L’aventure du vivant en 2020 avec le Sénégal, cap sur 2021…

En 2020, les quotidiens ont été bousculés jusque dans les méthodes de travail avec la pandémie COVID-19. La coopération internationale n’a pas dérogé à cette réalité. Au Sénégal, le programme des activités pour l’enseignement agricole a dû être révisé avec de nombreux reports. Cependant, les efforts consentis par les équipes françaises et sénégalaises ont permis la réalisation d’ateliers en virtuel de co-construction de curricula avec le cluster-horticulture, des instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) ou encore l’école normale supérieure d’enseignement technique et professionnel.

Le renforcement de la professionnalisation des licences pro agroéquipement, AgroTIC et agriculture biologique et écologique s’est poursuivi dans le cadre du Campus franco-sénégalais. A aussi été lancé avec l’École Inter-États des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar (EISMV) le projet intitulé « Professionnalisation des Para Professionnels Vétérinaires ».

Visite de M. l’Ambassadeur de France, lors de l’AgroBootCamp en Casamance (Sud-Ouest du Sénégal)

De nouvelles initiatives soutenues par l’Ambassade de France sont aussi à noter avec la première édition du Prix ALIMENTERRE dans le cadre du festival éponyme, un AgroBootCamp organisé pour la première fois au Sénégal (semaine intensive de formation auprès d’une quarantaine d’agripreneurs agroécologiques de la sous-région), des renforcements de capacité pour plus de 900 femmes productrices et transformatrices dans la continuité de nourrir, instruire, entreprendre tout en sensibilisant aux gestes barrières pour préserver la santé ou encore le lancement des stages ruraux pour quinze jeunes sénégalais désireux d’améliorer leurs pratiques ou d’en découvrir de nouvelles durant deux mois auprès de leur famille d’accueil dans un autre département que le leur.

2021 devrait voir se réaliser la formation de formateurs et de directeurs pour les ISEP, les clusters (horticulture/aviculture) et l’Université du Sine Saloum El Hâdj Ibrahima Niass (USSEIN). Seront aussi co-élaborés entre français et sénégalais d’autres curricula et des offres à des appels à projets (cf. Partenariats avec l’enseignement supérieur africain » (PEA), Campus franco-sénégalais, etc.), en souhaitant qu’elles déboucheront sur leur mise en œuvre.

Viendront aussi une étude sur l’installation des jeunes agriculteurs, des films sur la formation et l’entreprenariat en agriculture, des évènements pour promouvoir les Alumni, un outil d’aide à la décision en politique publique de la formation agricole et rurale au Sénégal…

Une année enthousiasmante en perspective, qui contribuera à pérenniser les partenariats existants et à en créer de nouveaux…

 

Légende de la photo de tête de l’article : Renforcement de savoir-faire des femmes transformatrices à l’ISEP de Matam (Est du Sénégal) – atelier de production de jus de bissap 

Contacts :

Maryline Loquet, Ambassade de France au Sénégal, maryline.loquet@diplomatie.gouv.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr

 

 




Tournée du film « Keka Wongan »

La coopération franco-camerounaise : une aventure qui continue et qui se voit !

Grâce au film « Keka Wongan, notre cacao made in Ebolowa-Cameroun », la collaboration entre l’EPL Nantes-Terre Atlantique et ses partenaires camerounais vît au grand jour. Elle a fait naître la production d’un chocolat local, une production camerounaise de A à Z…

Keka-Wongan signifie « notre cacao » dans la langue Bulu parlée à Ebolowa, la ville chef-lieu de la région sud Cameroun.

Une tournée du documentaire « Keka Wongan » (libre de droits), est organisée dans le cadre du Festival Alimenterre du 15 au 30 octobre 2020. Le projet a été accompagné et cofinancé par le MAA (DGER) grâce au Budget d’Action Internationale. Les projections pourraient être étendue hors festival.

Ce documentaire, retenu par le comité de sélection du CFSI, relate le travail de coopération de l’EPL Nantes-Terre Atlantique (membre du réseau Cameroun de la DGER depuis 2012) avec son partenaire camerounais.

Le film a été réalisé par Julie Lizambard de Com Son Image. Elle y restitue fidèlement l’histoire de ce projet dont l‘ambition semblait démesurée au départ et l’objectif non réaliste. Et pourtant, ils l’ont fait !

