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Acteurs de la Coop réunis !

La première réunion en présentiel, après plus d’un an et demi en distanciel, a été l’occasion de rassembler les acteurs de la coopération européenne et internationale de l’enseignement agricole pour faire un point sur les sujets d’actualité.

Accueillis par Sabine Brun-Rageul, Directrice de Bordeaux Sciences-Agro, l’équipe du Bureau des relations Européenne et de la Coopération Internationale, les animateurs des réseaux Europe et International et les chargés de coopération en DRAAF se sont réunis à Bordeaux les 17, 18 et 19 novembre 2021 pour les rencontres nationales des réseaux de coopération internationale de la DGER. Cette première réunion nationale a troqué la visioconférence par une vaste salle où tous les participants ont apprécié d’échanger.

Point sur les chantiers 2022

Le programme de travail était bien chargé, outre, l’actualité de la mobilité dans le contexte sanitaire que nous connaissons et les aspects plus administratifs du travail des réseaux, il a été question du retour du Salon de l’agriculture en 2022 et des concours jeunes qui devraient reprendre à cette occasion si les conditions le permettent. Un point d’étape sur la semestrialisation des BTSA dans le cadre du LMD a été également fait, enjeu important en vue d’un renforcement des échanges d’apprenants de ce niveau de formation, y compris avec des partenaires hors UE.

Les outils au service de l’ECSI

Ces trois jours ont notamment été l’occasion de faire un point sur l’actualité de l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI), dont la récente mise à jour de la cartographie des actions d’ECSI dans l’enseignement agricole grâce au travail remarquable de Martine Gwana Passa, stagiaire au RED et étudiante en licence professionnelle Chargée de projet de solidarité internationale et développement durable à l’Université Bordeaux – Montaigne.

Au-delà du recensement des actions menées dans les lycées et CFA agricoles publics et privés, une démarche d’évaluation de la mission de l’ECSI a été engagée grâce à une étude globale de 4 mois sur les pratiques afin de relever les forces et les faiblesses du dispositif d’accompagnement de la mission de coopération internationale au niveau local, régional et national.

Le réseau a également présenté les derniers outils disponibles : le carnet de la mobilité et un retour sur le guide de la mobilité ainsi que les différentes versions linguistiques du jeu AgroChallenges et les futures formations, les prix et leurs nouveautés : Prix Europe-Hippocrène/prix Moveagri/prix Alimenterre/ PIEED (prix des initiatives pour un monde plus solidaire).

Des Démarches simplifiées en construction

C’était aussi une opportunité de présenter, pour la première fois, l’utilisation des formulaires de déclaration de mobilité internationale sur l’application Démarches simplifiées qui sera lancée nationalement en 2022. Animé par James Chaigneaud, chargé de coopération DRAAF Occitanie, ce moment a donné lieu à une présentation et une simulation de renseignement de deux formulaires ainsi qu’à un échange sur quelques adaptations de ces formulaires qui devraient être proposés à tous les établissements de l’enseignement technique sous leur forme pilote courant 2022.

Des liens privilégiés en ambassade

Une intervention de Marie Christine Le Gal, conseillère agricole pour la Pologne, la Hongrie et les pays baltes et Représentante de l’amicale des Conseillers aux Affaires Agricoles, a permis de faire le lien entre les réseaux et d’échanger sur les synergies et les mobilisations possibles, financières, logistiques, informationnelles…, pour une coopération efficace et dynamique.

Nouvelle génération d’animateurs

Par ailleurs, ces journées de travail ont permis de faire plus ample connaissance avec les animateurs nouvellement arrivés dans le réseau : Franck Copin pour le Japon, Aurélia Haioun en tant que Chargée de Mission Europe et Programme Erasmus+ – secteur Jeunesse, Yann Jagoury et Florent Dionizy sur la zone Nigéria et Cameroun ainsi qu’Evelyne Bohuon sur Russie-Arménie et enfin Julien Amouret pour l’Ukraine.

Bar-Camp Erasmus+ : pas de spectateurs, tous participants !

La nouvelle programmation Erasmus+2021-2027 a constitué un prétexte intéressant à la mise en place d’un BarCamp aux profits des animateurs de réseaux, des chargés de coopérations en DRAAF et des agents du BRECI en administration centrale.

Animés par les CMEPE, expertes sectorielles du programme, avec la collaboration des représentantes des agences Erasmus+ éducation et jeunesse et sports, les ateliers participatifs se sont tenus le 18 novembre matin, permettant dans un cadre concret de se mettre à jour sur le programme Erasmus+, de confronter des idées et des difficultés afin de proposer aux établissements un accompagnement efficace dans leurs projets de mobilités et de partenariats.

Pour mieux connaître les acteurs de la coopération européenne et internationale, consultez l’onglet Acteurs du site

Photo de tête d’article : crédit photo – Bordeaux Siences-Agro




10 ans au service du réseau « Cameroun »

Régis Dupuy est enseignant au lycée agricole de Pamiers (09), il est investi dans la coopération internationale depuis 20 ans et a été l’animateur, très apprécié, du réseau Cameroun de l’enseignement agricole de 2011 à 2021.

La rencontre avec l’autre et l’ailleurs agrandit toujours notre regard, notre expérience et nos manières de penser.

Régis DUPUY

Dans cette interview réalisée en juin 2021, Régis revient sur sa mission d’animateur du réseau géographique Cameroun, pour la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche, sur les nombreux projets suivis, ses rencontres et découvertes avec le Cameroun et ses habitants. Cet article est illustré de nombreuses photos réalisées par Régis lui-même, dont certaines font partie d’une exposition qu’il se propose aussi de présenter dans les lycées qui souhaiteront organiser un évènement de découverte de la culture camerounaise.

Régis Dupuy, animateur du réseau Cameroun de l’enseignement agricole

Portailcoop : Peux-tu nous rappeler l’origine de ton intérêt pour le Cameroun et des projets pédagogiques menés avec les partenaires camerounais ?

Regis Dupuy : A l’origine de la plupart de nos actions, il y a souvent des rencontres déterminantes. En l’occurrence, c’est la visite du président de l’association « 09 Cameroun » dans le lycée où je venais d’arriver, il y a 20 ans ! Il était à la recherche d’éventuelles compétences dans le secteur agricole dont il pensait qu’elles pourraient être utiles pour une association qui, jusque là, œuvrait dans le domaine sanitaire et celui de l’éducation de base.

Comme les années précédentes, je participais à des actions de coopération décentralisée menées en Côte d’Ivoire, pour le compte de l’établissement où j’étais enseignant. L’expérience acquise dans ces actions, même modeste, ne pouvait pas s’arrêter là !

D’autant que dans la zone où intervenait l’association, une école technique d’agriculture, l’équivalent de nos lycées, ne demandait qu’à tisser des liens avec de nouveaux partenaires.  Et ces liens, jusqu’à aujourd’hui, ont toujours été entretenus.

Portailcoop : Peux-tu citer quelques projets emblématiques suivis avec le réseau national Cameroun de l’enseignement agricole ?

Regis Dupuy : Le réseau Cameroun, dès 2011, en tant qu’animateur, était la voie la plus efficace pour construire à plus grande échelle des relations entre établissements des deux pays. L’objectif ambitieux consistait à impulser de véritables nouveaux partenariats. Et je dois dire que cette tâche n’a pas été facile à mener, de multiples freins existaient.

Malgré cela je retiens la réussite d’un formidable projet, Keka-Wongan, né de la rencontre entre Florent Dionizy, collègue de l’EPL de Nantes et Antoine Mbida, directeur du CRA (collège régional d’agriculture d’Ebolowa). Projet initié dès 2012 et qui ne s’arrête pas de grandir, il est pris dans une spirale vertueuse que son pouvoir d’attraction s’auto-alimente sans cesse.

Pour les collègues qui voudraient s’inspirer de ce modèle, vous pouvez retrouver le documentaire, Keka Wongan -Notre cacao, le film qui lui est consacré dans la sélection du festival Alimenterre 2020.

Ce que je retiens aussi, c’est le projet d’ateliers pédagogiques entre 5 établissements français et camerounais, né en 2018 à l’initiative de Pierre Blaise Ango, le coordonnateur national au Cameroun du vaste et remarquable programme de réforme de l’enseignement agricole dans ce pays. Ce projet a souffert, comme beaucoup d’autres, de la longue période de confinement, mais son nouveau départ est fixé pour l’automne 2021 avec l’accueil des 5 partenaires camerounais dans nos établissements.

Portailcoop : Quels sont pour toi les apports principaux pour les apprenants, les personnels et aussi l’animateur du réseau des collaborations et mobilités en Afrique et au Cameroun en particulier ?

Regis Dupuy : Je suis persuadé que la réalisation de projets en commun, dans lesquels chacun apporte sa contribution, quel que soit le niveau d’importance de la tâche ou la nature de la question à traiter, est le meilleur moyen d’agir pour « l’enrichissement » de  chacun qui aboutit forcément, dans ce cas,  à l’intérêt commun. Cela vaut pour tous les acteurs concernés, qu’il s’agisse des apprenants ou des personnels.

C’est pour cette raison que les projets d’ateliers pédagogiques, qui, en deux mots, consistent dans la création d’un atelier technologique (transformation du manioc par exemple, ou bien atelier d’agroéquipement) doublé de la création d’un module de formation ad’hoc sont très intéressants. Ils mobilisent les compétences de part et d’autre dans un même objectif final, fortement utile et fortement gratifiant. Une fois la démarche engagée, chacun doit agir en interrelation avec son partenaire pour parvenir à la création du produit commun, et cela s’inscrit dans une durée relativement longue.

