1

Du cacao d’Ebolowa au savoir Belge

Keka Wongan est le vecteur entre producteurs de cacao camerounais et chocolatiers belges, c’est une belle histoire qui commence… Le projet Keka Wongan a donné une certaine visibilité à la ville d’Ebolowa au Cameroun, ce qui lui a permis de renforcer sa notoriété internationale et de nouer des relations avec son homologue Européen : Bruges, la capitale Européenne du chocolat.

La ville de Bruges en Belgique est nouvellement jumelée avec la ville d’Ebolowa au Cameroun. Cette coopération entre les deux collectivités est née de l’implication de la ville d’Ebolowa dans le projet Keka Wongan, projet porté par deux établissements agricoles : Le CRA d’Ebolowa et le Lycée Nantes Terre Atlantique et le réseau internationale « Faire trade Town ».

Dans le cadre du réseau Cameroun de l’enseignement agricole français, des projets de coopération sont développés dans l’objectif de concrétiser les 4 engagements de l’enseignement agricole pour l’Afrique.

Les acteurs de ce partenariat novateur ont souhaité inviter le réseau français à travailler sur un projet de construction de filière équitable avec les professionnels du chocolat de la ville de Bruges et les producteurs de cacao de la ville d’Ebolowa. Les représentants du réseau se sont donc rendu à Bruges pour voir comment le projet Keka Wongan pouvait accompagner la démarche des deux collectivités.

Une volonté de circuit court et de filière équitable et durable

Certains chocolatiers réalisent le « bean to bar »*. Ils partent de la fève de cacao brute pour arriver au chocolat. C’est dans ce cadre que nous avons proposé la possibilité de créer des liens direct entre producteurs de cacao et chocolatiers afin d’avoir une filière ultra courte. De plus, cette relation bilatérale permettrait de travailler un label ou une charte propre à chaque partenariat garantissant le respect des principes du commerce équitable. Nous avons convenu d’inviter les chocolatiers volontaires au Cameroun afin de travailler in situ avec les partenaires camerounais.

Qu’est-ce que le « Bean to bar » ?

Le Bean-to-bar * littéralement traduit par de la « fève à tablette » regroupe en association l’ensemble des artisans chocolatiers-torréfacteurs qui produisent en petite quantité, voir en série limitée, des tablettes à haute qualité.

Le label « Made in Ebolowa » et la rencontre OXFAM

Dans la continuité du travail avec la ville et les chocolatiers nous sommes allé à la rencontre d’OXFAM Belgique qui est une filiale d’OXFAM international afin de discuter sur la labelisation « Made in Ebolowa », un label co-construit avec les producteurs de cacao, la collectivité d’Ebolowa et les deux établissements agricoles jumelés : le CRA d’Ebolowa et le lycée Nantes Terre Atlantique. OXFAM promeut le commerce équitable et solidaire dans le monde. Elle accompagne également des projets de développement au Sud. Cette rencontre avait pour objet la découverte de l’organisation et des différents labels et modalités autour du commerce équitable propre à Oxfam Belgique. Nous avons également visité la boutique Oxfam Bruges. L’objectif dans le cadre du partenariat est d’essayer de construire un label répondant aux critères du commerce équitable en mettant en place une filière expérimentale pour permettre aux producteurs et aux chocolatiers de bénéficier du circuit de distribution OXFAM. Le label « made in Ebolowa » est un premier pas vers la construction de ce label.

Formation des chocolatiers

le réseau français a découvert une école qui forme les apprenants aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration, de la boulangerie/pâtisserie et de la chocolaterie. Les élèves commencent à l’âge de 12 ans et termine  à 19 ans. La formation s’opère sur des équipements professionnels en quantité et en qualité afin de rendre les apprenants directement employable à la sortie de leur  formation.

Nous avons pu faire déguster le chocolat Keka Wongan aux enseignants qui nous ont donné des conseils sur la fabrication.

Idée de tandem Franco-Belge vers une expérience camerounaise

De plus chaque année, les meilleurs éléments de l’école de chocolaterie sont accompagnés en mobilité dans les pays producteurs de cacao pour aller au plus près des cacaoculteurs. Le réseau Cameroun a proposé aux équipes pédagogiques de l’école belge d’être facilitateur afin de réaliser une mission au Cameroun pour des apprenants. Ces mobilités pourraient être conjointes avec des apprenants de l’enseignement agricole français.

Présentation de l’enseignement agricole et la place de coopération internationale

Cette mission a été clôturé par la présentation, à la mairie de Bruges et ses invités professionnels chocolatiers,  des missions de l’enseignement agricole français et la mise en oeuvre de la coopération dans le cadre du projet Keka Wongan, son historique et les effets bénéfiques de la coopération sur l’ensemble des acteurs.

De nombreux échanges ont permis de répondre aux questions des chocolatiers et les animateurs du réseau ont proposé d’accueillir les partenaires belges au Cameroun et en France dans le cadre du développement d’une filière équitable entre les producteurs d’Ebolowa et les chocolatiers.

De belles pistes de travail pour aller encore plus loin

Les séances de travail à Bruges ont permis de dégager plusieurs pistes de travail pour les mois à venir, soit organiser un séminaire multi-acteurs à Yaoundé dans l’objectif de développer les coopérations entre le Cameroun et la France, l’accompagnement des collectivités d’Ebolowa et de Bruges pour la construction d’une filière équitable à travers la construction d’un atelier municipal de transformation du cacao.

Plus largement, un projet d’appel d’offre Européen collectif est envisagé avec la Belgique vers le Cameroun dans le cadre du programme « partenariat de coopération » d’Erasmus+. L’implication des jeunes peut se concrétiser par l’accueil de service civique international en vue d’accueillir des étudiants camerounais.

Un projet d’une tel envergure demande de réfléchir au soutien financier à solliciter, au niveau institutionnel afin de développer l’ensemble de ces axes de travail. L’important est de continuer à partager l’expérience Keka Wongan et à mutualiser les compétences acquises auprès des réseaux Afrique de l’Ouest de l’enseignement agricole avec les pays partenaires, notamment le Sénégal et le Nigéria.

Keka Wongan est aujourd’hui un projet « locomotive » qui rayonne bien au delà de l’enseignement agricole et même des frontières françaises. Il permet aujourd’hui de fédérer différents acteurs de plusieurs pays dans le cadre de projet de développement.

Contacts :

Florent DIONIZY, animateur du réseau Cameroun-Nigeria de l’enseignement agricole, florent.dionizy@educagri.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr

 

 




10 ans au service du réseau « Cameroun »

Régis Dupuy est enseignant au lycée agricole de Pamiers (09), il est investi dans la coopération internationale depuis 20 ans et a été l’animateur, très apprécié, du réseau Cameroun de l’enseignement agricole de 2011 à 2021.

La rencontre avec l’autre et l’ailleurs agrandit toujours notre regard, notre expérience et nos manières de penser.

Régis DUPUY

Dans cette interview réalisée en juin 2021, Régis revient sur sa mission d’animateur du réseau géographique Cameroun, pour la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche, sur les nombreux projets suivis, ses rencontres et découvertes avec le Cameroun et ses habitants. Cet article est illustré de nombreuses photos réalisées par Régis lui-même, dont certaines font partie d’une exposition qu’il se propose aussi de présenter dans les lycées qui souhaiteront organiser un évènement de découverte de la culture camerounaise.

Régis Dupuy, animateur du réseau Cameroun de l’enseignement agricole

Portailcoop : Peux-tu nous rappeler l’origine de ton intérêt pour le Cameroun et des projets pédagogiques menés avec les partenaires camerounais ?

Regis Dupuy : A l’origine de la plupart de nos actions, il y a souvent des rencontres déterminantes. En l’occurrence, c’est la visite du président de l’association « 09 Cameroun » dans le lycée où je venais d’arriver, il y a 20 ans ! Il était à la recherche d’éventuelles compétences dans le secteur agricole dont il pensait qu’elles pourraient être utiles pour une association qui, jusque là, œuvrait dans le domaine sanitaire et celui de l’éducation de base.

Comme les années précédentes, je participais à des actions de coopération décentralisée menées en Côte d’Ivoire, pour le compte de l’établissement où j’étais enseignant. L’expérience acquise dans ces actions, même modeste, ne pouvait pas s’arrêter là !

D’autant que dans la zone où intervenait l’association, une école technique d’agriculture, l’équivalent de nos lycées, ne demandait qu’à tisser des liens avec de nouveaux partenaires.  Et ces liens, jusqu’à aujourd’hui, ont toujours été entretenus.

Portailcoop : Peux-tu citer quelques projets emblématiques suivis avec le réseau national Cameroun de l’enseignement agricole ?

Regis Dupuy : Le réseau Cameroun, dès 2011, en tant qu’animateur, était la voie la plus efficace pour construire à plus grande échelle des relations entre établissements des deux pays. L’objectif ambitieux consistait à impulser de véritables nouveaux partenariats. Et je dois dire que cette tâche n’a pas été facile à mener, de multiples freins existaient.

Malgré cela je retiens la réussite d’un formidable projet, Keka-Wongan, né de la rencontre entre Florent Dionizy, collègue de l’EPL de Nantes et Antoine Mbida, directeur du CRA (collège régional d’agriculture d’Ebolowa). Projet initié dès 2012 et qui ne s’arrête pas de grandir, il est pris dans une spirale vertueuse que son pouvoir d’attraction s’auto-alimente sans cesse.

Pour les collègues qui voudraient s’inspirer de ce modèle, vous pouvez retrouver le documentaire, Keka Wongan -Notre cacao, le film qui lui est consacré dans la sélection du festival Alimenterre 2020.

Ce que je retiens aussi, c’est le projet d’ateliers pédagogiques entre 5 établissements français et camerounais, né en 2018 à l’initiative de Pierre Blaise Ango, le coordonnateur national au Cameroun du vaste et remarquable programme de réforme de l’enseignement agricole dans ce pays. Ce projet a souffert, comme beaucoup d’autres, de la longue période de confinement, mais son nouveau départ est fixé pour l’automne 2021 avec l’accueil des 5 partenaires camerounais dans nos établissements.

Portailcoop : Quels sont pour toi les apports principaux pour les apprenants, les personnels et aussi l’animateur du réseau des collaborations et mobilités en Afrique et au Cameroun en particulier ?

Regis Dupuy : Je suis persuadé que la réalisation de projets en commun, dans lesquels chacun apporte sa contribution, quel que soit le niveau d’importance de la tâche ou la nature de la question à traiter, est le meilleur moyen d’agir pour « l’enrichissement » de  chacun qui aboutit forcément, dans ce cas,  à l’intérêt commun. Cela vaut pour tous les acteurs concernés, qu’il s’agisse des apprenants ou des personnels.

C’est pour cette raison que les projets d’ateliers pédagogiques, qui, en deux mots, consistent dans la création d’un atelier technologique (transformation du manioc par exemple, ou bien atelier d’agroéquipement) doublé de la création d’un module de formation ad’hoc sont très intéressants. Ils mobilisent les compétences de part et d’autre dans un même objectif final, fortement utile et fortement gratifiant. Une fois la démarche engagée, chacun doit agir en interrelation avec son partenaire pour parvenir à la création du produit commun, et cela s’inscrit dans une durée relativement longue.

Au-delà de ce cadre d’un montage de projet, je redirai ce qui a maintes fois été rappelé et ce dont nous sommes persuadés, la rencontre avec l’autre et l’ailleurs agrandit toujours notre regard, notre expérience et nos manières de penser. Et lorsqu’il s’agit de l’Afrique, nous pouvons considérer que cet agrandissement est bien réel.

Portailcoop : Un conseil pour le futur animateur du réseau ?

Regis Dupuy : Sans vouloir donner de conseil, mais plutôt quelques repères, nous aurons sans doute l’occasion d’en reparler, je considère que les interlocuteurs qui comptent et sur qui on peut compter sont de vraies personnes ressources. Leurs contacts sont précieux et leur parole riche de sens.

Lorsque j’ai suivi les traces de Joël Magne, animateur du réseau Cameroun avant que je ne lui succède, nous avions fait une mission de tuilage au Cameroun, consacrée en bonne partie à la rencontre de ses personnes ressources.

… cela nous conduit à avoir envie de découvrir la complexité qui se cache derrière la simplicité.

Régis DUPUY

 

Portailcoop :  Peux-tu enfin nous parler de l’exposition photo sur le campement Pygmée Baka que tu proposes de rendre itinérante et de présenter dans les lycées agricoles intéressés ?

Regis Dupuy  : C’est un projet qui me tient à cœur ! Cette expo est composée de 45 à 50 cadres en formats différents, de 13×18 à 70×100, une partie en couleur, une autre en noir et blanc. On peut se demander pourquoi une telle diversité de formats, tout simplement parce qu’elle répond aux objectifs des « images ». Certaines ont besoin d’intimité et ne se donnent à voir qu’en s’approchant tout près, ce qui nous oblige à aller à leur rencontre, à se mettre à leur hauteur ; d’autres, au contraire, en imposent par leur taille et la force du message qu’elles délivrent, et, en couvrant le bruit de leurs voisines. Ce sont elles qui mobilisent notre premier regard et qui, généralement, l’impriment.

Pourquoi de la couleur et du noir et blanc ?

La réponse est essentiellement esthétique, certaines lumières subliment les verts et les bruns, mais aussi les détails des expressions, si bien qu’il serait dommage de ne pas les laisser parler dans ces moments propices. En contrepartie, le choix du noir et blanc a lui aussi un avantage, celui de simplifier les messages et, en quelque sorte,  de les sanctuariser… mais, par réaction, assez souvent, cela nous conduit à avoir envie de découvrir la complexité qui se cache derrière la simplicité.

J’aurais du commencer par là, les photos sont majoritairement des scènes de vie, elles sont donc consacrées aux acteurs eux-mêmes, les Pygmées Baka dans leur vie quotidienne. Il s’agit  de « portraits » collectifs ou de «portraits» individuels. Portraits entre guillemets, parce qu’il ne s’agit pas de portraits formels comme on pourrait encore l’entendre, bien évidemment.

Reste à justifier le choix de sujet ! Deux raisons : d’abord parce que membre de l’association « 09 Cameroun », j’avais dans mes missions le suivi de l’activité de l’association et des partenaires locaux du campement Baka de Lakabo ; ensuite, parce qu’avec des apprenants et des collègues, nous avons mené beaucoup de projets destinés à ce campement, in situ.

Cela ne se voit pas, parce que nous avons toujours l’impression que la durée n’existe pas dans une expo photo, mais ici,  la durée est bien présente, elle est précisément de 15 ans.

En termes pratiques, il faut un minimum de surface d’exposition pour accrocher les cadres. En général les grilles mobiles d’expo sont la solution la plus simple. Je me déplace pour le transport et l’accrochage…et ensuite le décrochage. La durée optimale d’exposition est autour de 15 jours, voire 3 semaines. Je peux aussi intervenir en cours à la demande de collègues, bien entendu, qui souhaiteraient en savoir davantage sur la vie des Pygmées Baka au Sud-Cameroun.

Pour les établissements partants pour accueillir l’exposition photographique de Regis DUPUY, consulter la fiche de présentation de son exposition : LAKABO : Campement Pygmée BAKA
Retour sur la vie du réseau en image :
Informations complémentaires :
  • La construction d’un centre d’accueil à Yaoundé par le programme KEKA-Wongan : Centre destiné à l’accueil de stagiaires, spécialement ceux-de notre enseignement agricole.

https://3cfcameroun.simdif.com/.

14 minutes très sympa, vu et monté par Cyril Sentenac, élève au LEGTA de Pamiers et membre actif du Club UNESCO des Pyrénées.

Contacts :

Régis DUPUY, regis.dupuy@educagri.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr




Cacao « to show »

Une tournée du documentaire « Keka Wongan » est organisée pour faire connaître sa démarche dans les établissements publics agricoles français. Actuellement, 20 séances ont été programmées dont celle qui a eu lieu vendredi 2 avril sur l’EPLEFPA de Castelnau-le-Lez, en présence du chef de projet. Il s’agit, selon lui, de « dévoiler les coulisses du projet, la méthodologie à adopter lorsqu’on se lance dans un projet durable d’une telle envergure ».

Le vendredi 2 avril, le lycée professionnel agricole de Castelnau-le-Lez, sous la supervision de la directrice adjointe et du professeur qui dispose d’un tiers temps coopération internationale et européenne a réuni dans l’amphithéâtre, les élèves de trois classes. Le Chargé de mission développement durable pour l’EPLEFPA de Nantes Terre Atlantique effectue une mission, appuyée par le réseau Cameroun de l’enseignement agricole, sur l’opportunité de développer des relations de coopération entre un établissement français, le sien, et un partenaire camerounais, le Collège Régional d’Agriculture (CRA). Depuis 2014, des actions réciproques entre les deux pays sont menées et le rythme s’est accéléré pour aboutir in fine à la création à Ebolowa, d’un atelier technologique de transformation du cacao en un chocolat « made in Cameroun ». Ce projet a fait l’objet d’un film, Keka-Wongan, signifiant « notre cacao » dans la langue Bulu parlée à Ebolowa, la ville chef lieu de la région sud-Cameroun. Le court-métrage (libre de droits) a été réalisé par Julie Lizambard de Com Son Image. Elle y restitue fidèlement l’histoire de ce projet dont « l’ambition semblait démesurée au départ et l’objectif non réaliste ». Et pourtant ils l’ont fait !

Du film à la démarche éco-citoyenne

Ce film est inspirant, particulièrement pour les élèves du lycée, formés aux métiers agricoles et préoccupés, ou du moins sensibilisés aux enjeux des transitions agroécologiques et du développement durable. Il donne un exemple de pistes d’actions concrètes, et l’envie d’agir. Keka Wongan est un projet de coopération basé sur la réciprocité, qui met en avant le partenariat multi-acteurs et l’implication des apprenants tant en France qu’au Cameroun. L’objectif, pour l’intervenant comme pour le personnel qui l’a accueilli, était en partie d’inspirer les élèves du lycée Honoré de Balzac de Castelnau-Le-Lez à agir de la même façon. A leur échelle, ils peuvent s’intégrer dans une démarche écocitoyenne également, en rejoignant des réseaux d’acteurs présents depuis cette année dans l’établissement tels que les écoresponsables (au nombre de 10 parmi les élèves), ou encore l’association Lafi Bala, hébergée par le lycée et présidée par le Professeur correspondant coopération internationale. Par ailleurs, une très belle initiative de coopération internationale avec le Bénin est en place au lycée pour favoriser l’échange entre les lycéens des deux pays ; et pourquoi pas, pour ces élèves, en initiant de nouveaux projets.

Un film comme promotion d’une coopération

La projection montre les différentes étapes de l’entreprise. La première consistait à maîtriser la phase complexe de l’approvisionnement en fèves de cacao, en incluant des exigences de qualité et le respect de l’environnement. Ces conditions ont permis aux petits cacaoculteurs de la coopérative de Bytilie d’augmenter, en moyenne, leur prix de vente de 30 %. La deuxième étape, très sensible, fut la transformation, avec l’obligation de fabriquer localement les machines pour garantir par la suite leur entretien. Enfin, « il n’y a plus qu’à vendre ! », mais en appliquant les règles du commerce équitable. Le film invite à une réflexion sur le commerce équitable Nord-Sud mais aussi Nord-Nord et Sud-Sud et sur les filières locales.

Un film comme source de réflexion plus globale

Au terme de la projection, un atelier-débat est organisé par le chef du projet afin de faire participer les élèves et connaître leur opinion sur le projet ainsi que sur ce moyen de diffusion. Des images sont disposées aléatoirement au sol et les élèves doivent choisir celle qui leur fait penser, d’une manière ou d’une autre, au film qu’ils viennent de regarder. Ils doivent ensuite s’exprimer un par un et expliquer le rapport qu’ils ont trouvé entre cette image et le film. Le chef du projet Keka-Wongan accueille leur point de vue et y répond en confirmant le lien qu’on peut trouver entre ces images, même déroutantes, et le projet. Par exemple, un pont a été fait entre l’image d’un champ de tournesols et le film : le champ de tournesols représentait, d’après un élève, l’aspect vaste et gigantesque de la nature, qui s’étend à perte de vue. Cela symbolisait, selon le jeune, l’importance de la faune et la flore, et cela se retrouvait dans le projet qui s’inscrit dans une démarche de développement durable, concept dans lequel l’environnement est une priorité. L’objectif de cet exercice particulier d’analyse d’illustrations était de faire conduire aux élèves une réflexion globale. Cette réflexion les amenant à comprendre les enjeux du projet présenté en allant au-delà des actions concrètes,  en d’autres termes : d’en tirer des leçons.

Une « tournée » qui favorise le partage

Cette vision participative est véritablement recherchée par l’intervenant qui insiste sur l’importance du regard des jeunes. C’est la raison pour laquelle il entreprend cette « tournée » des établissements scolaires. Il souhaite faire connaître ce projet et son histoire, mais également obtenir des réponses : savoir ce que cela inspire aux apprenants.

Ainsi, le partage est le maître mot de ce projet qui a été favorablement accueilli par les lycéens et quelques enseignants du lycée Honoré de Balzac. Un dialogue est constamment recherché, de l’étape de création du projet :  quand il faut établir un partenariat entre le lycée de Nantes et le CRA d’Ebolowa, à celle du déroulement : lorsqu’il s’agit de travailler à plusieurs mains une fois l’entreprise démarrée au Cameroun. « Chacun donne le même effort, ce n’est pas l’un qui donne et l’autre qui reçoit » jusqu’à la dernière phase, celle de la diffusion du projet dans les établissements et attendant, de la part de l’auditoire, une réaction et une opinion.

En l’occurrence, c’est grâce à la curiosité et à la réceptivité des élèves, émus par une réalisation dont les plans laissaient voir beaucoup de complicité et de partage entre les écoresponsables français et camerounais, que cet échange a pu se poursuivre au-delà de l’horaire défini au départ.

Article rédigé par Jessica Rouveirol, Volontaire en service civique au lycée professionnel agricole Honoré de Balzac de Castelneau-Le-Lez

 

Pour découvrir le film, visionnez le maintenant

Contact : Florent DIONIZY, Chargé de mission développement durable pour l’EPLEFPA de Nantes Terre Atlantique, florent.dionizy@educagri.fr

Regis DUPUY, animateur du réseau Cameroun de l’enseignement agricole, regis.dupuy@educagri.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr




Pays de la Loire en action – retour sur 2019/2020

L’année scolaire 2019-2020 ne s’est heureusement pas limitée à la gestion de crise, ou à réconforter des jeunes qui n’ont pu réaliser durant l’été 2020 leur projet de stage en Europe, au Canada, en Australie, en Afrique. De très belles actions se sont déroulées dans les établissements de l’enseignement agricole de Pays de Loire.

L’aquaculture comme FUTURE Erasmus+

Les trois établissements, de Trebon en République Tchèque, Skjervoy en Norvège, et le lycée professionnel Olivier Guichard de Guérande, sont associés dans des projets européens depuis 2004.
Ces partenariats se sont construits sous le prisme de leur filière commune, l’aquaculture. Le dernier projet en date, FUTURE, qui s’est déroulé de 2018 à 2021, a de nouveau vu le jour dans le cadre des appels à projets Erasmus+. […]

Renaissance des coopérations avec la Côte d’Ivoire

Suite à une mission en Côte d’Ivoire conduite en novembre 2019 par le réseau Afrique de l’Ouest de la DGER et à laquelle ont participé les EPLEFPA de la Roche/Yon et de Château-Gontier, les partenaires ivoiriens des deux établissements sont à leur tour venus en France en février et mars 2020, dans le cadre de la tenue du Salon international de l’agriculture.[…]

C’est le 24 janvier 2020, au sein du musée des Beaux-Arts d’Angers qu’une soixantaine de participants, issus tant de l’enseignement que du monde associatif, de l’entreprise, de collectivités, ont pu assister à une demi-journée riche en interventions et échanges.[…]

Nantes Terre Atlantique et Ebolowa : une nouvelle étape

Nous avons à de nombreuses reprises évoqué l’important partenariat entre l’EPLEFPA Nantes Terre Atlantique et le collège régional d’agriculture d’Ebolowa, au Cameroun, autour de la filière cacao et de la mise en place de tous les moyens nécessaires à sa production locale. Le projet s’incarne désormais dans le film-documentaire Keka Wongan, réalisé par Julie Lizambard, de société de production Com Son Image, où elle y restitue fidèlement l’histoire de ce partenariat, dont la réussite a aujourd’hui égalé l’ambition.[…]

Ashlesha, une jeune Indienne en Vendée

Durant deux années consécutives, le lycée agricole de Laval a accueilli deux jeunes volontaires indiennes, venues en France avec le concours de la précieuse Aswathi Chandramohan, en charge de l’espace France Volontaires à Pondichéry.  Malgré le déroulement inédit de l’année du fait de l’épidémie de coronavirus, c’est cette fois la jeune Ashlesha Joshi que l’établissement a eu le plaisir d’accueillir à partir de novembre 2019, pour une mission d’une durée de huit mois. Si celle-ci était avant tourné vers l’assistanat durant les cours d’anglais, un autre objectif essentiel fut de faire découvrir la culture indienne, tant aux apprenant(e)s qu’aux membres de la communauté éducative.[…]

Avec la filière SAPAT, un autre aspect des coopérations avec le Maroc

En partenariat avec le lycée Les Buissonnets d’Angers (CNEAP), la présidente de l’association Widad pour la femme et l’enfant a rendu visite à l’établissement afin de parler aux élèves et à la communauté éducative du travail qu’elle fait au Maroc. Parallèlement, depuis plusieurs années, le lycée envoie chaque année des élèves de sa filière bac professionnel Services aux personnes et au territoire en stage au sein de l’association, plus précisément dans le centre d’hébergement qui accueille les femmes et enfants qui en ont besoin.[…]

 

Il nous aurait semblé injuste de ne pas vous faire partager ces quelques exemples de projets que vous pourrez retrouver intégralement dans le document de la rétrospective Coopération internationale 2019-2020 du Projet régional de l’enseignement agricole des Pays de Loire (PREA) téléchargeable ici.

Contact : Julien Pichon, Chargé de coopération internationale de la DRAAF Pays de Loire – julien.pichon@agriculture.gouv.fr