En savoir plus sur le projet Erasmus+ Eco-Transh

Contact : Evelyne Bohuon, animatrice Arménie de l’enseignement agricole, evelyne.bohuon@educagri.fr




Un an de partenariat institutionnel teinté d’émeraude

Une mission institutionnelle marque une année de coopération et dresse un premier bilan sur la mise en place de l’accord signé entre le ministère français en charge de l’enseignement agricole avec le Teagasc irlandais, basé sur des objectifs d’échanges et de mobilités.

Il y a un an, un accord de partenariat entre les systèmes d’enseignement Irlandais Teagasc et Français était signé. L’objectif était de développer et structurer des échanges sur le long terme entre établissements et permettre des mobilités entrantes et sortantes de personnels, y compris les enseignants stagiaires de l’ENSFEA, ainsi que des apprenants. Après un an de fonctionnement, il était temps, conformément à l’accord signé en présence des deux ministres de l’Agriculture à l’époque, de faire un premier bilan ce jeudi 5 décembre 2024.

La DGER était représentée par Philippe Renard, chef du BRECI et Frédéric Mesure, animateur réseau Irlande. Héloise Pestel, Chargée des Affaires Agricoles et le Chargé de l’Education et de l’Enseignement Supérieur complétaient la délégation française. Côté Irlandais Louise Byrne, Deputy Chief Inspector at the Department of Agriculture, Food and the Marine, Anne Marie Butler, Head of Education Teagasc,  Dr Stan Lalor, Teagasc Head of Knowledge Transfer, John Mulhern, Principal of College of Amenity Horticulture, Dublin, Frank Murphy, Teagasc Head of Curriculum Development and Standards Unit composaient la délégation irlandaise rejointe en visioconférence avec le Chargé des Affaires Agricoles de l’Ambassade d’Irlande à Paris.

Après une visite des installations du centre TEAGASC d’Ashtown, il était temps de dresser un premier bilan. Beaucoup de positif, cinq des sept établissements d’enseignement agricole irlandais ont accueilli des français en mobilité et des liens de jumelage inter établissements sont en cours. Suite à notre soutien, Teagasc dispose maintenant d’un financement Erasmus+ et grâce à notre partenaire irlandais. Nous avons un accès direct à l’association nationale irlandaise des entreprises d’aménagements paysagers, ce qui facilite le placement en stage de stagiaires BTS dans des compagnies privées.

Toutefois, il reste encore du travail à accomplir : susciter l’envie de mobilité en France pour les étudiants Irlandais qui, à ce jour, sont plus tentés de faire leur stage en Nouvelle Zélande, trouver une façon de permettre à nos apprenants mineurs de pouvoir faire leur stage en Irlande, créer des liens entre classes de lycée et classes avec option agriculture dans les lycées irlandais…

Lors de nos échanges, plusieurs pistes ont été évoquées : faire la promotion de l’enseignement agricole français dans les établissements irlandais directement auprès des étudiants, notamment lors des visites de l’animateur réseau, essayer de renforcer des liens directs avec les agriculteurs, accueillir dès mars 2025 une délégation de personnels Teagasc, contribuer à mettre en place une délégation d’étudiants irlandais pour qu’ils viennent découvrir l’enseignement agricole français ainsi que des exploitations françaises. D’autres pistes de partenariat ont aussi été évoquées notamment travailler sur des mobilités hybrides dans le domaine horticole et aménagement paysager avec le College of Amenity Horticulture – Dublin.

Le mot de la fin est revenu à Louise Byrne du Ministère de l’Agriculture Irlandais nous invitant à ne pas négliger dans nos échanges la dimension d’ouverture culturelle. Prochaine réunion du comité de suivi binational en 2025 en France.

Et pour conclure cette journée, un temps d’échange sur l’agriculture a eu lien en soirée à l’Alliance Française de Dublin, la deuxième plus grande en taille en Europe derrière celle de Bruxelles. Ce temps d’échanges a permis un aperçu croisé de l’agriculture et des défis relevés par les agriculteurs dans nos deux pays ainsi qu’une rapide présentation de notre enseignement agricole et du partenariat franco-irlandais.

Crédit photographie Photo de tête : Banque d’images Pexels, Paysage d’Irlande, Thomas Balabaud

Contact : Fréderic Mesure, animateur Royaume Uni et Irlande de l’enseignement agricole, frederic.mesure@agriculture.gouv.fr