Au-delà de ce cadre d’un montage de projet, je redirai ce qui a maintes fois été rappelé et ce dont nous sommes persuadés, la rencontre avec l’autre et l’ailleurs agrandit toujours notre regard, notre expérience et nos manières de penser. Et lorsqu’il s’agit de l’Afrique, nous pouvons considérer que cet agrandissement est bien réel.

Portailcoop : Un conseil pour le futur animateur du réseau ?

Regis Dupuy : Sans vouloir donner de conseil, mais plutôt quelques repères, nous aurons sans doute l’occasion d’en reparler, je considère que les interlocuteurs qui comptent et sur qui on peut compter sont de vraies personnes ressources. Leurs contacts sont précieux et leur parole riche de sens.

Lorsque j’ai suivi les traces de Joël Magne, animateur du réseau Cameroun avant que je ne lui succède, nous avions fait une mission de tuilage au Cameroun, consacrée en bonne partie à la rencontre de ses personnes ressources.

… cela nous conduit à avoir envie de découvrir la complexité qui se cache derrière la simplicité.

Régis DUPUY

 

Portailcoop :  Peux-tu enfin nous parler de l’exposition photo sur le campement Pygmée Baka que tu proposes de rendre itinérante et de présenter dans les lycées agricoles intéressés ?

Regis Dupuy  : C’est un projet qui me tient à cœur ! Cette expo est composée de 45 à 50 cadres en formats différents, de 13×18 à 70×100, une partie en couleur, une autre en noir et blanc. On peut se demander pourquoi une telle diversité de formats, tout simplement parce qu’elle répond aux objectifs des « images ». Certaines ont besoin d’intimité et ne se donnent à voir qu’en s’approchant tout près, ce qui nous oblige à aller à leur rencontre, à se mettre à leur hauteur ; d’autres, au contraire, en imposent par leur taille et la force du message qu’elles délivrent, et, en couvrant le bruit de leurs voisines. Ce sont elles qui mobilisent notre premier regard et qui, généralement, l’impriment.

Pourquoi de la couleur et du noir et blanc ?

La réponse est essentiellement esthétique, certaines lumières subliment les verts et les bruns, mais aussi les détails des expressions, si bien qu’il serait dommage de ne pas les laisser parler dans ces moments propices. En contrepartie, le choix du noir et blanc a lui aussi un avantage, celui de simplifier les messages et, en quelque sorte,  de les sanctuariser… mais, par réaction, assez souvent, cela nous conduit à avoir envie de découvrir la complexité qui se cache derrière la simplicité.

J’aurais du commencer par là, les photos sont majoritairement des scènes de vie, elles sont donc consacrées aux acteurs eux-mêmes, les Pygmées Baka dans leur vie quotidienne. Il s’agit  de « portraits » collectifs ou de «portraits» individuels. Portraits entre guillemets, parce qu’il ne s’agit pas de portraits formels comme on pourrait encore l’entendre, bien évidemment.

Reste à justifier le choix de sujet ! Deux raisons : d’abord parce que membre de l’association « 09 Cameroun », j’avais dans mes missions le suivi de l’activité de l’association et des partenaires locaux du campement Baka de Lakabo ; ensuite, parce qu’avec des apprenants et des collègues, nous avons mené beaucoup de projets destinés à ce campement, in situ.

Cela ne se voit pas, parce que nous avons toujours l’impression que la durée n’existe pas dans une expo photo, mais ici,  la durée est bien présente, elle est précisément de 15 ans.

En termes pratiques, il faut un minimum de surface d’exposition pour accrocher les cadres. En général les grilles mobiles d’expo sont la solution la plus simple. Je me déplace pour le transport et l’accrochage…et ensuite le décrochage. La durée optimale d’exposition est autour de 15 jours, voire 3 semaines. Je peux aussi intervenir en cours à la demande de collègues, bien entendu, qui souhaiteraient en savoir davantage sur la vie des Pygmées Baka au Sud-Cameroun.

Pour les établissements partants pour accueillir l’exposition photographique de Regis DUPUY, consulter la fiche de présentation de son exposition : LAKABO : Campement Pygmée BAKA
Retour sur la vie du réseau en image :
Informations complémentaires :
  • La construction d’un centre d’accueil à Yaoundé par le programme KEKA-Wongan : Centre destiné à l’accueil de stagiaires, spécialement ceux-de notre enseignement agricole.

https://3cfcameroun.simdif.com/.

14 minutes très sympa, vu et monté par Cyril Sentenac, élève au LEGTA de Pamiers et membre actif du Club UNESCO des Pyrénées.

Contacts :

Régis DUPUY, regis.dupuy@educagri.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr