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De la fourche à la fourchette

300 personnes réunies pour les secondes rencontres RIFAS, journées de partage, de témoignage des Alumni Agro et de réflexion entre professionnels et institutions autour de l’innovation et l’employabilité des jeunes au Sénégal, en présence de 12 établissements français de l’enseignement agricole à la rencontre de leurs partenaires.

Alors que le monde traverse des crises majeures, les secteurs agro-sylvo-pastoral, halieutique, agro-alimentaire et vétérinaire représentent au Sénégal une source potentielle d’emplois et de revenus, en particulier pour la jeunesse, et contribuent à la souveraineté alimentaire du pays. Dans cette perspective, le Sénégal développe et professionnalise la formation agricole.

La formation au coeur de l’avenir des jeunes

La France, qui partage les objectifs ambitieux du Sénégal en matière de formation agricole, soutient les réformes en cours avec le concours de l’Agence française de

Interview de l’Ambassadeur de France au Sénégal, M. Philippe LALLIOT

développement (AFD) et de la direction générale de l’Enseignement et de la Recherche (DGER) du ministère français de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (MASA). C’est le sens des deux accords intergouvernementaux signés en 2016, entre le ministère français de l’Agriculture et les ministères sénégalais chargés de l’Enseignement supérieur, d’une part, et de la Formation professionnelle, d’autre part.

Après une première édition réussie en 2018, la deuxième édition des Rencontres Initiatives France Alumni Agro Sénégal (RIFAS) s’est déroulée sur le thème « De la fourche à la fourchette ». Ouverte par l’ambassadeur de France au Sénégal, M. Philippe LALLIOT, elle a été accueillie le 18 octobre 2022 par l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (ISEP) de Thiès. Une nouvelle illustration de l’excellence du partenariat mis en place depuis plus de 6 ans avec les ISEP et leur réseau.

L’originalité s’invite dans l’assiette

Le chef Raoul COLY, parrain de ces rencontres, a marqué cette journée par son intervention et son menu original à base de niébé, sublimant les produits locaux cuisinés avec les apprenants de l’ISEP.

Les Alumni témoignent…

Consacrée aux anciens étudiants (Alumni) de l’enseignement agricole français, la journée a été l’occasion de présenter leurs expériences en France dans des établissements d’enseignement technique et/ou supérieur agricole, et leurs parcours professionnels au Sénégal dans des secteurs clefs. Elle a permis de créer un espace d’échange et de réflexion autour des Alumni sénégalais avec les directeurs et représentants d’une vingtaine d’entreprises, ainsi qu’une trentaine institutions et établissements d’enseignement agricole sénégalais et français, deux catégories d’acteurs essentiels pour cette dynamique d’employabilité des jeunes et d’innovation dans les agro-filières.

Parmi les thèmes discutés :

  • la souveraineté alimentaire avec la problématique de la chaîne de valeur du produire au consommer local,
  • les formations professionnalisantes,
  • la plus-value d’un parcours en France,
  • les voies et moyens pour un retour professionnel réussi au Sénégal,
  • la valorisation et l’animation du réseau France alumni agro Sénégal,
  • la formation des formateurs,
  • l’accueil de jeunes sénégalais dans l’enseignement agricole en France et réciproquement, etc.

Retrouvez les moments forts de la journée à travers la fresque ci-dessous :

 

La journée a également été filmée par la Factory dans la perspective d’un docu-fiction « Agripreneur », qui vise à valoriser les métiers de l’agriculture auprès du public, chacun étant citoyen, mais aussi consommateur.

Enfin, un village des exposants a permis de (re)découvrir une dizaine de structures (OFII, établissements d’enseignement agricole), initiatives (Warwi) et entreprises créées par les Alumni telles que Le Lionceau, Chlorofeel, Nor’pain, etc.

Ces Rencontres Initiatives France Alumni Agro Sénégal (RIFAS), plébiscitées par plus de deux cents étudiants de l’ISEP et une centaine de participants, ont été organisées conjointement par l’ambassade de France au Sénégal et Campus France Sénégal, avec le soutien du ministère français de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (MASA).

