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Agroécologie au coeur de l’île Maurice

Le programme de coopération régionale de l’Etablissement agricole FORMA’TERRA de l’Ile de La Réunion a repris, après 2 ans d’interruption, avec 2 projets centrés sur l’agroécologie et le développement durable avec ses partenaires de l’île Maurice.

Les 2 projets s’inscrivent dans le cadre du programme de coopération entre l’EPLEFPA FORMA’TERRA et les acteurs du développement agricole de l’Ile Maurice ré-amorcés en avril 2022.

Depuis 2019, les partenaires Mauriciens ont sollicité l’expertise de FORMA’TERRA pour mettre en place un dispositif de formation agricole opérant permettant de réussir la transition agroécologique de l’Ile Maurice.

Transition agroécologique comme pédagogie

Aussi « Enseigner à produire autrement – EPA2», titre du plan de l’enseignement agricole français pour permettre au monde de la formation agricole d’amorcer la transition agroécologique, a été le fils conducteur des 2 projets de coopération régionale réalisés en avril 2022 avec la participation des étudiants BTS du lycée agricole Emile Boyer de La Giroday (EPL FORMA’TERRA).

Du 3 au 17 avril 2022, 2 enseignants et 12 étudiants BTSA DARC – Développement de l’agriculture des régions chaudes ont réalisé l’étude du système agraire des 2 districts Sud de Maurice (Grand Port et Savane) et des diagnostics IDEA – Indicateurs de durabilité des exploitations agricoles chez des agriculteurs engagés dans le programme SMART agriculture, piloté par la Mauritius Chamber of Agriculture – MCA .

Cette étude a permis de dégager les principales problématiques du développement agricole actuel sur ce territoire de l’Ile Maurice et d’analyser les projets mis en place par les acteurs locaux.

L’étude a démontré que la transition agroécologique était en marche autant à Grand Port qu’à Savane.

Visites de terrain et enquêtes réalisées par les étudiants BTS DARC

Le FAREI (Food and Agriculture Research and Extension Institut) propose plusieurs formations et accompagnements aux petits agriculteurs du territoire pour réduire les intrants chimiques, valoriser la matière organique. Plusieurs acteurs privés comme l’association Vélo Vert, le groupe AGRIA et le groupe FERNEY ont démarré des projets en agriculture biologique. Les agriculteurs engagés dans le programme SMART agriculture ont prouvé qu’il était possible de réduire l’usage des intrants chimiques en s’appuyant sur des dispositifs agroécologiques et en valorisant les déchets organiques pour maintenir la fertilité des sols.

La transmission vient aussi des jeunes

Les étudiants en BTSA ont restitué les résultats de leur étude et leur analyse devant l’ensemble des acteurs professionnels et institutionnels à l’Institut Français de Maurice.

Du 25 au 30 avril 2022, 2 enseignants et 12 étudiants BTSA DARC et TC – Technico-Commercial et 2 formateurs du Centre de Formation Professionnelle pour Adultes de l’EPLFEPA FORMA’TERRA se sont mobilisés pour transmettre les bases de l’agroécologie à plus de 140 apprenants mauriciens, élèves, formateurs, techniciens, agriculteurs et jardiniers amateurs.

Le chantier en image : la butte permacole , le wicking bed et le mulching

 Le projet a été décliné en plusieurs actions.

Des binômes d’étudiants BTSA DARC et TC du lycée de St Paul ont encadré une formation sur le terrain de 27 élèves des sections agricole du collège de La Confiance de Beau Bassin Rose- Hill. Les jeunes du collège ont appris les techniques agroécologiques en les mettant en pratique lors de la création d’un jardin potager agroécologique de 240 m2.

