En route pour 6 mois en Slovaquie !

Le réseau République Tchèque – Slovaquie de l’enseignement agricole renforce ses liens avec l’Université d’Agriculture de Nitra pour offrir une opportunité de mobilité aux étudiants de BTSA français. Dès 2026, plusieurs établissements permettront à leurs étudiants de suivre un semestre de cours en Slovaquie dans le cadre du programme Erasmus+.

Dès 2019-2020, une première initiative avait déjà permis à des étudiants en BTSA Technico-Commercial d’effectuer un semestre à l’Université de Nitra. Forts de cette réussite, le réseau République Tchèque – Slovaquie de l’enseignement agricole, avec l’appui de la chargée de mission Programme Européen Erasmus+ enseignement supérieur, ont travaillé à l’extension de cette opportunité à d’autres spécialisations pour les étudiants en formation supérieure courte (BTSA).

Identifier les établissements français candidats

Au printemps 2024, l’étude des catalogues de cours proposés en anglais à Nitra a permis d’identifier des correspondances avec plusieurs spécialités de BTSA français : Agronomie et Cultures Durables, Métiers du Végétal, Analyses biologiques, biotechnologiques, agricoles et environnementales (ANABIOTEC), Qualité, alimentation, innovation et maîtrise sanitaire (BioQUALIM) et Technico-Commercial. Les établissements français ayant semestrialisé ces BTSA et disposant de la charte Erasmus+ ont alors été sollicités.

L’Agrocampus 47 (Lycée de Sainte-Livrade-sur-Lot), le Campus Saint-François la Cadène (Labège-Toulouse) et le Campus Terre Nature (Lycée de Carcassonne) ont répondu présent pour se lancer dans le projet.

Ils ont travaillé sur les comparaisons de contenus de formation afin de construire une proposition de semestre d’étude aux équipes pédagogiques de l’Université de Nitra.

Une mission sur place pour finaliser le projet

Réunion avec les représentants du service Relations Internationales et des facultés de l’Université de Nitra

En décembre 2024, une délégation composée de représentants des trois lycées d’enseignement agricole français, de la référente du réseau Slovaquie et de la chargée de mission Erasmus+ « Enseignement supérieur » s’est rendue à Nitra en Slovaquie. L’objectif principal était de rencontrer les responsables des différentes facultés de l’université pour valider la compatibilité des enseignements.

La mission a permis de rencontrer les représentants des relations internationales de l’université et des différentes facultés et de mieux connaître les unités de l’université et réciproquement expliquer les particularités des établissements français aux partenaires slovaques. Les membres de la délégation française ont visité les infrastructures universitaires et le verger d’application.

Visite du verger d’application de l’Université de Nitra

Visite de l’espace jardin pédagogique interactif sur le site de la faculté d’horticulture

Ce déplacement a permis aux établissements français de discuter avec les représentants des facultés et d’affiner leur compréhension des contenus de cours offerts par l’université. Ils ont ainsi pu valider leur adéquation au plus près des capacités visées en BTSA.

Un déploiement prévu en 2026

Deux établissements ont projeté des mobilités académiques dès 2026 pour leurs étudiants en BTSA « Métiers du Végétal » et « ANABIOTEC ».

La prochaine étape consiste à formaliser un accord inter-institutionnel entre l’Université de Nitra et les établissements français. Celui-ci définira, entre l’Université de Nitra et chaque établissement français, les modalités de coopération pour organiser des échanges d’étudiants et/ou de personnel dans le cadre du programme Erasmus+.

Parallèlement, chaque établissement côté français devra élaborer un parcours de formation et un plan d’évaluation personnalisés pour ses étudiants candidats à la mobilité académique.

Rendez-vous en 2026 pour un premier bilan de cette expérience enrichissante !

D’ici là, d’autres établissements intéressés peuvent contacter l’animatrice du réseau République Tchèque – Slovaquie pour rejoindre l’initiative.

