Ensemble, cultivons l’entreprenariat !

Les centres de formation agricole des pays de la zone Afrique Australe – Océan Indien, comme dans tous les pays d’Afrique Subsaharienne, se mobilisent pour que les jeunes et les adultes réussissent leur entreprenariat à la sortie de leur parcours de formation.

C’est pour cette raison que les 90 établissements, membres du réseau de coopération régionale REAP AAOI – Réseau des Établissements agricoles Professionnels d’Afrique Australe et les îles du sud ouest de L’Océan Indien – ont choisi de se retrouver lors de leur 5eme conférence internationale qui s’est tenue du 8 au 12 septembre 2024 à Ampefy Madagascar autour du thème : « L’enseignement agricole, l’articulation nécessaire entre la recherche appliquée, l’innovation, la formation et l’entreprenariat ».

 

Sur 4 jours, les membres du réseau REAP AAOI ont suivi des interventions sur des retours d’expériences qui leurs ont permis de partager leurs expertises et découvrir les outils et dispositifs favorisant la réussite de l’entreprenariat des jeunes mais aussi des adultes en formation agricole dans leurs centres.

Le président du réseau FAR Madagascar a rappelé les 3 étapes nécessaires pour réussir son projet entrepreneurial en agriculture : la pré-installation, l’incubation et l’accélérateur d’entreprise.

Les participants ont pu appréhender les différents dispositifs d’accompagnement des apprenants existants au sein du réseau REAP AAOI permettant la réussite des projets entrepreneurial à la sortie du parcours de formation.

L’EFTA de Toamasina a en particulier présenté son incubateur. Il a été possible pour ceux venus au Salon de L’Agriculture, qui se tenait sur Tananarive, de rencontrer les jeunes entrepreneurs issus de cet incubateur.

 

Les dispositifs pour aider les paysans et entrepreneurs installés à consolider leur projets, en intégrant les innovations, ont également été présentés comme les réseaux de transfert, les parcelles pilotes et les journées de vulgarisation organisées par les centres de formation agricole.

Les participants ont aussi pris part activement à plusieurs ateliers thématiques. Des visites de terrains ont permis de mesurer in situ les problématiques associés aux projets entrepreneuriales sur Madagascar et comprendre les facteurs de réussite ainsi que les freins.

La conférence a permis également d’accueillir 3 nouveaux membres : Terre d’agroécologie de Maurice (ex Académie du Vélo Vert), Ecole du Monde Campus de Besely à Madagascar et le lycée agricole St Gabriel de l’Ile Rodrigues.

La conférence a donné lieu, suite aux conclusions d’un world café, à l’établissement d’un programme de formation pluriannuel des directeurs de centres REAP AAOI  et de leurs formateurs techniques. Ce programme sera mise en œuvre par les établissements français de Mayotte et de la Réunion qui solliciterons les fonds européens des programmes INTERREG VI de La Région Réunion et du Département de Mayotte.

Cette conférence a été encore le lieu de nombreux échanges informelles qui permettent de tisser des liens entre les chefs d’établissements du REAP AAOI  mais aussi avec leurs partenaires.

Le Bureau des Relations Européennes et de la Coopération Internationale de la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche (Ministère de l’ Agriculture de la Souveraineté Alimentaire et de la Forêt Français) était présent et représenté par le chargé de mission Afrique Subsaharienne et deux animatrices des réseaux :  le réseau CEFAGRI et le réseau géographique AAOI. Ces dernières ont permis d’envisager des synergies pour la mise en œuvre des programmes de coopération du réseau REAP AAOI, en associant si besoin les établissements agricoles des autres régions françaises.

Retrouver les moments clefs de cet évènement sur le site de FORMATERRA.

Article rédigé par Didier RAMAY Agronomie Coopération Internationale FORMA’TERRA SAINT PAUL REUNION, didier.ramay@educagri.fr

Contact : Agnès ESTAGER, Animatrice du réseau Afrique Australe /Océan Indien – AAOI, agnes.estager@educagri.fr

Rachid Benlafquih, chargé de coopération Afrique subsaharienne/ECSI/expertise à l’international au BRECI/DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr




TIEA – 3 Équipes internationales au SIA 2025

3 pays Italie / Chili / Argentine concourent en équipe avec leur établissement partenaire français au TIEA – SIA 2025