Ateliers autour d’un jardin

Plusieurs ateliers ont été mis en place sur et autour du jardin : la création d’une butte permacole, la fabrication d’un compost, la construction de 3 wicking beds*, la pose de mulch**, ainsi que la plantation d’une haie, d’un verger et de cultures associées.  Plusieurs techniques agroécologique ont été ainsi transmis : la valorisation des déchets organiques pour le maintien de la fertilité des sols, les rotations de cultures avec fabacées pour l’apport d’azote, le rôle de la biodiversité par la présence d’une haie et d’un verger pour l’installation des auxiliaires et des insectes pollinisateurs, les dispositifs de protection sanitaire par les associations de cultures, la protection des sols, la limite de l’enherbement et l’économie d’eau par le mulch, la bonne gestion de l’eau par les wicking beds.

Une formation de 2 jours des enseignants au collège de La Confiance où plusieurs enseignants des sections agricoles ont participé au côté de ceux des matières générales, dans le but de développer des activités pluridisciplinaires autour du nouveau jardin.

Des enseignants originaires d’autres collèges du SEDEC mais aussi de MITD et des techniciens de structure de formation ont également bénéficié de la formation en agroécologie. La formation a alterné des séances plénières et des ateliers en extérieur, au jardin. Les participants ont ainsi pu créer 2 buttes permacoles, 2 wicking beds et participer aux travaux de mulching et plantations avec les élèves.

Trois formations courtes ont été dispensées pour former et sensibiliser à l’agroécologie des agriculteurs, des techniciens et des agri-entrepreneurs ainsi que des particuliers.

*le « wicking bed » (ou culture sur lit à mèche) désigne divers modes de culture de plantes, intégrant un système d’irrigation visant notamment à économiser l’eau (sub-irrigation).

** le paillis, aussi appelé mulch (terme anglais), désigne de manière générique une couche formée par un ou plusieurs éléments disposé(s) à la surface du sol. Le paillis ou mulch de résidus végétaux agit sur plusieurs aspects du fonctionnement des sols, soit la fertilité du sol, la réduction de l’évaporation et la température du sol, ou encore la structure des sols (source : Etude de cas de Geoffroy Decam – Thèse de Akhtar IQBAL Effets de la nature et décomposition des mulchs de résidus végétaux sur les services assurés par les sols en agriculture de conservation).

Photo de tête d’article : L’équipe franco mauricienne, élèves et personnels du collège de la Confiance – Maurice et les étudiants en BTSA de l’établissement agricole FORMA’TERRA (Réunion)

Contacts :

Didier Ramay, animateur du réseau AAOI – Afrique Australe – Océan Indien de l’enseignement agricole, didier.ramay@educagri.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise Internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr




L’ACTU’DGER des Ultramarins, ouverts sur le monde

Le mensuel ACTU-DGER, numéro 5  consacre son dossier spécial aux établissements de l’enseignement agricole ultramarins et leurs formations ouvertes sur le monde.

15 sujets « Europe et international » construits par les établissements et les réseaux d’Outres-Mers sont abordés dans le dossier du mois de ce 5ème numéro d’Actu’DGER. 

Zone Caraïbes –
  •  La Coopération internationale au LPA du Robert en Martinique, un chemin vers la performance
  • Erasmus+ concerne aussi les personnels de l’enseignement supérieur
  • PROJET FSPI : Partenariat franco-cubain pour une recherche verte et une agriculture durable Agrécocaribe (Consortium Caraïbe/Projet Interreg)
  • PROJET REACT (Consortium Caraïbe/Projet Interreg) et les PERSPECTIVES 2021-2027
  • Des fonds INTERREG pour une coopération régionale Caraïbes
  • Le projet Agrecocaribe, des modules BTS au goût de la Havane !
  • Des projets Erasmus+ aux couleurs de l’Amazonie !
  • Erasmus+ Caraïbes, l’ouverture à l’Europe
Zone Océan Indien
  • Mayotte : Réunir des partenaires et fédérer les actions
  • 30 ans d’Interreg réussis pour FORMA’TERRA – Réunion
  • REAP (Réseau des établissements agricoles professionnels de l’Afrique Australe et de l’Océan Indien) – Un levier pour développer les projets de coopération régionale de l’enseignement agricole français d’Outre-Mer
  • Le réseau géographique Afrique Australe Océan Indien et la Saison Africa 2020
Zone Pacifique
  • Le programme Erasmus+ en Polynésie Française
  • La Nouvelle-Calédonie «coache» ses BTS Agricoles
  • Le lycée Agricole John DOOM de Taravao, une réelle «aubaine » stratégique en faveur du développement des archipels éloignés qui constituent le territoire polynésien