Lire aussi l’article, dans le cadre de la mobilité académique pour le BTSA Métiers du Végétal, au Campus Saint-François la Cadène (Labège-Toulouse) – Labège. Un semestre en Slovaquie, c’est possible avec ce BTS – La Dépèche

Contact : Delphine Laissac, Animatrice du réseau République Tchèque – Slovaquie, delphine.laissac@educagri.fr




Deux Béninoises en service civique à Pontivy

Le service civique de réciprocité, un dispositif français d’encouragement à l’engagement citoyen, permet à Élodie et Ornella, étudiantes béninoises, de vivre une expérience unique autour du thème de l’accompagnement à l’information et à l’orientation des élèves et apprenants du lycée Le Gros Chêne de Pontivy et du renforcement de leurs compétences en transformation agroalimentaire.

Élodie Sacla Aide et Ornella Ahokpossi constituent le deuxième binôme de volontaires de l’Université nationale d’agriculture (UNA) du Bénin effectuant une mission de service civique au lycée agricole de Pontivy. En effet, suite à la participation d’une enseignante de Pontivy à la mission collective au Bénin organisée par le réseau Afrique de l’Ouest Afrique centrale de l’enseignement agricole en octobre 2021, une charte de partenariat a été signée entre l’École de transformation agroalimentaire de Sakété (l’une des dix écoles de l’UNA), dont sont issues les volontaires, et le lycée agricole Le Gros Chêne. Ainsi, elles vivent une expérience inouïe entre activités scolaires et culturelles, sorties pédagogiques, moments de convivialité entre personnel administratif, moments de détente entre tutrice et tutorées, rencontres festives entre jeunes services civiques,… etc.

Depuis leur arrivée en France, Élodie et Ornella ont eu à mener différentes activités dans le cadre de leur mission à savoir : l ’appui aux assistants d’éducation dans le cadre des “aides aux devoirs du soir”, accompagnement des élèves au cours des permanences, création et animation d’un atelier de “rédaction de rapport de stage” pour les élèves et étudiants, encadrement des élèves au cours des sorties pédagogiques, création et animation d’un club ludothèque au sein du CDI du lycée et l’appui au boucher du lycée pour la transformation des viandes issues de l’exploitation.

Actives et dynamiques, les deux jeunes amazones du Bénin ont pris part à différents évènements organisés par le lycée ou auxquels le lycée a participé. En passant par la journée Cluedo de l’établissement, le salon “ohhh la vache”, la journée de l’Agriculture Biodiversité et Alimentation (ABA) et le marché de Noël, elles ont su sensibiliser les élèves sur l’interculturalité, le vivre-ensemble, le racisme, les inégalités à travers leur participation active à la semaine de la tolérance.

Elles racontent :
Le 03 octobre 2024 (le lendemain de notre arrivée) s’est tenue la première édition du jeu Cluedo au sein de l’établissement. Ce jeu a connu la participation de tout le personnel, les enseignants et les élèves du lycée. Le but du jeu était de permettre aux élèves (anciens et nouveaux) de découvrir le lycée sous toutes ses formes, de mieux se connaître et créer des liens. Grâce à ce jeu, nous avons découvert le lycée dans son entièreté ainsi que les membres du personnel /enseignants. Ce fut une bonne expérience !
Le salon « Ohhh la Vache » se déroule chaque année au centre ville de Pontivy. Cette année, il s’est tenu du 12 au 13 octobre 2024. Au cours de ce salon, le lycée a répondu présent avec deux stands, notamment le stand de rugby et le stand principal. Au cours des deux jours, nous avons animé avec succès les deux stands, surtout celui du rugby.
La journée ABA (Agriculture Biodiversité et Alimentation) s’est déroulée le 16 octobre 2024 et a impliqué toutes les classes du lycée et les enseignants. Dans le cadre de cette activité, nous avons animé un atelier autour d’un jeu dont le thème était « l’alimentation : sciences, cultures et saveurs » avec une classe de terminale et les étudiants en deuxième année de BTS ACSE.
Nous avons participé à des sorties pédagogiques qui nous permettent de découvrir la région, comme avec les classes de troisième au musée des goémoniers et de l’algue de Plouguerneau, et de classe de première au port de pêche de Lorient.
Afin de renforcer nos capacités dans le domaine agroalimentaire, nous travaillons avec le boucher de l’exploitation, tous les lundis matin, pour la transformation de la viande de porc en jambon, saucisson, crépinette, jambonneau etc. Ajouté à cela, nous participons à différents Travaux Pratiques avec les élèves et étudiants au niveau du hall agroalimentaire.
Nous avons aussi participé à la préparation du marché de Noël du 09 au 13 décembre 2024 : production de produits traditionnels de Noël (caranoel, pain d’épices, caramel au beurre salé, confitures) ; étiquetage et emballage des produits ; confection de décoration et cadeau de Noël pour le personnel de l’établissement.
Et lors de la semaine de tolérance du 16 au 20 décembre 2024, nous avons animé un atelier de jeux (Monopoly des inégalités) et proposé un atelier photolangage sur le racisme, ainsi qu’une présentation du Bénin.

