250 voix franco-brésiliennes pour l’avenir

Le Forum franco-brésilien est une rencontre biannuelle, renforçant les liens avec la jeunesse pour faire face à la crise climatique mondiale. En 2025, de nouveaux défis et perspectives ont animé le 8ème forum au Brésil.

La 8ᵉ édition du Forum franco-brésilien Science et Société s’est tenue du 20 au 24 octobre 2025 au Brésil. Il a réaffirmé l’importance stratégique du partenariat entre la France et le Brésil pour la sécurité alimentaire mondiale et la recherche de solutions face aux changements climatiques.
Sous le thème central « Systèmes alimentaires et changements climatiques : défis et perspectives », l’événement a marqué le 20ᵉ anniversaire du Forum et s’est inscrit dans les célébrations des 200 ans des relations diplomatiques franco-brésiliennes.

Soutien institutionnel

Accueilli par l’Institut fédéral d’éducation, de science et de technologie du Minas Gerais (IFMG) – campus de Bambuí, le Forum a bénéficié du soutien de l’Ambassade de France au Brésil, du Ministère français de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire et de l’Institut Français. Au Brésil, il a été organisé avec l’appui du Conseil national des institutions du réseau fédéral (CONIF), du Secrétariat à l’éducation professionnelle et technologique (SETEC/MEC) et de l’Entreprise brésilienne de recherche agricole (Embrapa).

Les débats techniques et les présentations de projets menés par des groupes franco-brésiliens se sont articulés autour de thèmes clés pour l’agriculture et le développement durable.
Les échanges ont porté sur le rôle individuel et collectif dans la lutte contre les changements climatiques, les technologies et stratégies pour une production agricole durable, et enfin sur la gestion rationnelle des ressources naturelles, incluant l’utilisation durable de l’eau, des sols et des intrants agricoles.

Connaissances et innovations

Gerardo Ruiz, adjoint au chef du Bureau des relations européennes et de la coopération internationale à la Direction générale de l’enseignement et de la recherche au MAASA, a souligné le rôle essentiel des établissements d’enseignement agricole, qui sont « des lieux de création de connaissances et d’innovations agricoles ».
La dimension stratégique de la coopération scientifique a été mise en avant par Pierre-Adrien Romon, conseiller agricole régional à l’Ambassade de France, qui a rappelé que le Brésil est le principal partenaire de la France en matière de recherche et d’agriculture en Amérique latine.
Il a également souligné que l’agriculture constitue aussi « une partie essentielle de la solution aux enjeux alimentaires mondiaux ».
Patrick Lanusse, attaché de coopération scientifique et universitaire à l’Ambassade de France, a complété cette vision en insistant sur le caractère global de la production alimentaire durable.

Un Forum pour réfléchir ensemble

Le Forum a réuni environ 250 participants – enseignants, étudiants, chercheurs et autorités – qui ont réfléchi ensemble à la production alimentaire durable et aux effets des changements climatiques.
Les participants ont également eu l’occasion d’effectuer des visites techniques dans des exploitations agricoles de la région de Bambuí, favorisant un contact direct avec les pratiques durables et reliant les arguments théoriques discutés lors des tables rondes à la réalité du terrain.
Une fête culturelle et gastronomique, aux couleurs de la France, organisée en partenariat avec la mairie de Bambuí, a célébré la culture et la cuisine locales, constituant un moment important d’échanges entre les communautés française et brésilienne.
Tout au long de la semaine, les participants ont pris part à des conférences, des ateliers, des visites techniques et des activités culturelles illustrant la diversité des deux nations.

La clôture du Forum, le 24 octobre, s’est achevée par la lecture de la « Lettre de Bambuí », document symbolique réunissant les réflexions communes sur les perspectives pour l’avenir environnemental, et réaffirmant le rôle de la jeunesse dans la construction de systèmes alimentaires plus justes, durables et solidaires.
Ce texte met également en lumière l’importance du dialogue international pour relever les défis climatiques mondiaux.

Le succès de cette 8ᵉ édition du Forum franco-brésilien renforce une dynamique de coopération qui a déjà son prochain rendez-vous en 2027, avec l’organisation, cette fois-ci en France, du prochain Forum Science et Société.

 

Retrouvez les 6 vidéos du Forum Science et société 2025

Auteur : Deryck Santos Alves Teixeira, Service Civique au sein du réseau Brésil

Contact : Fanny DE OLIVEIRA SANTOS, animatrice du réseau Brésil de l’enseignement agricole, fanny.de-oliveira-santos@educagri.fr

 




Création de jardins d’antan à l’Ile Maurice

33 élèves de seconde générale et technologique du Lycée agricole Émile Boyer de la Giroday de Saint-Paul de La Réunion se sont rendus à l’île Maurice, en juin 2024, pour mettre en place des jardins d’antan dans deux collèges privés mauriciens.

C’est dans le cadre de leur formation Écologie, Agronomie, Territoire et Développement Durable (EATDD) que les élèves de seconde du lycée agricole de Saint-Paul ont été sollicité pour participer à un projet de coopération éducative visant à créer des jardins au sein de deux collèges privés du Service Diocésain de l’Éducation Catholique (SeDEC) : le Collège du Bon et Perpétuel Secours de Fatima de Goodlands en collaboration avec le collège Père Laval et le Collège de La Confiance situé à Beau Bassin – Rose Hill.
Ce projet avait pour finalité de mettre en place sur chacun des deux sites un jardin constitué d’arbres fruitiers, de productions maraîchères et de Plantes À Parfum, Aromatiques et Médicinales (PAPAM). Les jeunes ont passé trois journées dans chaque établissement afin de mener à bien les différentes étapes du projet : préparation du sol (désherbage, labour, épierrage…), plantation (positionnement des nouveaux plants, paillage, arrosage…) et autres opérations techniques comme la pose de supports de palissage ou la mise en place de goutte à goutte.

Des échanges riches et prometteurs

Le travail a été géré avec une grande efficacité. Les élèves réunionnais et mauriciens se sont beaucoup investis ainsi que leurs enseignants, les assistants et les professionnels. Le projet a aussi donné lieu à de nombreux échanges techniques et professionnels entre tous les participants. Échanges qui devraient se poursuivre entre les trois établissements afin de suivre et d’approfondir les techniques utilisées lors de la mise en place de ces deux jardins.

Le Service Diocésain de l’Éducation Catholique Mauricien a émis le souhait de poursuivre le travail de coopération avec le lycée agricole de Saint Paul notamment autour d’une intégration de l’agriculture durable dans leur enseignement. Une extension du partenariat vers l’île Rodrigues pourrait aussi être envisagée.

Cette action de coopération régionale s’inscrit dans le cadre du programme de coopération éducative transfrontalière des établissements du Réseau des Établissements Agricoles Professionnels de l’Afrique Australe et de l’Océan Indien (REAP AAOI) cofinancé par l’Union Européenne et la Région Réunion au titre du fonds Interreg VI.

Kosa i lé INTERREG ?

Le programme INTERREG est le principal outil de la coopération régionale dans l’océan Indien. La Région Réunion en est l’Autorité de gestion depuis 2000. Ce programme permet à La Réunion de tisser des liens avec ses partenaires de la zone dans une logique de co-développement pour répondre aux enjeux globaux de l’environnement et du climat, de la santé, du développement de la recherche, de l’économie, de la formation et de l’insertion professionnelle des jeunes, ainsi que de la valorisation de nos patrimoines culturels. Pour la période 2021-2027, le programme INTERREG VI est doté d’une enveloppe de 62.2 M € de FEDER. Il porte sur 4 priorités stratégiques, la Recherche collaborative & coopération économique (28,9 M €), la Résilience & développement durable (14,3 M €) et l’Inclusion, culture, développement économique & social (16,9 M €), enfin l’Amélioration de la gouvernance de la coopération (2,1 M €).

Contact : Marc Labernardière, Chargé de coopération Europe et international en DAAF-SFD de La Réunion, marc.labernardiere@agriculture.gouv.fr

 

 




Apprendre à agir sur le bilan carbone

Un groupe de sept élèves du Lycée de Château Gontier, tous engagés dans des formations variées allant de la production aquacole à l’agriculture en passant par la vente en animalerie, se souviendront longtemps de leur voyage au Bénin où ils ont vécu une expérience unique, en avril 2024.

Le lycée des métiers de l’agriculture de Château-Gontier (53) de retour au Bénin, qui fait suite à une série d’actions depuis 2012. Les jeunes lycéens mayennais étaient accompagnés de sept élèves béninois et se sont tous lancés dans un projet ambitieux centré sur l’évaluation du bilan carbone en France et au Bénin.

Une coopération inscrite dans la durée

Suite à une première mobilité d’un groupe d’élèves du lycée du Haut-Anjou (à Château Gontier) à destination du Bénin réussie en 2012, une seconde action du même type a eu lieu en 2016, toujours dans le but d’étudier les problématiques agricoles d’un pays d’Afrique subsaharienne. On peut en retrouver le récit de ces actions dans notre rétrospective 2016-2017.

Ces projets s’inscrivaient dans le cadre d’un partenariat déjà bien existant entre l’établissement mayennais et, d’une part, le lycée Medji de Sékou, dans le sud du Bénin, d’autre part le Centre régional de recherche et d’éducation pour un développement intégré (CREDI-ONG*), organisation béninoise ayant pour missions principales la promotion de l’aquaculture intégrée et de l’agriculture paysanne et la protection de l’environnement.

*CREDI-ONG : structure béninoise qui est un acteur important de la promotion de l’agroécologie en Afrique de l’Ouest, en particulier sur la filière piscicole. C’est par leur intermédiaire que viennent chaque année depuis 2017 les services civiques internationaux qui effectuent leur mission en Mayenne.

Ces étapes ont créé les bases d’une forte coopération, qui prend la forme depuis 2017 par l’accueil chaque année au sein de l’établissement français de deux jeunes Béninois en mission de service civique. De belles actions d’ouverture de solidarité et d’ouverture au monde, que nous avons eu à cœur à plusieurs reprises de mettre en lumière au cours de nos précédentes rétrospectives, en particulier celle de 2018-2019.

Choix du Teck pour capter le CO2

Au cœur de cette aventure, une formation théorique sur le bilan carbone a posé les bases intellectuelles de leur mission afin d’apprendre et agir sur le bilan carbone en France et au Bénin. Mais c’est sur le terrain, au sein de la pisciculture, de l’agroécologie et du refuge animalier de la vallée de la Sitatunga, que les élèves ont véritablement plongé dans les réalités concrètes de ces enjeux. De la théorie à la pratique, leur réflexion s’est enrichie grâce à des analyses approfondies et des échanges avec des acteurs locaux passionnés.

La démarche de compensation des émissions de gaz à effet de serre a été un élément central de leur engagement. Avec détermination, le groupe a planté pas moins de 2500 plants de tecks, contribuant ainsi activement à la préservation de l’écosystème local. Le choix du teck s’est avéré être particulièrement judicieux, car cette essence d’arbre capte une quantité importante de CO2 et le stocke même après sa coupe, grâce à son utilisation dans la construction.

De plus, le bois ne sera coupé qu’au bout de 5 ans de croissance, et pendant cette période, il jouera un rôle crucial dans la préservation des forêts primaires contre la déforestation, souvent liée à l’expansion agricole. Le nombre de plans de tecks plantés a permis de compenser les émissions de CO2 du groupe lors de leurs différents trajets, que ce soit en bus ou en avion, soulignant ainsi leur engagement en faveur de l’environnement.