  • Equipe d’Italie : INSTITUT AGRICOLE REGIONAL D’AOSTE en partenariat avec le Campus Agro-Viticole de la Charente (Angoulême)
  • Equipe du Chili : LICEO EL HUERTON de LOS ANGELES Chili en partenariat avec le Lycée agricole LEAP St-Cair de Derval (44)
  • Equipe d’Argentine : ESCUELA EDUCACION TECNICA -SALTA, Argentine en partenariat avec le Lycée agricole LEGTA de Pau-Montardon (64)
Retrouvez les représentants des 3 établissements internationaux dans les stalles de présentations, toute la semaine du salon et lors de la présentation finale du concours
Dimanche 2 mars 2025 – SIA 2025,  Hall 1

Le Trophée International de l’Enseignement Agricole (T.I.E.A.) vise différents objectifs :

  • Valoriser le travail réalisé dans les établissements d’enseignement agricole pour la formation des élèves
  • Valoriser l’enseignement pluridisciplinaire (enseignement technique, enseignement d’expression française, enseignement socioculturel, enseignement des Technologies de l’Informatique et du Multimédia (T.I.M.), enseignement des langues étrangères, …)
  • Renforcer le partenariat entre enseignements et professionnels français [et étrangers]

Le Trophée International de l’Enseignement Agricole comprend des épreuves écrites et pratiques se déroulant en amont et pendant le Salon International de l’Agriculture.

  1. Communication :
    • Réalisation d’une vidéo et rédaction du pitch
    • Animation et décoration de la stalle + stalle du pays partenaire si participation avec une équipe étrangère
  2. Manipulation d’un bovin en toute sécurité
  3. Présentation sur le ring
  4. Notation du comportement des apprenants sur le salon

En savoir plus sur les épreuves du concours

Section établissements étrangers : L’épreuve peut se faire soit en français, soit dans la langue maternelle de l’équipe. Dans ce cas-là, un sous-titrage doit être fourni qui sera projeté sur l’écran lors de la diffusion sur le ring. En savoir plus sur le règlement du concours

A lire les articles sur les lauréats du TIEA (Lauréats 2024 : INSTITUT AGRICOLE REGIONAL D’AOSTE) international 2024 et les précédentes éditions




Une visite stratégique

Une délégation chinoise du bureau de l’économie rurale du centre d’études stratégiques (DRC), composée d’un vice-ministre et de ses collaborateurs, s’est rendue, le mercredi 11 décembre 2024, au Campus NaturAlim de Chartres afin d’y découvrir l’enseignement agricole. Leur objectif : connaître notre modèle de formation professionnelle agricole et son rôle dans le développement rural du territoire et la généralisation des nouveaux modèles de production agricole durables.

La visite a débuté très officiellement dans la salle des conseils du lycée par un temps d’échanges pour apprendre à se connaître. Durant la présentation par le directeur, M. Bertholon, de son EPL, M. le Vice ministre Zhang et Mme la directrice générale adjointe Cheng se sont particulièrement montrés curieux sur ce qui anime un établissement agricole tel que la gestion financière d’un établissement public agricole, le niveau d’accessibilité pour devenir agriculteur et le système de l’apprentissage en France ou le défi du renouvellement des générations d’agriculteurs et enfin les poursuites d’études après le bac et après un BTS.

Durant la présentation de la directrice de l’exploitation, Mme Isac, les membres de la délégation ont poursuivi leurs questions sur l’agriculture biologique, les stratégies culturales et l’impact de la vente directe.

Visites des plateformes techniques

Durant les visites du hall agroalimentaire et de l’exploitation, la délégation a pu voir des apprenants en action, dans les halls, où des étudiants en licence réalisaient plusieurs travaux pratiques sur l’efficience dans la construction d’une chaîne de production agro-alimentaire. Les visiteurs se sont montrés curieux sur les débouchés offerts par cette formation et le nombre d’heure de pratique imposé dans le cursus.

Au cours de la visite de l’exploitation, ils n’ont pas hésité à aller dans la boue pour voir la zone de maraîchage qui, comme vous vous en doutez en hiver, était assez peu fourni en légumes. Ils ont posé des questions sur les débouchés possible des légumes produits et le lien crée avec le territoire grâce aux ventes.
Ils ont aussi souhaité visité le vieux corps de ferme datant de 1870, et sont tombés sous son charme. Ils ont aussi posé des questions sur le rôle des coopératives dans l’achat et la revente de la production de la ferme ainsi que sur le système des CUMA*.

*Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole (CUMA)

Un repas qui scelle des échanges riches et prometteurs
Une fois n’est pas coutume, c’est la délégation chinoise qui a offert l’apéritif en France ! En effet, ils avaient gentiment apporté une bouteille de champagne acquise, la veille, lors d’une visite d’un grand vignoble autour de Reims. En plats très français, le chef avait préparé une poule au pot et une tarte aux pommes, qui furent très appréciées. La découverte du fromage de chèvre les a quelque peu déroutés, mais ils voulaient absolument essayer quand ils ont appris que c’étaient d’anciens élèves qui les avaient préparés.

Le repas fut propice à de nouvelles questions de la part de Mme Cheng sur les points autour de la gestion d’un établissement qu’elle voulait préciser, notamment le fait que nous puissions proposer des formations générales, technologiques et professionnelles au même endroit, ce qui la surprenait beaucoup.

Anecdotes historiques

M. Gérard Martin, le technicien responsable du hall agroalimentaire qui nous a fait la visite, s’est rendu plusieurs dizaines de fois en Chine afin d’aider à la valorisation de la production de pommes. Il est notamment parti deux fois, mandaté par le Bureau des relations européenne et des relations internationales, pendant 2 mois dans le Shaanxi au début des années 2000.

La présentation de l’histoire autour de la poule au pot et de son lien à Henry 4, qui avait démocratisé ce plat le dimanche pour que tous aient accès à de la viande une fois par semaine, nous a permis de faire un aparté sur la loi Egalim et les attendus des circuits courts. Ils ont trouvé les mesures de cette loi très intéressantes.

Cette visite, organisée en concertation avec les conseillers aux affaires agricoles (CAA) du pôle agro-alimentaire du Service économique régional de l’ambassade de France en Chine, a rempli ses deux principaux objectifs.
Premièrement, grâce aux explications des personnels du Campus NaturAlim de Chartres, les responsables chinois ont trouvé les réponses aux questions qu’ils se posaient sur le lien entre l’enseignement agricole et son territoire.
Deuxièmement, grâce à la qualité de l’accueil offerte par le personnel de l’Établissement agricole, ce bureau chinois très proche des instances dirigeantes du pays, va intégrer dans ses réflexions futures, des discussions avec les représentants français en poste à l’ambassade de France en Chine.
Contact : Max MONOT, réseau Chine de l’enseignement agricole, max.monot@educagri.fr



Deux proviseurs au Kazakhstan…

Deux directeurs d’établissements agricoles français participent au projet Agrisen, dont l’objectif final est de structurer une plateforme de formation associée à un modèle de business pérenne qui permettra de répondre aux besoins de renforcement du capital humain de l’agriculture au Kazakhstan.

Le projet Agrisen est une initiative réunissant des universités et établissements d’enseignement secondaire et supérieur ainsi que des entreprises privées kazakhstanaises, l’Ambassade de France au Kazakhstan et le Ministère français de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire (MASA-Direction générale de l’enseignement agricole et de la recherche) via son réseau CEFAGRI.
L’initiative se focalise sur l’apprentissage des savoir et savoir-faire fondamentaux identifiés comme lacunaires et essentiels pour le développement de l’agriculture kazakhstanaise, à savoir les agritechnologies, le machinisme agricole, les langues (anglais et français), les soft-skills (ouverture au monde, gestion des conflits). Par ailleurs, l’initiative aura également pour effet secondaire de renforcer l’attractivité des métiers du vivant au Kazakhstan en démontrant leur caractère innovant, technique et permettant à leurs acteurs d’évoluer dans leur carrière.

Le projet se développe à la fois à distance et en présentiel, par des réunions en visioconférence ou à l’occasion du Salon international de l’agriculture à Paris par exemple, mais aussi avec des webinaires réunissant les différents acteurs, et lors d’une première mission en avril 2024, co-financée par le MASA.
Pierre Virmont, directeur de l’EPL de Saint-Gaudens, et François Piperaux, directeur du CFPPA de Toulouse Auzeville, participent à différentes étapes de ce projet en tant qu’experts de l’enseignement agricole.

Des webinaires pour amorcer la coopération

Un premier webinaire s’est tenu le 27 février 2024, avec les acteurs locaux afin de faire émerger une vision commune des enjeux d’attractivité des métiers de l’agriculture. L’expérience française de “L’Aventure du Vivant” a pu nourrir les échanges.

