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L’enseignement agricole voyage avec Erasmus +

En 2022, Erasmus fête ses 35 ans. Aujourd’hui, Erasmus+ a pour objectif principal de soutenir les projets de mobilité et de partenariat entre les 200 pays participants ou partenaires du programme. Depuis 1987, ce sont plus de 12 millions de personnes qui en ont bénéficié. Qu’en est-il dans l’enseignement agricole ?

Sur la période 2014-2020, 674 établissements de l’enseignement agricole ont participé au programme Erasmus +, soit plus de 80% des établissements. Pour rappel, l’enseignement agricole forme chaque année plus de 215 000 élèves, apprentis et étudiants dans 806 établissements.

Ainsi, sur la même période, l’enseignement agricole a bénéficié de 8,4% des financements nationaux et de 10% des mobilités Erasmus +, alors qu’il représente environ 3% de effectifs nationaux. Cela représente 37 300 mobilités pour un financement de 97 millions d’euros.

Comme l’indique Laure Coudret-Laut, directrice de l’Agence Erasmus + France / Éducation Formation : « La période 2014-2019 a vu les mobilités de l’enseignement agricole plus que doubler, ce qui traduit le fort investissement des enseignantes, enseignants et personnels à tous niveaux de responsabilité, tout au long de la programmation ».

L’enseignement agricole tourné vers l’international

Le programme Erasmus + permet aux jeunes dans tous les domaines, dont ceux de l’enseignement agricole, d’étudier dans l’un ou l’autre des pays participants ou partenaires du programme. Les élèves, étudiants, apprentis et personnels de l’enseignement agricole ont en particulier la possibilité d’effectuer une mobilité dans l’un des 27 pays membres de l’Union européenne, en Norvège, en Islande, au Liechtenstein, en Macédoine du Nord, en Serbie, en Turquie…

Le programme Erasmus + « soutient la politique éducative d’ouverture à l’Europe et à l’international au bénéfice des jeunes des établissements de l’agriculture », explique Laure Coudret-Laut.

Cette incitation à découvrir les métiers et formations de l’agriculture hors des frontières françaises s’inscrit dans « la mission de coopération européenne et internationale conduite par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation », précise Valérie Baduel, directrice générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

De nombreux projets portés par l’enseignement agricole

L’enseignement agricole porte de nombreux projets Erasmus +.

Pour lutter contre le décrochage scolaire et l’absentéisme, le lycée agricole de Matiti (Macouria, Guyane) porte un projet avec le lycée Skjetlein (Leinstrand, Norvège) ce qui permet à huit élèves français et norvégiens de s’immerger dans le quotidien de lycéens situés à plus de 8 000 km. Pour Frédérique Loumeto-Ipolo, enseignante en zootechnie et animatrice du réseau Caraïbe de l’enseignement agricole, ce projet « est un atout pour rendre nos filières plus attractives ! ».

Pour valoriser une alimentation durable, cinq établissements européens, dont trois universités, se sont unies en 2018 autour d’un projet Erasmus + « EducLocalFOOD ». Parmi les partenaires : l’Université de Maribor (Slovénie), l’Observatoire européen du paysage (Italie) ou encore la Bergerie nationale (France). Ensemble, ils œuvrent à la création d’un kit pédagogique sur les systèmes alimentaires locaux et durables (SALD) pour accompagner les enseignants des formations agricoles.

En Bourgogne-Franche-Comté, treize lycées agricoles se sont réunis autour du projet « Ose l’Europe avec les lycées agricoles de Bourgogne-Franche-Comté ». Ce projet permet aux établissements d’enseignement agricole de partager leurs pratiques et de mutualiser leurs expériences afin d’offrir aux étudiants une expérience européenne.

Actu – Des experts et des jeunes témoignent au Salon international de l’Agriculture 2022, ils illustreront « comment l’enseignement agricole mobilise le programme Erasmus + ? » . Retrouvez cette échange, en direct du SIA 2022, mardi 1er mars, sur le Stand du MAA, Hall 4 de 15h45 à 16h15.

 À télécharger : Bilan 2014-2020 – Erasmus + pour l’enseignement agricole

Le programme Erasmus + 2021-2027

Le programme pluriannuel Erasmus + 2021-2027 détaille les missions et objectifs pour les sept années de la programmation en cours. Des priorités transversales ont été définies, dans lesquelles l’enseignement agricole s’inscrit pleinement :

  • L’inclusion, en permettant aux publics les plus éloignés de la mobilité d’en bénéficier ;
  • Le développement des compétences numériques et de celles en lien avec l’intelligence artificielle, la robotique en particulier… ;
  • Le renforcement du sentiment de citoyenneté européenne, en incitant à la participation à la vie démocratique ;
  • La prise en compte des enjeux environnementaux de façon à intégrer les principes de développement durable comme l’adaptation au changement climatique et le développement des énergies propres.



