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Expertise au Cameroun

Nicolas Bastié, directeur de l’EPL de Toulouse Auzeville, a participé, fin mai 2022 au Cameroun, à l’étude d’analyse organisationnelle et prospective de la pérennisation institutionnelle du dispositif rénové de formation et d’insertion agricoles, dans le cadre de la 3ème phase du programme AFOP .

Qu’est-ce que le programme AFOP ?

Lancé en 2008, le programme d’appui à la rénovation et au développement de la formation professionnelle dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (AFOP) est l’un des 3 programmes du Cameroun financés dans le cadre du Contrat de Désendettement et de Développement (C2D). Il vise à moderniser le secteur agropastoral en adaptant l’offre de formation aux besoins et aux demandes du monde rural en termes qualitatif, quantitatif et géographique.

Après une phase d’élaboration des référentiels et une autre concernant l’insertion

professionnelle des jeunes diplômés, le programme est entré dans une troisième phase ayant pour objectif la pérennisation institutionnelle de ce dispositif de formation. Cet objectif amène les parties prenantes à poser un ensemble de questionnements d’ordre stratégique, opérationnel et financier.

Des missions d’expertise sont ainsi menées par divers personnels de l’enseignement agricole français, en partenariat avec l’IRAM (Institut de Recherches et d’Application des Méthodes de développement).

En quoi a consisté cette mission d’expertise ?

Nous avons visité 4 centres de formation situés dans les régions Centre et Sud du Cameroun, à Sangmélima, Evodoula, Endoum et Akono. Sur ces différents sites, nous avons rencontré le directeur ou la directrice, l’équipe pédagogique, le personnel d’appui ainsi que les membres conseil que sont le chef de village, un(e) représentant(e) de la mairie, le délégué d’arrondissement en agriculture et élevage, un représentant des jeunes insérés.

Les échanges avec ces différents acteurs ont permis de mettre en évidence les principales forces, mais aussi les points de vigilance, et enfin les pistes de pérennisation du dispositif de formation agricole.

Que retenez-vous de cette mission ?

On peut dire que c’est une belle réussite d’accompagnement. Le programme AFOP est quelque chose d’exemplaire. On a de nombreux témoignages sur place qui démontrent la pertinence de ce programme. Tout simplement, on voit des jeunes qui se tournent vers l’agriculture, dont les métiers ne sont pas forcément bien valorisés au Cameroun, et qui aujourd’hui sont heureux et fiers de réaliser ce travail, qui produisent et arrivent à fournir leur village en fruits, légumes et viande ou encore en lait. Les marchés sont riches et variés. Donc il y a vraiment une plus-value et une pertinence de ce qu’a réalisé AFOP. Je pense qu’il peut servir d’exemple pour d’autres pays. La question maintenant est de savoir comment cela peut se pérenniser et comment ce programme se portera une fois qu’AFOP arrivera à échéance.

Que vous a apporté cette mission  ?

Partir à l’étranger permet de se questionner sur notre fonctionnement et de mieux comprendre l’intérêt de certaines choses chez nous. Je me suis rendu compte par exemple que le rôle du service des examens est essentiel pour la mise en place d’un enseignement, que le rôle de l’inspection est aussi primordial parce qu’il organise tout le contrôle et les orientations stratégiques et pédagogiques. On voit aussi la pertinence de l’échelon régional pour la dimension territoriale des formations.

Propos recueillis par Vanessa FORSANS, animatrice du réseau CEFAGRI, vanessa.forsans@educagri.fr

Contacts : Rachid BENLAFQUIH, chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI/DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr




Faculté béninoise s’intéresse aux services civiques

Le service civique en réciprocité … un véritable levier d’intensification des mobilités entre la France et le Bénin et renforce le continuum entre l’enseignement technique agricole et l’enseignement supérieur agricole. Focus sur l’intérêt exprimé par la Faculté des sciences Agronomiques de l’Université Abomey Calavi au Bénin.

Le jeudi 13 mai 2022, le lycée agricole Honoré de Balzac de Castelnau le Lez a accueilli une délégation de la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) l’Université d’Abomey Calavi (UAC), de l’Université de Lorraine et de l’Institut Agro Montpellier qui s’est tout particulièrement intéressée aux étudiants béninois en service civique : Nansirine Ismaïnou et Isaac Bognon.

Intégrer la culture entrepreneuriale dans la formation supérieure

    La visite s’inscrit dans le projet BIOVALOR « Renforcement de la démarche compétences et de la culture entrepreneuriale dans la formation supérieure agronomique à la Faculté des Sciences Agronomique de l’UAC : leviers pour l’insertion professionnelle et le développement de la bio-économie au Bénin ». Le projet BIOVALOR est soutenu par le programme « Partenariats avec l’Enseignement Supérieur Africain » (PEA), géré par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et financé par l’Agence Française de Développement (AFD). Il s’agira notamment de revisiter les curricula des formations de la FSA afin d’améliorer l’insertion des jeunes diplômés dans 6 filières cibles (riz, ananas, anacarde, fonio, karité et sisré), de développer des recherches en lien avec les besoins exprimés par les structures employeuses des diplômés de la FSA et de contribuer à l’émergence d’un village entrepreneurial.

BIOVALOR rime avec mobilité

Afin d’accélérer l’identification des réformes à mettre en place, le projet BIOVALOR va financer sur quatre années des mobilités d’étudiants de la FSA vers l’Institut Agro Montpellier et l’Université de Lorraine. Il s’agira à la fois de faciliter l’acquisition de compétences particulièrement utiles aux besoins des filières, mais aussi de les inscrire dans le dispositif Erasmus+ avec une reconnaissance des crédits obtenus par l’Université d’origine de l’étudiant.

Or des mobilités ont déjà démarré entre la FSA et le lycée de Riscles dans le Gers, entre l’Université Nationale d’Agriculture du Bénin et le lycée de Castelnau Le Lez. Ce sont de jeunes étudiants béninois, sélectionnés en fonction de leur projet personnel, et des besoins des lycées qui effectuent un séjour financé par le dispositif de service civique, avec l’appui du réseau Afrique de l’Ouest de la DGER, et en lien avec France Volontaire ainsi que l’Agence du Service Civique.

Nansirine maîtrise la production végétale biologique

Nansirine nous a présenté ses activités dans la serre du lycée avec son maitre de stage M Picasso. Elle maitrise l’ensemble des activités de production et de vente et participe activement à la formation des élèves du lycée. Aimé Bokonon Ganta, Vice-Doyen  de l’Ecole des Sciences et Techniques de la Production Végétale de la FSA et entomologiste a pu apprécier combien Nansirine maitrise l’ensemble des méthodes de lutte biologique utilisées dans la serre.

Issac acquiert de la pratique

Le domaine d’Isaac est positionné dans la halle de technologie alimentaire. Il dispose déjà d’une licence en technologie alimentaire mais avec très peu de pratique. Or au lycée de Castelnau Le Lez, il a pu non seulement maitriser l’ensemble des appareils de transformation, superviser le travail des élèves, les former à l’assurance qualité et acquérir également une certification pour gérer certains appareils comme l’autoclave.

Le doyen de la FSA, M. Bonaventure Ahohuendo et l’ensemble de la délégation sont repartis enchantés de cette visite d’autant que la directrice adjointe du lycée, Mme Chavagneux, a pu donner à la fois un aperçu des activités du lycée et du dispositif d’enseignement technique agricole dans son ensemble.