Bande annonce du documentaire : https://www.alimenterre.org/keka-wongan-notre-cacao-made-in-ebolowa-cameroun

 

Retour sur la naissance d’un chocolat camerounais

C’est au collège régional d’agriculture (CRA) d’Ebolowa que Florent Dionisy, Chargé de mission de développement durable à l’EPL de Nantes-Loire Atlantique, effectue une mission, appuyé par le réseau Cameroun sur l’opportunité de développer des relations de coopération entre un établissement français et le CRA.

Depuis 2014, c’est une belle aventure, faite de missions réciproques et dont le rythme s’est accéléré pour aboutir in fine à la création, à Ebolowa, d’un atelier technologique de transformation du cacao en un chocolat « made in Cameroun ».

Le directeur du CRA d’Ebolowa, Antoine Mbida et Florent Dionisy n’ont jamais baissé les bras. Il a fallu trouver des moyens à la hauteur de l’enjeu. Côté français, le conseil régional des Pays de la Loire et la DGER (via le Budget d’Action Internationale et les financements du réseau Cameroun) ont soutenu ce projet. Les initiateurs ont également du s’appuyer sur des responsables politiques et administratifs engagés au Cameroun comme en France.

L’acceptation et le soutien des réformateurs de l’enseignement agricole camerounais a été nécessaire pour construire un module de formation spécifique et garantir la reproductibilité du modèle.

Sur les plans technique et économique, la première étape consistait à maîtriser la phase complexe de l’approvisionnement en fèves de    cacao, en incluant des exigences de qualité et le respect de l’environnement. Ces conditions ont permis aux petits cacaoculteurs de la coopérative de Bytilie d’augmenter, en moyenne, leur prix de vente de 30%.

La deuxième étape, très sensible, fut la transformation, avec l’obligation de fabriquer localement les machines pour garantir par la suite leur entretien.

Enfin, « il n’y a plus qu’à vendre » ! Mais en appliquant les règles du commerce équitable. Pari réussi !

Alors, que reste-t-’il à faire ? Continuer à renforcer cette expérience, à en faire un modèle transmissible à d’autres lieux, d’autres activités, voire d’autres pays. La SODECAO, au Cameroun, ne cache pas son intérêt pour ce type de démarche diffusable dans plusieurs zones agricoles.

Pour les co-créateurs franco-camerounais, la démarche pédagogique, qui a sous-tendu le dispositif, est un modèle facilement applicable à d’autres projets. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils mettent l’accent sur l’accueil de stagiaires à travers le centre de coopération « 3CF », Cameroun-France. Ce centre a été constitué à Yaoundé et dispose d’un réseau de maîtres de stage reconnus et identifiés. Ces informations sont partagées au sein du réseau Cameroun de l’enseignement agricole (DGER).

Dernièrement, le centre de coopération « 3CF » vient de construire un nouvel atelier de transformation de produits agricoles en zone urbaine. C’est ainsi penser à demain, à ceux qui vont poursuivre le chemin, à ceux qui continueront l’aventure…qui coopéreront, tout simplement.

 

Pour organiser une projection, s’inscrire sur le site et télécharger le film (48 min-gratuit) :

https://www.alimenterre.org/organiser-un-evenement-dans-le-cadre-du-festival-alimenterre

Pour l’instant, 20 séances sont programmées avec présence de l’équipe (le chef de projet, la réalisatrice, 2 étudiants éco-délégués) et une trentaine de projection sont réservées par les associations référentes du CFSI en région.

Consulter et télécharger la fiche complète de présentation du Film

 

Pour organiser une projection-débat en établissement agricole, vous pouvez contacter :

florent.dionizy@educagri.fr Chargé de mission développement durable à l’EPL de  Nantes-Loire Atlantique

regis.dupuy@educagri.fr , animateur du réseau Cameroun de l’enseignement agricole

 Pour en savoir plus sur le centre de coopération: https://3cfcameroun.simdif.com/

 Pour en savoir plus sur Alimenterre :

Le festival Alimenterre, né en 2007, est une création du Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI). Ce festival est soutenu et co-organisé avec la DGER. Chaque année, à partir d’une présélection sur une base d’une centaine de films, 7 à 8 films documentaires sont retenus par un comité de sélection coordonné par le CFSI. Ce comité de sélection est composé de plusieurs organisations territoriales et nationales, parmi celles-ci, le réseau Education à la citoyenneté et la solidarité internationale (RED) de la DGER.