Le « nouveau » réseau CEFAGRI

– Vanessa, vous êtes la nouvelle animatrice du Réseau CEFAGRI de l’enseignement agricole : pouvez-vous nous présenter ce réseau ?

CEFAGRI, pour « Conseil Expertise Formation Agricole à l’International », est la nouvelle dénomination du réseau CEFPI créé par le Bureau des Relations Européennes et de la Coopération Internationale (BRECI) de la DGER en 2018 et animé jusqu’en 2021 par Sandrine Marchand.

Ce réseau thématique et transversal contribue à la mission de coopération internationale de l’enseignement agricole et bénéficie donc, comme les réseaux géographiques, du pilotage du BRECI.

En termes de capacités de conseil, de formation et d’expertise, l’enseignement agricole dispose d’un remarquable potentiel d’intervention par la richesse et la diversité de ses expériences. Les attentes et besoins d’appui et de conseil en matière d’ingénierie de formation, de dispositif de formation, d’expertise technique s’amplifient, en particulier de la part des pays en transition, et la DGER est régulièrement sollicitée par ses partenaires internationaux. Par ailleurs, les professionnels français sollicitent régulièrement l’appui des acteurs de la formation agricole pour soutenir leur développement à l’international. Ainsi, CEFAGRI est un réseau transversal amené à interagir avec le monde professionnel et apportant un appui aux réseaux géographiques de la DGER.

Il concerne tout personnel de l’enseignement agricole intéressé par une valorisation de son expérience professionnelle à travers des missions de conseil, d’expertise ou de formation, dans son champ de compétences, à l’étranger, quel que soit le continent. Ces missions peuvent être menées à titre individuel ou dans le cadre de partenariats internationaux de l’établissement, dans le cadre de la stratégie Europe et international du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et selon les axes stratégiques de la DGER, en collaboration avec des acteurs du territoire, du monde professionnel agricole, dans le cadre de projets Erasmus+, FSPI, coopération décentralisée…

– Pourquoi avoir postulé pour cette mission d’animation de réseau ?

Suite à l’appel à candidatures lancé par le BRECI en juin 2021 pour l’animation de différents réseaux, j’ai souhaité postuler pour celui-ci car étant déjà co-animatrice du réseau Afrique de l’Ouest, je pouvais à la fois m’appuyer sur cette expérience et mesurer l’importance de la transversalité du réseau CEFAGRI. Travaillant avec d’autres réseaux, notamment Afrique et Amérique latine, j’ai connaissance de divers partenariats à l’international en matière d’ingénierie de formation et d’expertise technique.

J’ai eu l’occasion de contribuer à plusieurs réponses à des appels à projets qui m’ont permis d’appréhender l’environnement de l’expertise en matière de formation agricole, et ce en partenariat avec divers acteurs tels que l’Institut Agro, l’ENSFEA, FranceAgriMer, Campus France, des Conseillers aux Affaires Agricoles, l’Agence Française de Développement, le réseau FAR (Formation Agricole et Rurale), des ONG comme le CFSI (Comité Français pour la Solidarité Internationale, l’AFDI (Agriculteurs Français Développement International) ou France Volontaires.

Il me revient maintenant de bien identifier les établissements de l’enseignement technique agricole déjà engagés à l’international, dresser les contours de l’offre nationale, la rendre plus visible, et faciliter les échanges d’expérience entre établissements afin de mobiliser au mieux ce vivier d’expertise.


– En quelques mots, quels sont les objectifs que vous allez poursuivre en 2022 pour le réseau CEFAGRI?

Je vais faire en sorte d’entraîner une dynamique de réseau, en allant à la rencontre des acteurs de la coopération dans les établissements ou, par exemple, en proposant des réunions d’information sur l’existence et le fonctionnement du réseau CEFAGRI auprès des DRAAF, lors des formations de chefs d’établissements, et d’enseignants stagiaires à l’ENSFEA, des réseaux CNEAP…

Je compte également travailler en partenariat avec les DRIF et l’Inspection de l’enseignement agricole, le réseau FAR ou le service DEFIS (Développement, Expertise, Formation, Ingénierie pour le Sud) de l’Institut Agro Montpellier, avec lesquels des contacts sont déjà établis.