Un second webinaire, le 4 avril 2024, a permis de travailler sur le sujet de la relation entre les établissements de formation et les acteurs privés concernant les questions d’éducation, les pédagogies mises en oeuvre. À l’issue de ce webinaire, la co-construction de curricula de formation avec les entreprises et l’expérimentation et la diffusion du modèle de l’apprentissage ont été relevées comme fondamentales.

Une première mission au Kazakhstan

Après quelques visites de terrain, un atelier de lancement du projet Agrisen a eu lieu à Astana, à Kazakh AgroTechnical University named after S.Seifullin, le 23 avril 2024. L’événement, ouvert par le recteur de l’Université, a réuni, aux côtés des deux experts du réseau CEFAGRI, la Conseillère aux affaires agricoles Marie-Agnès Amos, le CEO de Valeur-Tech Pierre Poullain, les représentants de la holding agricole AITAS Ruslan Zhemkov et Aliya Svanova, ainsi que les représentants d’entreprises kazahstanaises du secteur agricole, des enseignants et des étudiants de l’université.

Les participants ont activement discuté des besoins des entreprises et des problèmes du secteur agricole du Kazakhstan. Les experts français ont présenté le système d’enseignement agricole français, qui intègre à la fois une formation théorique et le développement de compétences pratiques.
Ils ont mis en oeuvre un travail stratégique, co-construit avec les acteurs locaux (entreprises, universités, agro-collèges, étudiants). La définition de curricula de type Brevet professionnel Responsable d’entreprise agricole (BPREA) a été retenue comme axe prioritaire pour le projet afin de structurer les programmes de formation des agri-collèges, mais également les formations professionnelles courtes dans une logique modulaire. Par ailleurs, il a été recommandé de travailler à un modèle de business pérenne sur une logique d’Opérateur de Compétences.

Un projet qui s’étoffe

Dans ce cadre, une mission d’études est prévue pour fin octobre 2024 afin d’échanger avec les opérateurs français sur ces questions.
Le travail de définition des curricula est quant à lui amorcé avec la contribution active en distanciel de l’équipe pédagogique de l’EPL de Saint-Gaudens et de l’université Kazatu, avec l’identification des situations professionnelles significatives, en lien avec les productions animales et végétales ainsi qu’avec la gestion et les infrastructures de l’exploitation/entreprise agricole. Il devrait aboutir, sur la base du BPREA, à la définition de curricula de formation niveau “chef de cultures”, adaptés au contexte kazakhstanais et support de formation initiale (agro-collèges) et professionnelle.

Pierre Poullain, point de contact entre Agrisen et le MASA pour ce projet, en présente la genèse ainsi que les partenaires techniques et financiers.

« L’initiative Agrisen est née du constat des entreprises du secteur agricole Kazakh de l’écart entre les besoins de capital humain nécessaires pour garantir la mise en oeuvre des nouvelles technologies, la transition des pratiques agricoles avec le déficit de compétences modernes des étudiants et des personnels en poste. L’entreprise AITAS, leader de la volaille de chair dans le pays, a impulsé ce projet dans une logique collaborative en associant d’autres partenaires fondateurs : Universités, Collèges Agricoles et Entreprises. La France a constitué le partenaire institutionnel naturel de l’initiative, particulièrement pertinent au regard de ses compétences spécifiques (productions céréalières, élevage, nouvelles technologies, durabilité), son positionnement mais également de la spécificité et la qualité de son enseignement agricole. »

Parmi les prochaines étapes, est aussi prévue au Kazakhstan une mission de formation menée par un expert de l’enseignement agricole français sur les outils d’intelligence artificielle en agriculture.

L’ambassade de France au Kazakhstan, via son service économique et la Conseillère aux affaires agricoles, exprime son soutien à cette initiative, qui deviendra sans aucun doute un exemple de coopération franco-kazakhstanaise réussie dans le domaine de l’agriculture, l’un des domaines prioritaires pour les deux pays.

Crédit Photographique photo de tête d’article : Paysage de steppes – site du Guide du Routard

Contacts : Rachid Benlafquih, chargé de coopération Afrique subsaharienne/ECSI/expertise à l’international au BRECI/DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr, Vanessa Forsans, animatrice du réseau CEFAGRI, vanessa.forsans@educagri.fr, Évelyne Bohuon, animatrice du réseau Arménie Kazakhstan, evelyne.bohuon@educagri.fr