Éducation au développement durable et sensibilisation à la diversité culturelle

Mais ce voyage ne s’est pas limité à des activités strictement éducatives. Les élèves ont également eu l’occasion de découvrir la richesse culturelle et historique du Bénin. De la route des esclaves à Ouidah au centre artisanal de Cotonou, en passant par des rencontres avec des officiels partenaires, dont les maires des différentes communes, et France Volontaires au Bénin, chaque expérience a été l’occasion d’en apprendre davantage sur ce magnifique pays et ses habitants.

Pour valider leur projet, deux posters en double exemplaire ont été réalisés. Un exemplaire de chaque poster est désormais exposé dans les deux pays partenaires, symbolisant ainsi le lien fort qui unit ces deux communautés engagées dans la lutte pour un environnement plus sain.

Enfin, les élèves ont donné vie à leurs réflexions à travers des scénettes portant sur différentes thématiques professionnelles et de la vie quotidienne liées au bilan carbone. Ces scènes ont été capturées en vidéo pour être diffusées auprès des partenaires, des élèves de l’établissement et des parents, témoignant ainsi de leur engagement et de leur volonté de partager leurs connaissances et expériences avec leur communauté.

Transmettre l’ouverture au monde

A leur retour en France, lors de la restitution de leur expérience auprès de leurs camarades dans l’enceinte du lycée, les heureux participants à ce très beau projet ont, à juste titre, exprimé leur gratitude aux encadrants qui leur ont permis de réussir l’aventure.

Parler ici du développement des compétences sociales et personnelles ne sont pas des vains mots : ouverture au monde, renforcement de l’autonomie, adaptation et capacité à travailler en équipe font désormais partie de l’éventail des compétences acquises par ces jeunes qui se souviendront toute leur vie de ce qu’ils ont vécu en Afrique de l’Ouest au printemps 2023..

Retrouvez l’expérience des jeunes en image sur Bénin2024 / FindPenguins retraçant le voyage organisé par le lycée agricole du Haut Anjou à Chateau-Gontier (53) qui a pour but la sensibilisation et l’action environnementale des élèves au Bénin.

Auteurs : René CUINET, Directeur du Lycée des métiers de l’agriculture de Château-Gontier et Julien PICHON, Chargé de coopération européenne et international – DRAAF-SRFD

Contact : Julien PICHON, Chargé de coopération européenne et internationale à la DRAAF Pays de Loire, julien.pichon@agriculture.gouv.fr

 




Semaines de l’Amérique latine et des Caraïbes

Du 16 mai au 2 juin 2024, la France met à l’honneur l’Amérique latine et les Caraïbes à travers la onzième édition des Semaines de l’Amérique latine et des Caraïbes (SALC).

Une occasion de célébrer les liens d’amitié et les intérêts partagés entre nos deux régions, mais aussi de découvrir la richesse et la diversité de ce sous-continent autour d’une riche palette d’événements culturels, scientifiques, politiques, économiques ou simplement festifs.

Choisissez les événements qui vous intéressent sur la carte interactive, ou bien en utilisant le bouton FILTRER pour choisir une date, un thème, une ville, ou un pays concerné. Ou laissez-vous guider par le hasard en parcourant la mosaïque de notre programme.

Consultez la carte et le calendrier des évènements

Retrouvez le programme 2024

Revivez l’expérience des SALC 2023 avec Le programme par parcours  : Agronomie, coopération, solidarité, environnement, climat, Jeunesse, linguistiques, relations internationales… etc

Pour aller + loin – Côté Ressource Coopération décentralisée – Répertoire des partenariats – CUF

CUF : Dynamique Amérique latine et Caraïbes : Lancement du « Répertoire des partenariats de coopération décentralisée » 2024

En 2024, Cités Unies France souhaite constituer la première version du « Répertoire des partenariats de coopération décentralisée » de la Dynamique Amérique latine et Caraïbes (DALC). La DALC, dont sont issus les groupes-pays Argentine et Haïti, vise à renforcer les échanges entre les collectivités territoriales françaises et latino-américaines / caribéennes.