Élodie et Ornella ont répondu présentes aux Rencontres des réseaux Afrique et regroupement des volontaires internationaux avec le réseau de l’ECSI de l’enseignement agricole qui ont eu lieu au lycée agricole de Brive fin janvier 2025. Cette rencontre fut d’après les filles “un moment de partage et de voyage entre différentes cultures, projets et valeurs.

” Ces moments inoubliables sont gravés à jamais dans nos cœurs”.

Elles retrouveront leurs nouveaux amis volontaires internationaux à l’occasion du deuxième regroupement et des rencontres du réseau de l’ECSI qui se tiendront à Florac du 20 au 23 mai 2025.

En dehors de leurs heures de travail, elles ont la chance de découvrir de merveilleux lieux tels que Trégastel, Ploumanach, en compagnie de leur tutrice Frédérique Trelluyer, directrice adjointe du lycée agricole Le Gros Chêne de Pontivy.

En un mot, “nous vivons chaque jour des moments marquants et inoubliables au quotidien et découvrons de jour en jour la terre de Marianne.”

Article proposé par Frédérique Trelluyer, directrice adjointe du lycée agricole de Pontivy, frederique.trelluyer@educagri.fr, sur la base du premier rapport de mission élaboré par les deux volontaires.

Contact :
Vanessa Forsans et William Gex, animateurs du réseau Afrique de l’Ouest Afrique centrale de l’enseignement agricole, vanessa.forsans@educagri.fr et william.gex@educagri.fr
Rachid Benlafquih, chargé de coopération Afrique subsaharienne/ECSI/expertise à l’international au BRECI/DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr

 




Que sont nos volontaires devenus ?

La secrétaire générale du Lycée Nature de La Roche-sur-Yon a réuni à Abidjan, à la faveur d’une mobilité en Côte d’Ivoire avec le directeur-adjoint de l’établissement, tous les services civiques ivoiriens dont elle a été la tutrice entre 2018 et 2024.

Non, le vent ne les a pas trop clairsemés, nous les avons retrouvés sans difficulté lors de notre mission en Côte d’Ivoire de novembre 2024. Ce fut l’occasion de faire un point sur les suites de leur volontariat en France, au Lycée Nature de la Roche-sur-Yon.

Depuis 2018, nous avons eu le plaisir de recevoir 9 jeunes en service civique, dont 8 Ivoiriens, tous issus de l’INFPA (Institut national de formation professionnelle agricole), partenaire historique de la DGER, avec l’appui du réseau Afrique de l’Ouest Afrique centrale de l’enseignement agricole et en étroite collaboration avec France Volontaires.
Une belle famille, qui continue de grandir, avec de nouveaux accueils en 2025, mais pas que…
Ces amis-là, le vent peut bien souffler devant notre porte, il ne les ôtera pas ! On reste en contact et quand on arrive là-bas, on a le bonheur et la fierté de les voir venir à notre rencontre.
Nous leur avons demandé de nous raconter où en est leur projet professionnel et si leur expérience française a influencé la suite de leur parcours.

Léa Gnini COULIBALY, agente ministérielle et technicienne au port d’Abidjan

En mission de 7 mois au Lycée Nature en 2018-2019, dès la naissance du partenariat entre notre établissement de La Roche-sur-Yon et le CAPP de Bingerville (l’un des dix établissements de l’INFPA), Léa a été notre première volontaire, missionnée sur un travail de mise au point d’une méthode de calcul des prix de revient en maraîchage biologique, associée à la promotion de la mobilité internationale et la culture ivoirienne.