Mission de l’enseignement agricole

Les douze établissements français de l’enseignement agricole technique et supérieur, venus avec le réseau Afrique de l’Ouest de la DGER pour cet événement, ont ensuite poursuivi leur semaine en rencontrant près de 70 partenaires de Richard Toll à Bignona.

Parmi les suites à donner : des mobilités réciproques de la communauté éducative, de nouvelles co-constructions de modules de formation, des échanges à affiner sur la gestion des exploitations agricoles rattachées aux centres de formation, etc.

Autant de perspectives à porter ensemble !

Nio far* !

*On est ensemble, en wolof [en langue sénégalaise]

Contacts :

Maryline Loquet, Attachée de coopération – Enseignement agricole, Ambassade de France au Sénégal – maryline.loquet@diplomatie.gouv.fr

Rachid BENLAFQUIH, chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI/DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr




Oser sortir de sa zone de confort !

Angélique Vilsalmon témoigne sur ses choix d’études qui ont bouleversé ses habitudes et le cours de sa vie lorsqu’elle a osé franchir les frontières pour apprendre, découvrir et travailler outre-atlantique et revenir en Europe. Voici sa vision de l’aventure !

Après un bac professionnel Services à la personne et aux territoires (SAPAT), j’ai préparé un BTS Assistant de Manager. Dans le cadre de ce BTS, j’ai saisi l’opportunité d’effectuer un stage de 5 semaines à Malte. J’ai alors découvert et vraiment adoré la vie à l’étranger. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai voulu changer complètement de domaine, pour m’orienter vers les métiers de l’aéroportuaire. Cependant, une maîtrise de la langue anglaise est exigée pour accéder à ce type de formation.

Se perfectionner en anglais

C’est alors que j’ai décidé de partir aux États-Unis pendant 1 an, en tant que Jeune Fille Au Pair et ainsi améliorer mon anglais. Vivre un an aux Etats-Unis a confirmé mon souhait de vivre à l’étranger : j’ y étais épanouie et plus heureuse qu’en France. De retour en France, un mois et demi après, j’étais à nouveau prête à partir.

De retour en Europe, destination Portugal

Pendant deux ans, j’ai travaillé au Portugal en tant que conseillère de réservation. En 2022, je me suis envolée pour la Hongrie, et je vis actuellement à Budapest et tout se passe très bien !

Connaître Budapest et sa région

Travailler à l’étranger me permet de voyager plus facilement, de découvrir le pays, les villes voisines de Budapest, de comprendre la vie, le quotidien des gens. Cette approche est plus enrichissante que lorsque l’on voyage en simple touriste.

Ce qui me plaît le plus à Budapest, c’est l’architecture et les bâtiments le long du Danube, c’est incroyable !

Aujourd’hui, je travaille pour Agoda, une agence de voyage en ligne, qui propose un service de réservation de chambres d’hôtels et de billets d’avion, principalement dans la zone Asie-Pacifique. La langue utilisée dans l’entreprise est l’anglais, mais les échanges peuvent se faire dans d’autres langues pour répondre aux partenaires (français, italien, espagnol, russe, arabe…).

Mon travail consiste à répondre aux emails et aux appels téléphoniques des partenaires, à les assister pour l’utilisation de l’extranet (nouvel accès, paiement, réservation…) et à gérer les disponibilités sur le site. J’ai un contrat pour une durée d’un an, renouvelable.

Nostalgique de la gastronomie française

Ce qui me manque le plus à l’étranger, je dirais que c’est la nourriture française !

Le plus dur a été aux États-Unis, car c’est loin et c’est très cher (ex : un pain au chocolat coûte 4 $, ce qui équivaut à peu près à 4€ !). De retour en Europe, c’est beaucoup plus facile et surtout moins cher d’obtenir des produits français. « Notre » cuisine reste mon péché mignon et c’est là que je me rends compte qu’aucune autre cuisine n’égale la gastronomie française !

Lors de mes expériences dans ces 3 pays, un accompagnement par l’organisme ou l’entreprise d’accueil a facilité l’obtention des documents administratifs nécessaires pour mon séjour (par exemple numéro de sécurité sociale ou numéro d’impôts).

Mes voyages m’ont appris à relativiser, à être plus persévérante, plus patiente pour surmonter les difficultés rencontrées.
Le voyage me forme et je me découvre chaque jour .

Vous pouvez suivre mon périple aux travers de quelques vidéos et sur les réseaux sociaux :
https://www.youtube.com/channel/UCZJFEzom48b5R01XYGzP3og
https://www.instagram.com/angeliquevln/

Sans forcément faire le tour du monde, les jeunes de l’enseignement agricole bougent à l’étranger pour réaliser un stage, une période d’étude pendant leur cursus de formation ou après l’option de leur diplôme. Ils racontent et donnent des conseils sur leurs blogs Moveagri. 




Warwi, de la formation à l’emploi

Le projet Warwi « Outils de pilotage de la formation agricole et rurale (FAR) pour l’emploi décent des jeunes au Sénégal » poursuit sa progression, comme le comité de pilotage a pu le constater le 24 novembre 2021. Le Campus Franco-Sénégalais, grand symbole de la coopération universitaire et scientifique entre nos deux pays, a accueilli cette deuxième rencontre.

D’une durée de deux ans pour un montant de 260 k€ (170,5 millions de francs CFA), ce projet vise le développement d’outils de suivi et de pilotage, mais aussi d’information pour tous les usagers (agriculteurs, entreprises, organisations professionnelles agricoles, organisations de la société civile, autorités, partenaires au développement, etc.) et d’orientation pour les apprenants.

Une cartographie interactive

L’accent a été mis sur les avancées des trois composantes du projet. Parmi les livrables sont à citer le site www.warwi.org accessible librement en ligne. La cartographie interactive répertorie les 258 dispositifs et opérateurs de la formation agricole et rurale répartis sur le territoire sénégalais. Outre les institutions publiques et privées, il s’agit de fermes écoles, GIE, associations, ONG, etc. Une plaquette synthétise les premiers résultats obtenus à travers des infographies, dont le nombre d’apprenants entrants en 2021 en formation initiale et modulaire. La charte graphique a également été définie. Deux ateliers, l’un avec les Maisons familiales rurales, et l’autre, avec l’Université du Sine Saloum El-Hâdj Ibrahima NIASS (USSEIN), deux partenaires de longue date, ont permis d’appuyer des ajustements stratégiques de leur offre de formation pour les rendre plus attractives et efficientes. Une activité pilote a aussi été réalisée au niveau de l’école franco-sénégalaise Dial DIOP pour sensibiliser le corps enseignant à l’éducation sociale, financière et entrepreneuriale agricole. Les jardins scolaires permettent aux maîtres de véhiculer une image positive et rémunératrice des métiers agricoles auprès des plus jeunes.

Warwi – une plateforme, des services

En 2022, la plateforme communautaire www.warwi.org comprendra plusieurs services, dont un moteur de recherche pour faciliter à la navigation de l’usager. Elle s’articulera aussi avec les outils déjà mis en place par les ministères sénégalais associés depuis la conception du projet et tout particulièrement ceux en charge de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la jeunesse.

Des activités seront également portées en région pour promouvoir, à travers Warwi, la formation agricole et rurale auprès des apprenants et des acteurs locaux (collectivités territoriales, entreprises, etc.), en favorisant les innovations ainsi que les dynamiques des territoires.

Financé par le Ministère français de l’Europe et des affaires étrangères, ce projet s’inscrit dans le cadre des accords intergouvernementaux signés en 2016 dans le domaine de la formation agricole entre le ministère français en charge de l’agriculture et les ministères sénégalais en charge de l’enseignement supérieur, d’une part, et de la formation professionnelle, d’autre part. Des accords confortés lors des séminaires inter-gouvernementaux successifs entre le Sénégal et la France.

Cette coopération s’inscrit également dans le cadre de la stratégie Europe et International du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation pour lequel le continent africain constitue une zone prioritaire, ainsi que dans le cadre des 4 engagements pour l’Afrique de l’enseignement agricole français, formalisés suite au discours de Ouagadougou prononcé par le président Macron le 28 novembre 2017 à l’Université de Ouagadougou.

Contacts :

Maryline Loquet, Attachée de coopération – Enseignement agricole, Ambassade de France au Sénégal – maryline.loquet@diplomatie.gouv.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr

 

Précédent article sur le lancement du Projet : https://portailcoop.educagri.fr/warwi-started/




Une opportunité à 12 000 km

Le mois de juin 2015 a transformé la vie de Valentin. Il est touché par l’accueil, l’hospitalité et la convivialité de ces chiliens qui « ne roulent pas sur l’or » mais qui partagent généreusement leur quotidien.

Dans le cadre de son BTS aquacole à l’EPL du Morvan, Valentin Moret effectue son stage professionnel à Coyhaique, dans une ferme salmonicole de Patagonie.  La volonté des Chiliens de maintenir leur culture et leurs traditions, de la danse Cueca, des musiques Chamamé de Patagonie ou de la Tonada avec la harpe, en passant par le rodéo,  force selon lui le respect.

Du stage au Service Civique

Durant le stage, les multiples différences avec  l’aquaculture en France l’intriguent ; les méthodes de travail comme les 45h de travail horaires hebdomadaire mais surtout la technologie moderne, lui qui avait entendu parler d’un pays en voie de développement.

Diplômé l’année suivante, il se lance sur le marché du travail français et malgré des entretiens dans tout l’hexagone, le bilan reste mitigé. Alors qu’il entend sa famille lui répéter : « profites tant que tu es jeune », il rencontre un étudiant chilien venu en France grâce à un Service Civique réciprocité. Béatrice Morel, alors animatrice du réseau Chili lui parle du dispositif. A l’automne 2017, il valide, pour un départ l’été suivant, le projet Service Volontaire au Chili proposé par l’enseignement agricole. Qui dit Service Civique dit mission : ce sera l’enseignement de la langue française à Duao, dans la région du Maule. Ainsi, en juin 2018, il se retrouve à dispenser des cours au lycée agricole de Duao, partenaire historique de son établissement et relais de son stage.

Cette année s’avère riche en expériences : il évoque tant le partage avec les collègues que les riches échanges avec les élèves qui lui témoignent confiance et respect. D’ailleurs une fois sa mission annuelle effectuée, et vu l’intérêt suscité auprès des élèves, la direction lui propose de continuer.

« Je me sentais utile, jamais je n’aurais pensé auparavant me retrouver face à des élèves, ça m’a plu, je me suis dit, allons-y »

Il s’installe donc sur place, au Chili, à 12 000 km de sa vie en France.

Du Service Civique à l’enseignement

Depuis, il vit à Talca, dispense environ 27h de cours de français hebdomadaire plus 14h d’atelier de sciences et de découverte de la culture française. Valentin propose le rendez-vous hebdomadaire : « L’académie française », pour découvrir la culture et l’histoire de France à travers des vidéos, des diaporamas et des jeux, des musiques ou des énigmes, ainsi que des repas à thème ou encore des histoires populaires telles que « La bête du Gévaudan », « Le pirate François l’Olonnais » ou encore « Le diamant bleu de la Couronne ».

Quant aux éventuelles difficultés rencontrées ? Elles sont de deux ordres répond Valentin. D’un côté la langue, alors qu’il parlait espagnol, il a découvert le Chilien et son « modismo », ses multiples mots spécifiques au pays. D’un autre, un système bureaucratique « comme le notre » où les démarches administratives peuvent s’avérer laborieuses et où l’obtention d’un visa peut prendre une année.

Désormais, il se sent appartenir à une grande famille soudée. Il rappelle qu’avec son BTS, il ne disposait d’aucune formation d’enseignant et bien qu’il ait appris « sur le tas », cela s’est très bien passé. Il est ravi d’avoir avancé ainsi ; en pratiquant, sans avoir eu recours à de longues années d’études théoriques.

Enfin, si 2020 lui a paru ennuyante, pour rappel, les élèves ont passé l’année scolaire entière en distanciel de mars à décembre.

La rentrée de janvier 2021 s’est tenue et la situation s’améliore. Pourvu que cela dure !

Si vous passez à Talca, n’hésitez pas à contactez Valentin : v.moret77@laposte.net

Contact : Wiliam Gex, animateur du réseau Chili – wiliam.gex@educagri.fr