Ceci n’est pas un hasard mais bien une convergence logique, à la fois des priorités du CFSI – le droit à l’alimentation pour tous les citoyens du monde, des systèmes alimentaires durables et solidaires, l’Agroécologie, la démocratie alimentaire – et de celles de l’enseignement agricole résumées dans le « produire autrement ». Cette convergence apparaît alors encore plus évidente dans la mission de coopération internationale mise en œuvre par la DGER.

https://www.alimenterre.org/le-festival-alimenterre-0

Contact :

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr

 




Nouveau mensuel Actu’DGER – Retrouvez l’international

Le mensuel de la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche

Actu’DGER est la nouvelle publication mensuelle de la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche composée d’actualités (enseignement secondaire et supérieur, recherche, régions & établissements) et d’un dossier qui abordera chaque mois un thème particulier. Dès ce numéro de lancement, des actions internationales sont mises en avant. Retrouvez deux articles, focus international, publiés dans le n° 0 de juin 2020 (page 5 et 8).

Enseignement supérieur – Partenariats avec l’enseignement supérieur africain

Composante de la stratégie «Bienvenue en France» lancée en 2018, l’appel à projets PEA publié le 30 avril 2020 complète la politique d’accueil des étudiants africains en France en s’inscrivant dans une double logique de renforcement des capacités des établissements africains et de rayonnement international des établissements français.
Il a pour objectif de soutenir : la co-construction de formations et/ou la montée en gamme des formations existantes en lien avec les besoins socio-économiques des 18 pays partenaires (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Djibouti, Éthiopie, Gambie, Guinée, Liberia, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, République centrafricaine, RDC, Sénégal, Tchad et Togo), l’appui à la modernisation institutionnelle et la gouvernance des établissements, la mise en place de systèmes d’évaluation, d’accréditation et d’assurance qualité.
Coordonnés par un établissement d’enseignement supérieur d’un pays africain et un ou plusieurs établissements français, les projets devront concerner les formations de niveau Licence au minimum et relever d’un secteur d’activités prioritaire pour le développement durable du pays.
L’appel à projets est opéré par l’Agence nationale de la recherche, en partenariat avec Campus France. Une conférence (en ligne) sera organisée courant juin afin de présenter le programme et de répondre aux questions des établissements français et africains intéressés.
La date limite de dépôt des pré-projets est fixée au 21 septembre 2020.
Les projets lauréats seront soutenus pendant 4 ans pour un montant entre 1,5 et 3,5 millions d’euros.
Les établissements de l’enseignement supérieur agronomique qui se porteront candidats à cet AAP sont invités à en informer la DGER breci@agriculture.gouv.fr

Rubrique Internationale – Remise des prix Moveagri

Jeudi 30 avril, l’Institut Agro – site de Florac, la DGER et son réseau en charge de l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (le RED), ont organisé la 5éme cérémonie de remise des prix du concours MoveAgri, réseau social de l’enseignement agricole où les apprenants partagent leurs expériences de mobilités à l’étranger sous forme de blogs, de photos, de vidéos…
Confinement oblige, la remise de prix a eu lieu par écrans interposés !
Après un mot d’ouverture de Valérie Baduel, Directrice générale adjointe de la DGER, les lauréats ont témoigné des expériences qui leur ont valu les prix suivants :
– Prix PHOTO : Estelle Galibert, élève en BTSA Ineopole à Brens (81) pour son stage en Suisse,
– Prix BLOGAGRI LYCÉENS : Iris Andissac, élève en Terminale STAV au lycée agricole Henri Bassaler, à Brive Voutezac pour son stage au Chili,
– Prix BLOGAGRI ETUDIANTS : Marie Krdzalin, élève en BTSA ANABIOTECH au lycée agricole de La Roque à Rodez (12) pour son stage en Australie,
– Prix VIDEO des gestes professionnels en action : Clélie BRAS, élève en BTSA spécialité Technico-commercial à Ineopole à Brens (81) pour son stage en Angleterre,
– Prix spécial du jury – Catégorie BLOG jeune étranger : Paula Lorente, volontaire européenne espagnole au lycée agricole Fonlabour d’Albi.
Les blogs d’un groupe de sept étudiants du lycée de Montargis ayant fait leur voyage d’étude solidaire au Sénégal, et de deux étudiants béninois en service civique dans le même lycée, ont également été présentés et salués pour leur
qualité.
Parmi les innovations de cette année, la DGER a remis à l’ensemble des lauréats MoveAgri un Open Badge « MoveAgri Ambassadeur » qui reconnaît les compétences acquises lors de mobilités à l’étranger. Les contributeurs du site MoveAgri pourront recevoir également un Open Badge « MoveAgri Reporter ». Corinne Lefay-Souloy, Conseillère technique au Cabinet de la Direction de l’Agence Erasmus+, a clos la cérémonie en tant que grand témoin puis l’Institut Agro – Florac et la DGER ont annoncé officiellement le lancement de la 6éme édition du Prix MoveAgri pour l’année scolaire 2020 / 2021.

A lire la version complète du n° 0 – juin 2020, en ligne sur Chlorofil : https://chlorofil.fr/actudger




Continuité Pédagogique en Irlande

A l’aide des contacts du réseau Royaume-Uni/Irlande de l’enseignement agricole voici un bref aperçu de la continuité pédagogique en Irlande dans les établissements de Teagasc.  Teagasc est l’organisme équivalent à l’INRAE et à notre enseignement agricole français. Pour rappel, il n’y a pas de lycées agricoles en Irlande, mais des établissements de formation qui s’adressent à des jeunes qui ont au minimum 17 ans en entrant en formation. Aussi, les contenus des cours peuvent varier d’un collège agricole à un autre (comme au Royaume-Uni), un établissement est libre d’organiser ses cours, de les réorganiser en fonction de ses contraintes locales, il faut juste que cela soit validé par la structure nationale de certification (même principe qu’au Royaume Uni).

A ce jour, fin mai 2020, l’Irlande a environ deux semaines de décalage par rapport à notre situation en France. Comme nous, il a fallu trouver des moyens de communication dans l’urgence, puis des outils pour assurer les cours. Un des établissements a fait le choix de faire travailler les élèves sur leur smartphone plutôt que sur PC, car dans le nord de l’Irlande, où est situé l’établissement, les connections sur le réseau internet sont de basses qualités. L’autre établissement contacté, dans le Sud de l’Irlande a un meilleur accès internet donc smartphone et PC sont de mise.

Sans grande surprise les outils numériques étaient similaire aux choix des établissements français : skype professionnel, Zoom, Google classroom, screencast  (un programme qui permet de faire des tutos) et Microsoft Teams. YouTube a été aussi mis à profit en mettant en place des chaînes Youtube sur lesquelles les étudiants sont invités à voir des vidéos en relation avec leurs cours. Les enseignants ont eu recours à la plateforme Moodle et Kahoot pour évaluer les étudiants. Pour rappel Kahoot permet, entre autres, à la fin d’un cours de faire un rapide point sur ce qui a été compris ou pas compris pendant la leçon.

WhatsApp est aussi utilisé par de nombreux enseignants mais certains ne souhaitent pas s’en servir car cela implique de communiquer le numéro du professeur aux étudiants. Moodle permet aussi de faire des tests sous forme de QCM. Les enseignants font une banque de 50 questions et une partie de ces questions est aléatoirement adressée aux étudiants ce qui limite les risques de fraude. Ce système marche plutôt bien mais il a fallu de nombreux échanges téléphoniques entre enseignants et étudiants pour arriver à ce que tout le monde suive en même temps.

Mais quelque soit l’outil et le moyen de communication retenu cela est, comme dans le système français, très chronophage. Et les semaines passant, l’implication des étudiants devient moindre et les devoirs ne sont plus forcément rendus dans les temps. Dans le même temps, beaucoup sont partis travailler et par conséquent sont moins réactifs. Ce qui limite positivement l’impact du COVID sur les cours c’est que la majorité des cours ont lieu entre septembre et mars et qu’en avril les étudiants sont en stage dans les exploitations.

Les fermes pédagogiques des établissements agricoles continuent de fonctionner sans trop de problème. Elles sont gérées par des techniciens présents dan les structures. Comme il n’y a pas d’étudiants, les techniciens sont à 100% sur l’exploitation ce qui permet d’avoir pas mal de main d’œuvre et si un personnel venait à être infecté et devait quitter son poste, les établissements ont mis en place jusqu’à deux équipes de remplaçants. Financièrement, les exploitations n’ont pas encore été trop impactées car les prix du bœuf et du lait sont restés stables pour l’instant. Mais, les établissements irlandais s’attendent à devoir faire un réajustement des budgets prévisionnels en cours d’année.

Du côté nourriture et autre approvisionnement pas de véritable impact grâce à la récente application du Brexit. En effet, l’Irlande dépend beaucoup d’importations en provenance du Royaume-Uni, donc en prévision du Brexit les hangars, les chambres froides avaient été remplis par anticipation. Toute la production de lait irlandais est distribuée sur le marché irlandais et le mois de mai est traditionnellement le plus productif en lait en Irlande.

Contact : animateur du réseau Royaume-Uni/Irlande, frédéric.mesure@educagri.fr