Des échanges en distanciel, sous forme de webinaires par exemple, pourront s’organiser de sorte à entretenir une communication régulière avec les différentes parties prenantes de ce réseau.

À la faveur de réponses à des appels à projets (émanant de différents organismes, ministères, régions,…), il sera aussi possible de collaborer avec des opérateurs comme FranceAgriMer, Expertise France, et des organismes de coopération agricole comme l’AFDI, dans la perspective de mobiliser le vivier d’experts identifié dans l’enseignement agricole.

 

– Comment définissez-vous un expert de l’enseignement agricole et qu’est-ce qu’une mission d’expertise à l’international ?

Un expert est tout simplement quelqu’un qui, par son expérience, sa pratique, a acquis des compétences techniques et professionnelles qu’il est à même de transférer dans un contexte étranger. Des capacités d’ouverture, de bonnes qualités relationnelles et d’adaptation à des environnements culturels et professionnels variés sont également nécessaires pour réaliser des missions d’expertise à l’international.

Les missions d’expertise peuvent concerner les différents domaines de formation proposés par l’enseignement agricole, en renforcement de capacités, formation de formateurs, gouvernance des établissements agricoles, qu’il s’agisse de dispenser une formation en aquaculture, en agroéquipement, en viticulture, en agroalimentaire, en horticulture…, d’animer un atelier d’harmonisation de référentiels, d’effectuer un diagnostic territorial, …

Des exemples concrets seront bientôt disponibles sur ce site-même à travers des « portraits d’experts ».

En attendant, j’invite toutes les personnes de l’enseignement technique agricole intéressées par les possibilités d’expérience à l’international qu’offre le réseau CEFAGRI à se faire connaître en remplissant ce questionnaire :

https://www.askabox.fr/repondre.php?s=425395&r=SPFJYBHu1SZy

 

Contacts :

Vanessa FORSANS, animatrice du réseau CEFAGRI, vanessa.forsans@educagri.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr




Cap sur 2022 !

L’équipe de PortailCoop vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année et vous présente ses meilleurs voeux pour 2022.

Nous remercions tous les contributeurs à la vie de PortailCoop qui mettent en lumière le dynamisme et l’ouverture de l’enseignement agricole, et ce malgré le contexte de ces deux dernières années qui auront, sans aucun doute, été parmi les plus difficiles pour les acteurs de la coopération européenne et internationale de l’enseignement agricole. Nous saluons l’adaptabilité et la créativité dont vous avez fait preuve pour construire et conserver les liens avec vos partenaires.

Cap sur 2022 !  Que l’énergie et l’innovation soient les moteurs de belles dynamiques vers l’Europe et l’International.

 

Photographie : Paysage du nord des Carpates en Roumanie – Crédit photo Claire RAZLOZNIK, stage de BTSA Gestion et protection de la nature au Lycée Agricole de Suscinio – Bretagne, février 2021.




L’eau sans frontière

9 sujets sur des formations, expériences et actions ou encore des projets européens et internationaux, sur le thème de l’eau, sont présentés par les réseaux Europe & international, les établissements d’enseignement technique et supérieur ainsi que des unités de recherche dans le dernier ACTU-DGER, numéro 9 de septembre-octobre 2021. 

Dossier du mois : L’ENSEIGNEMENT AGRICOLE S’ENGAGE POUR PRÉSERVER L’EAU

Pour les élèves du lycée agricole de Dunkerque (59), l’eau ne connaît pas de frontières

Des élèves en gestion des milieux naturels et de la faune du lycée agricole de Dunkerque participent au Parlement des jeunes pour l’eau du bassin Artois-Picardie.
Un engagement qui leur a permis d’approfondir leur connaissance et de participer à des échanges internationaux. Une vision concrète de l’Europe, et même au-delà […] la suite page 18

Retrouvez le témoignage d’Océane, élève en Gestion des milieux naturels et de la faune  (échanges avec des élèves du Maroc et de Bulgarie).

La coopération internationale une priorité forte de l’ISNAB

La coopération internationale constitue une priorité forte de l’ISNAB en tant qu’institut de l’Enseignement Agricole et compte tenu de la problématique mondiale de la raréfaction de l’eau […] la suite page 22

Expérience internationale en Algérie de Clément, désormais Ingénieur Service Hydrogéologie chez Hélios Pyrénées

L’eau et mobilité internationale à l’EPLEFPA FORMA’TERRA (Saint-Paul-la réunion)

Depuis 30 ans, l’EPLEFPA FORMA’TERRA développe une véritable expertise dans le domaine de la coopération internationale. Cette dynamique contribue au renforcement des échanges avec les partenaires internationaux et valorise l’enseignement agricole. Profondément ancré dans l’Océan Indien, l’EPLEFPA FORMA’TERRA encourage la mobilité des apprenants ainsi que des personnels de l’établissement en Europe et dans le monde afin d’améliorer le niveau de qualification des apprenants et des personnels. Depuis plusieurs années des stages dans le secteur de l’eau et de l’environnement sont proposés dans le cadre de la mobilité d’Erasmus+[…] la suite page 23

Témoignages de deux étudiants : Ophélia a réalisé un stage Erasmus+ au Luxembourg, aujourd’hui en Licence Pro chez Suez Eau France. Alexandre étudiant en Master 2 Eau et Sociaté à AgroParisTech de Montpellier, qui avait vécu l’expérience Erasmus+ au Pays-Bas lors de son BTSA Gémeau

Agriculture & Water Management à Bordeaux–SciencesAgro

Les effets du changement climatique sur les disponibilités en eau vont avoir un impact sur la productivité de l’agriculture pluviale et irriguée. Afin d’aborder ces enjeux, un module de deuxième année est proposé aux étudiants de Bordeaux Sciences Agro […].

D’une durée de trois semaines et enseigné totalement en anglais, le module « Agriculture & Water management » présente plusieurs exemples d’institutions de gestion de l’eau dans des contextes physiques et socio-économiques variés en France mais aussi en Californie, en Nouvelle-Zélande ou encore en Asie du Sud Est. […] la suite page 25

Projet Ponderful : L’impact du changement climatique sur l’avenir des zones humides en Europe

Les étangs (« pond » en anglais), représentent, aujourd’hui encore, entre 40 et 50 % de la surface des eaux stagnantes continentales et hébergent plus de 70 % des espèces aquatiques connues en Europe. Pour autant, il est confirmé que 50 à 70 % des surfaces d’étangs et paysages d’étangs ont disparu au cours du dernier siècle. Le changement climatique l’accélère !
L’ISARA de Lyon (69) se penche sur la question avec « PONDERFUL », projet européen H2020. « POND Ecosystems for Resilient FUture Landscapes in a changing climate » regroupe 16 partenaires qui ont été bénéficiaires d’un financement de 6,9M € […] la suite page 27

Québec – France, une gestion de l’eau différente ?

Comment l’eau est-elle distribuée ? Qui gère la ressource ? Quelles sont les problématiques ? Comment gérer la ressource en eau demain ? … Autant de questions auxquelles étudiants québécois du CEGEP de Saint-Laurent et étudiants français du LEGTA de Nevers ont tenté de répondre […] la suite page 28-29

L’eau à AgroParisTech : 4ème domaine stratégique

AgroParisTech s’engage dans une démarche prospective pour adapter l’offre de formation aux évolutions des métiers du secteur de l’eau. Avec ses partenaires académiques et professionnels, l’école propose une offre de formation variée sur la thématique de l’eau sur ses différents campus ainsi qu’à l’international.
Les formations proposées sont très largement ouvertes à des publics internationaux francophones ou anglophones. AgroParisTech mène actuellement une réflexion prospective avec les professionnels de l’eau sur l’évolution des métiers et des besoins de compétence dans le domaine. […] la suite page 29

Arthur Haddou, animateur de contrat territorial

Arthur Haddou a découvert le domaine de l’eau lors de sa formation en bac technologique STAV. […] Je pense que ma réelle prise de conscience date des stages effectués au Brésil, au Maroc et en Tunisie. Là-bas, on vit la rareté de cette ressource.
J’ai apprécié ces stages longs qui permettent d’être en contact avec le terrain et de se rendre compte des métiers que l’on pourra exercer.[…] la suite page 30

L’EAU, L’AUTRE ET MOI : un projet artistique sur le thème de l’eau

Comment la gestion durable de l’eau détermine-t-elle notre futur «vivre ensemble» ? Quelles influences sur les rapports humains et sociaux ?
Tels sont les questionnements de 10 élèves du Lycée de Rethel (08), établissement coordonnateur d’un projet « partenariat stratégique Erasmus+ », mené avec 10 élèves espagnols – de l’Institut de Enseñanza Secundaria à Jerez de la Frontera (Région d’Andalousie en Espagne), 10 élèves portugais de l’Agrupamento de Escolas à Porto (Portugal) et 3 élèves handicapés du Centre de Rééducation Motrice pour des enfants Infirmes Moteurs Cérébraux de Reims. […] la suite page 30-31

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