Pour lire tous ces articles, consulter l’Actu’DGER de janvier-février – ici et retrouver tous les numéros du mensuel Actu’DGER sur Chlorofil

 




Accueil d’une délégation du Mozambique à La Réunion

Dans le cadre d’une mission organisée par les services de l’ambassade de France au Mozambique, une délégation de 4 représentants de 2 universités Mozambicaines (Université pédagogique de Maputo et ex -université pédagogique de Quelimane aujourd’hui  Uni Licungo[1]) accompagnée de Mme Mar Roig Ripoll  attachée de coopération scientifique et universitaire  de l’ambassade , s’est rendue à La Réunion pour développer des projets de coopération avec l’Université de la Réunion principalement mais aussi avec les établissements d’enseignement technique agricole dispensant des formations supérieures courtes ( BTS et Licence pro) comme l’EPLEFPA FORMATERRA[2] et l’EPLEPA Saint Joseph[3].

[1] http://www.unilicungo.ac.mz/

[2] https://formaterra.re/

[3] http://eplstjo.educagri.fr/

Compte-rendu à télécharger : communication accueil délégation Mozambique Réunion Nov 19




Mission au Mozambique du Réseau Afrique Australe Océan Indien (AAOI)

Le réseau géographique AAOI co-animé par Valérie Hannoun du lycée agricole de Pau Montardon (Nouvelle Aquitaine) et Didier Ramay du lycée agricole de St Paul (Réunion) couvre 15 pays dont 11 situés en Afrique Australe.

La coopération avec les établissements de formation agricole français concerne principalement 6 pays : Madagascar, République des Comores, Seychelles, Maurice, Afrique du Sud et Mozambique. Plusieurs établissements de formation agricole de ces 6 pays se sont engagés plus particulièrement dans des projets de coopération régionale avec les établissements français d’outre mer à Mayotte et La Réunion par la signature du MoU du réseau REAP AAOI[1].

 

La mission 2019 s’est fixée 2 objectifs en accord avec le BRECI[2] et les services des ambassades de France : faire un état des lieux et consolider les partenariats existants de la coopération agricole française au Mozambique et en Afrique du Sud d’une part, et   mettre en place de nouveaux partenariats pour développer les relations de coopération entre des établissements d’enseignements agricoles techniques et supérieurs français et leurs homologues du Mozambique et de l’Afrique du Sud.

 

La mission s’est appuyée sur les 4 engagements du Président Emmanuel Macron pour l’Afrique Subsaharienne (conférence de Ouagadougou du 28 novembre 2017) à savoir partager l’expertise française pour un appui sur la professionnalisation des  référentiels de formation agricole, augmenter les mobilités des étudiants de l’Afrique Subsaharienne en France (stages et études), co-construire des formations bi-diplômantes avec des établissements de formation agricole techniques et supérieurs et aider l’entreprenariat des étudiants de l’Afrique Subsaharienne diplômés issus  de la formation agricole.

[1] Réseau des établissements agricoles professionnels d’Afrique Australe et Océan Indien  (http://reseaureapaaoi.blogspot.com/)

[2] BRECI : Bureau des Relations Européennes et de la Coopération Internationale de la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation français

Compte-rendu et photos : Compte rendu mission réseau AAOI oct 19 MOZ AFS VH DR