Depuis, elle a été recrutée en qualité de technicienne par le Ministère de l’agriculture et des ressources halieutiques de Côte d’Ivoire et est actuellement affectée au port d’Abidjan.
Si le mérite de la réussite au concours lui revient, elle estime que son expérience à La Roche-sur-Yon lui a apporté la maturité et la confiance en elle qui lui faisaient défaut avant sa venue. Les apports techniques en maraîchage biologique ne sont pas perdus puisqu’avec son époux elle projette d’exploiter une petite surface, afin de dégager un complément de revenu.
Enfin elle nous a fait l’honneur de nous présenter sa fille de 18 mois, Eliorah.

Krystelle SERI s’est lancé dans l’héliciculture

En Vendée en 2019-2020, l’année de l’épidémie de COVID-19, Krystelle a joué les prolongations en restant 10 mois au Lycée Nature sur une mission d’évaluation de notre capacité à obtenir le label HVE (Haute valeur environnementale), avec toujours la promotion de la mobilité internationale et l’échange culturel.

Krystelle a lancé une activité d’héliciculture (élevage des escargots comestibles) qui, après 2 années d’efforts, commence à devenir rentable. Elle y associe des offres de formation dans cette spécialité.

Elle considère que sa venue en France a fortement développé sa culture générale, sa confiance en elle et son esprit d’entreprise. Cela l’a aussi aidée dans le domaine relationnel, essentiel pour la commercialisation de la production.

Krystelle vient de mettre au monde un petit Noah. Allez !! On le prend dans la famille.

Rebecca BLEU, employée en nutrition animale et Yannick AKA, informaticien en entreprise de production de cacao

Premier binôme de volontaires ivoiriens au Lycée Nature, Rebecca et Yannick sont arrivés après la crise COVID en 2021-2022.
Rebecca a travaillé sur l’alimentation des ovins viande, dans le cadre d’une expérimentation conduite avec le groupement des éleveurs ovins de Vendée en plus de la mission culturelle auprès des élèves et étudiants.
Actuellement, elle est employée par une entreprise de nutrition animale. Son service civique a donc joué un rôle sensible dans son recrutement… Elle dit aussi avoir évolué dans sa conception des relations entre les femmes et les hommes…
Yannick, qui avait découvert au Lycée Nature les plantes de service et participé à une expérimentation sur ce thème avec la Chambre d’Agriculture, a poursuivi, depuis son départ, des formations en informatique. Il a plus récemment obtenu un poste dans une entreprise agricole produisant du cacao.

Mimi Gnan KEITA, agricultrice maraîchère et primée entrepreneuse et Franck DOVONOU, futur ingénieur et entrepreneur !

Les volontaires de l’année 2022-2024 ont bénéficié d’une période de forte activité entre l’INFPA et le Lycée Nature : des mobilités entrantes et sortantes de personnels et d’apprenants et l’envoi d’un binôme de jeunes français en service civique auprès de l’INFPA. Cette dynamique a favorisé les échanges avec les apprenants et l’équipe éducative.

Franck a travaillé sur la mise en œuvre d’un système de vente en ligne, de type « drive », pour les produits de l’exploitation. Cela lui a donné du goût pour la valorisation des produits locaux, il poursuit actuellement des études d’ingénieur dans la transformation agro-alimentaire, avec pour objectif la création d’une entreprise de transformation. Nous avons toute confiance dans la concrétisation effective de ce projet.

Mimi a poursuivi le suivi de l’expérimentation engagé l’année précédente par Yannick sur les plantes de service. Elle a connu pendant cette année de volontariat une vraie métamorphose, du point de vue de l’aisance relationnelle et de la confiance en soi. Les interventions auprès des élèves et apprentis et la participation aux différentes formations (dont celles du RED, réseau de l’ECSI de l’enseignement agricole), lui ont permis de sortir de sa coquille.

À son retour en Côte d’Ivoire, elle s’est installée en maraîchage sur une parcelle d’un hectare, en bénéficiant d’une aide de l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration), associée à l’engagement en service civique, et a récemment réalisé ses premières ventes. Sa réussite lui a valu un prix du jeune entrepreneur décerné par l’OFII.