Ce dispositif d’accueil des étudiants en service civique dans l’enseignement technique agricole français s’inscrit dans une politique plus large de coopération avec le Bénin. Cette action de coopération n’est pas isolée. Les lycées agricoles, avec l’accompagnement du réseau Afrique de l’Ouest de la DGER, coopérant avec de nombreux pays africains (Côte d’Ivoire, Sénégal, Burkina Faso, Madagascar …) échangent régulièrement ce qui fait que l’enseignement technique agricole dispose déjà d’une belle expérience et expertise dans ce domaine. C’est ce qu’a expliqué Serge Misericordia, enseignant et coordinateur des actions partenariales avec le Bénin, lors de la visite.

Il s’agira maintenant d’explorer les synergies entre les mobilités de service civique et les mobilités soutenues par BIOVALOR pour que les idées et projet de Nansirine, d’Isaac et de leurs jeunes collègues deviennent réalité. Nous allons y travailler dans la mise en œuvre du projet BIOVALOR a assuré Guido Rychen directeur de l’ENSAIA de Nancy et Jean-Luc Bosio chef du service des relations internationales à l’Institut Agro Montpellier.

Enseignement technique et supérieur : une complémentarité

Cette synergie entre établissement d’enseignements technique et supérieur est déjà une réalité a rappelé Jean-Luc Bosio en présentant à nouveau Stécyna Kiki, animateur du projet BIOVALOR au Béninui et présent à la visite. Stécyna est animateur et employée par l’Université de Lorraine. Originaire du Bénin, elle est venue étudier en BTS agricole à Arras, a suivi une « prépa » au lycée agricole de Quétigny près de Dijon et a intégré le cursus SAADS de l’Institut Agro Montpellier en 2012. Plusieurs étudiants étrangers choisissent cette complémentarité entre enseignement technique et supérieur agricole en France. Certains recherchent même une première expérience de travail dans un lycée agricole en France comme Mansour Sow directeur de l’exploitation du Neubourg en Normandie ou Alain Yao à l’EPLEFPA de Limoges.

Est-ce que Nansirine et Isaac suivront cette voie ?

Nous allons tenter de voir comment mieux intégrer les mobilités de service civique dans les cursus de l’Université d’origine, peut être imaginer des parcours de mobilité au niveau licence puis master a assuré les réprésentants de la délégation qui ont chaleureusement remercié toute l’équipe du lycée.

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Contacts : Jean-Luc BOSIO, Chef du service des Relations Internationales et des Langues / Institut Agro Montpellier, jean-luc.bosio@supagro.fr

Vanessa Forsans, Enseignante au LEGTA Le Chesnoy / co-animatrice du réseau Afrique de l’Ouest – animatrice du réseau CEFAGRI de l’enseignement agricole, vanessa.forsans@educagri.fr

Jean-Roland Arbus, Agronome au Legta La Vinadie – 46100 Figeac/ Co-animateur réseau Afrique de l’Ouest de l’enseignement agricole, jean-roland.arbus@educagri.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé des programmes Afrique Subsaharienne et Océan Indien, Expertise publique et soutien aux professionnels à l’international, Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI)/Jeunesse (MASA-DGER-BRECI), rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr




AgreenMob – 4ème édition

L’accueil d’un nouveau partenaire universitaire fait entrer l’agroforesterie dans la 4ème édition de l’aventure AgreenMob.

Alors que la 4e édition du programme AgreenMob* est désormais lancée, nous sommes heureux de compter un nouveau partenaire sénégalais avec l’Université Assane Seck de Ziguinchor à travers le département d’agroforesterie. Les étudiants sénégalais pré-sélectionnés par leur établissement ont pu postuler jusqu’au 4 février 2022 en vue de poursuivre leur parcours en France dans une des écoles d’enseignement supérieur en agriculture au sens large.

27 places sont ouvertes à ce jour. Cette aventure humaine, qui vise à améliorer l’internationalisation des formations pour une meilleure compétitivité sur la scène mondiale, contribue à faire vivre la coopération entre nos deux pays conformément aux quatre engagements de l’enseignement agricole pour l’Afrique.