Ange-Cyril SERI, conseiller auprès de la Présidence de la République ivoirienne et Junior Idrissa DIARRA, maraîcher et projette une activité de transformation

Le binôme 2023-2024 était constitué de deux garçons, qui ont partagé leur culture et leurs engagements avec les apprenants du Lycée Nature.
Très engagé dans le domaine associatif en Côte d’Ivoire, Ange a poursuivi le développement de la vente en drive, pour les produits de l’exploitation. La mission effectuée en France a sans doute joué en sa faveur pour son recrutement en qualité de conseiller auprès de la Présidence de la République ivoirienne, depuis l’automne 2024. Il continue en outre son activité au sein de l’association EDA Africa et rêve de fonder une nouvelle association regroupant l’ensemble des jeunes ivoiriens ayant effectué un volontariat en France, afin de guider les prochains avant le départ et au retour, dans leur recherche d’opportunités.

Idrissa a suivi chez nous la culture des pommes de terre, jusqu’à leur commercialisation. À son retour, il s’est installé en maraîchage et produit du manioc. Il s’est engagé dans un projet de transformation en attiéké (semoule de pulpe de manioc fermentée), pour lequel il a déposé un dossier auprès de l’Institut de l’engagement, afin d’obtenir un appui. Nous lui souhaitons tout le succès possible pour cette entreprise.

Il est facile de décrire le devenir de nos anciens volontaires, il est presque impossible de résumer en quelques mots toute la richesse et la chaleur humaine qu’ils nous ont apportées.
Le dispositif du volontariat en service civique a été pour chacun d’eux une réelle opportunité dont ils ont tous su s’emparer. Leur réussite nous emplit de fierté.
Le vent les porte dans la bonne direction, qu’il continue à les pousser et qu’il nous les ramène de temps en temps.

Article proposé par Nadine Zorzi, secrétaire générale du Lycée Nature à La Roche-sur-Yon, nadine.zorzi@educagri.fr

Contact : Vanessa Forsans et William Gex, animateurs du réseau Afrique de l’Ouest Afrique centrale de l’enseignement agricole, vanessa.forsans@educagri.fr et william.gex@educagri.fr
Rachid Benlafquih, chargé de coopération Afrique subsaharienne/ECSI/expertise à l’international au BRECI/DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr

 




Normandie : terre inspirante pour l’Arménie

Deux responsables d’établissements agricoles arméniens ont effectué une visite en France début novembre 2024, dans le cadre d’une initiative visant à renforcer les échanges éducatifs et professionnels. L’objectif de cette mission était la découverte du système d’enseignement agricole français et ses méthodes innovantes, tout en explorant les possibilités de collaboration future.

Au cours de leur séjour, les deux directrices Gayane Gabrielyan de Gyumri (Chirak) et Mery Grigoryan de Vanadzor (Lori) ont eu l’opportunité de visiter quatre sites d’établissements. Ils offrent une perspective unique sur l’enseignement et la formation professionnelle en agriculture française. Une présentation générale de l’enseignement agricole a été réalisée par Stéphanie Mangin à la direction générale de l’enseignement et de la recherche – DGER à Paris. Parmi les établissements visités, les lycées publics agricoles de Sées et d’Yvetot se sont distingués par leur approche pédagogique axée sur la pratique. Lors de la visite de la MFR de Bucchy, l’accent  a été mis sur l’enseignement par alternance . Tandis qu’à Rouen lors de la visite du campus UniLaSalle, l’enseignement supérieur et la recherche ont été évoquées.

Enseignement supérieur et recherche à Rouen

Après l’accueil à la DGER, l’école d’ingénieurs agronomes UniLaSalle à Rouen a été le premier arrêt de cette mission. Les directrices ont été particulièrement intéressées par les projets de recherche menés par les étudiants et les partenariats avec le secteur agricole. La présentation des innovations technologiques en agriculture a ouvert des perspectives intéressantes pour l’avenir de l’agriculture en Arménie.

Immersion au cœur des pratiques agricoles

Le deuxième établissement visité est le lycée agricole d’Yvetot, la visite des ateliers technologiques, où les élèves s’initient aux techniques agricoles de la fabrication de jus de pommes, a particulièrement impressionné les invitées. Ces ateliers, équipés de matériel à la pointe de la technologie, permettent aux étudiants de développer des compétences pratiques indispensables pour leur avenir professionnel. Les directrices ont pu constater l’importance accordée à l’apprentissage par la pratique, un aspect essentiel de l’enseignement agricole en France. En effet, cette approche permet non seulement d’acquérir des connaissances théoriques, mais aussi de les appliquer directement dans des situations réelles, renforçant ainsi la confiance et l’autonomie. Les échanges avec les enseignants et les élèves ont également mis en lumière l’engagement de l’établissement à intégrer des pratiques durables et respectueuses de l’environnement.

Alternance en milieu rural

Enfin, la Maison Familiale Rurale (MFR) de Bucchy a offert un aperçu sur l’enseignement en milieu rural, mettant l’accent sur l’implication des familles et des collectivités locales dans la formation des jeunes. Les directrices ont apprécié le modèle éducatif basé sur la proximité et l’engagement communautaire. La mise en avant du programme d’alternance, permettant aux étudiants de combiner cours théoriques et expériences professionnelles en entreprise. Les partenaires Arméniennes ont échangé sur leurs expériences et ont été ravies de voir comment cette approche favorise l’employabilité des jeunes diplômés.

Modèle de diversité dans les formations agricoles

La délégation accompagnée de l’animatrice du réseau Arménie ont assisté à des travaux pratiques réalisés entre les élèves de seconde et ceux du BTS Gestion et Protection de la Nature (GPN) au Lycée de Sées, une série d’activités a été mise en place pour explorer l’utilisation des plantes et leurs composés bénéfiques. Ces séances permettent non seulement d’appliquer les connaissances théoriques acquises en classe, mais également de développer des compétences pratiques essentielles pour les futurs professionnels du domaine.

Lors du premier TP, les élèves ont eu l’occasion de manipuler divers composés extraits de plantes pour créer des baumes, des infusions et autres produits. En utilisant des matières premières comme de la cire d’abeille, de l’huile d’olive et des plantes médicinales, ils ont appris à préparer des formulations naturelles. Cette activité a permis aux élèves de comprendre les propriétés des plantes et leur utilisation dans la cosmétique et la phytothérapie.

Le second TP a porté sur l’identification des plantes à l’aide d’une clé de détermination. Les élèves ont exploré différentes espèces de plantes comestibles, souvent utilisées dans des recettes traditionnelles telles que les crêpes ou les sirops. Cette activité a non seulement renforcé leurs compétences en botanique, mais aussi mis en avant l’importance de la connaissance des plantes dans la cuisine. Ils ont découvert des ingrédients tels que l’ortie, qui peut être utilisée pour réaliser des crêpes riches en nutriments, ou encore les fleurs de sureau, souvent transformées en sirop sucré.

Les échanges avec la directrice du Centre de Formation pour Apprentis et du Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole de Sées ont mis l’accent sur l’alternance, les formations continues dans le domaine du cheval, de l’agriculture et de l’environnement et sur leur fonctionnement.

Au cours de ces visites, plusieurs thématiques ont été abordées, notamment l’alternance, un modèle qui permet aux étudiants de se former tout en travaillant, favorisant ainsi leur insertion professionnelle.

La pédagogie, basée sur la pratique révèle l’importance d’apprendre par l’expérience, avec des ateliers et des stages en entreprise qui préparent efficacement les élèves aux réalités du métier.

L’innovation en agriculture prend en compte les nouvelles technologies et pratiques durables qui transforment le paysage agricole et comment ces avancées peuvent être intégrées dans les programmes de formation en Arménie.

Cette visite des deux homologues arméniennes d’établissements agricoles a été une expérience enrichissante, tant pour les invitées que pour les établissements français. Elle a permis de créer des ponts entre les deux pays et d’envisager des collaborations futures dans le domaine de l’enseignement agricole. Les échanges d’idées et de pratiques pourraient contribuer à l’amélioration des systèmes éducatifs et agricoles en Arménie, tout en renforçant les liens entre les deux nations.

Contact : Evelyne BOHUON, animatrice du réseau Arménie de l’enseignement agricole, evelyne.bohuon@educagri.fr