Étudiants et jeunes professionnels qui partagent leur ressentis

Écoutez les témoignages des étudiants, Binetou, Momar, Ndéyé et Aïcha

 Et les alumni, Siny, Mor, Malick et Moustapha : que sont-ils devenus ?

Pour connaître le parcours des anciens étudiants qui ont suivi un parcours d’étude en France et connaître le chemin qu’ils ont suivi, retrouvez les derniers portraits des alumni qui expliquent leur choix de l’enseignement agricole en France et leur insertion professionnelle au Sénégal.

  • Siny Samba, CEO Le Lionceau, alumni de IA M, répond sur son choix pour l’enseignement agricole :

Visionnez son second témoignage sur son insertion professionnelle : https://youtu.be/9XOIkEa23aE

  • Mor Talla Sall, Directeur Plantation CSS, Alumni de IA M

Choix de l’enseignement agricole pour Mor Talla Sall : https://youtu.be/SfUFc97YQjM

Son orientation professionnelle

  • Malick NDIAYE, DG La Banque Agricole, alumni de APT

Le choix de l’enseignement agricole pour un Directeur général d’une banque

Le profil professionnel de Malick : https://youtu.be/BUOfZCwDpzE

  • Moustapha Diop, Coordonnateur collecte du lait pour La laiterie du berger, Alumni de ESA Angers

L’expérience dans l’enseignement agricole de Moustapha : https://youtu.be/pf5FA0Q1LUc

Qu’elle a été la trajectoire de Moustapha, entre son parcours dans l’enseignement agricole et son poste de Coordonnateur aujourd’hui :

 

Pour en savoir plus sur le programme (témoignage d’étudiants, mode de recrutement, calendrier, etc.) : https://www.agreenium.fr/international/projets/AgreenMob

AgreenMob *programme lancé depuis 2019 et porté par l’Alliance Agreenium de recrutement concerté avec leur établissement d’origine au Sénégal (UCAD/ESP, UGB, UT/ENSA, EPT et UASZ) d’élèves ingénieurs sénégalais en agrobiosciences.

Contacts :

Maryline Loquet, Attachée de coopération – Enseignement agricole, Ambassade de France au Sénégal – maryline.loquet@diplomatie.gouv.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr




Des alumnis sénégalais de l’enseignement agricole français témoignent

L’enseignement agricole français est heureux de vous présenter trois de ses Alumni. A travers leur témoignage, Fatou SECK, Joseph BASSAMA et Stéphane QUENUM évoquent leur formation et leur plus-value pour l’insertion professionnelle à leur retour au Sénégal, leur pays d’origine. Ils racontent combien leur parcours diversifié et riche leur a permis de se distinguer sur la place dans leur structure, mais aussi pour oser se lancer dans l’entrepreneuriat. Ils encouragent les étudiants sénégalais à murir leur projet et à chercher des complémentarités aux formations qu’ils ont suivies au Sénégal dans l’enseignement agricole français. Ils montrent aussi les bénéfices du dispositif pour l’employeur.

Nous vous invitons à partager leur expérience…

Fatou SECK, Responsable QHSE chez SOBOA (Dakar), Alumni de Institut agro – Montpellier

  • Le choix de l’enseignement agricole en France

  • L’insertion au Sénégal  des Alumni de l’enseignement agricole en France

Joseph BASSAMA, Maitre de conférence en génie des procédés alimentaires Chef de la section technologie agroalimentaire à UGB (Saint Louis), Alumni de Institut agro – Montpellier

  • Le choix de l’enseignement agricole en France

  • L’insertion au Sénégal  des Alumni de l’enseignement agricole en France

Stéphane QUENUM, Co-gérant de ESTEVAL (Dakar), Alumni de Maison familiale rurale et de l’ISARA

  • Le choix de l’enseignement agricole en France

  • L’insertion au Sénégal  des Alumni de l’enseignement agricole en France :

Contact :

maryline.loquet@diplomatie.gouv.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr