Les visages de l’ECSI

Relever les défis du siècle… Grâce à des Citoyens mobilisés ! L’enjeu : partager des pratiques, des outils qui ont fait leurs preuves et présenter des témoignages concrets.

La rencontre du 6 octobre dernier à la Bibliothèque François Mitterrand sur l’ECSI avait pour objectif de susciter des échanges sur les politiques et les programmes de sensibilisation et de mobilisation des citoyens en réponse aux défis mondiaux.

Nous étions près de 200 présents et plusieurs centaines de personnes connectées en visio-conférence, pour partager des pratiques et des outils qui ont fait leurs preuves et présenter des témoignages concrets.

Les actions de l’enseignement agricole ainsi que l’engagement de ses différents acteurs ont été mises en valeur au cours de l’évènement.

Marion Bardy, sous-directrice de la recherche, de l’innovation et des coopérations internationales de la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche (DGER) a tout d’abord rappelé l’implication du ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire dans le groupe de concertation national ECSI via le Bureau des relations européennes et de la coopération internationale (BRECI), les enjeux et les objectifs pour l’enseignement agricole d’intégrer ces thématiques et méthodes pédagogiques dans les projets des établissements.

Elle a insisté sur l’existence d’un système national d’appui aux établissements (via le réseau RED notamment depuis presque 25 ans !) pour mener des actions avec les jeunes, partager des outils, organiser des formations tout en travaillant au quotidien avec de nombreux partenaires associatifs locaux et institutionnels. Sur le terrain ces actions peuvent prendre des formes multiples : accueil de jeunes volontaires étrangers, projets de solidarité, serious games… etc.

Des outils pour éduquer à la transition agroécologique

Fleur Meynier, Chargée de mission Systèmes de culture innovants de la Bergerie Nationale de Rambouillet, a présenté l’outil pédagogique non formel AGROCHALLENGES. Ce serious game de l’enseignement agricole (RED/Educagri éditions) utilisé en classe ou dans le cadre de l’accompagnement et la formation des enseignants, est le fruit d’une collaboration avec des nombreux partenaires étrangers, l’INRAE et le designer Quentin Vaulot. Fleur Meynier a insisté sur les conditions de réussite du jeu (disponible en 5 langues : Français, anglais, allemand, Espagnol et Portugais) et ses objectifs pédagogiques : découvrir l’agroécologie, prendre conscience de son approche systémique, impliquer et rendre actifs les jeunes, encourager la prise de parole et les débats sur les questions socialement vives liées à l’agriculture.

Elle a été rejointe par Rachid Benlafquih, chargé de mission ECSI et de la zone Afrique (BRECI/DGER) qui a accompagné les différentes étapes du projet. Il a notamment insisté sur la dimension partenariat et coopération internationale de l’outil pédagogique. AGROCHALLENGES est aujourd’hui reconnu pour sa capacité à nourrir et initier des partenariats avec des acteurs de l’éducation du monde associatif et professionnel en France et à l’étranger (Colombie, Canada, Bénin, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Allemagne, Espagne, Portugal, Brésil, Roumanie, Japon, Nouvelle-Zélande…).

Témoignage de Fleur Meynier suivi de ceux de Nansirine, Melissa (volontaires internationales) et du CFSI sur le festival ALIMENTERRE en vidéo :

Ouvrir les jeunes sur le monde grâce à l’accueil

« Melissa Camara du Brésil et Nansirine Ismaïnou du Bénin ont été volontaires en service civique international pour une mission de promotion de la citoyenneté et de la solidarité internationale au sein de trois lycées agricoles en Normandie, Occitanie et en Val-de-Loire . Leurs témoignages ont permis de souligner l’aspect multidimensionnel des apports d’un volontariat sur le public qu’elles rencontrent dans le cadre de leurs activités. En ce sens, les deux volontaires intervenantes ont pu citer « l’ouverture sur le monde », « la contribution à la levée des tabous et préjugés », ou encore « l’apport de connaissances socioculturelles ». Par sa mission de service civique, Melissa aspire à contribuer « à la lutte contre la xénophobie » ainsi qu’ « au développement de la solidarité internationale », grâce à « des actions utiles ». Quant à Nansirine, elle a souhaité participer à « la préservation de l’environnement pour un monde durable profitable aux générations à venir ».

Par ailleurs, leurs interventions ont démontré que le volontariat représente un cercle vertueux à bien des égards, leur mission impactant directement la suite de leurs parcours d’étude et professionnel.

Selon Nansirine : « Ma mission m’a permis d’augmenter ma confiance en moi, de renforcer ma capacité de responsabilité et d’augmenter mes compétences dans mon domaine d’activité ».

Elle est d’ailleurs actuellement de retour en France après son service civique pour poursuivre ses études en Géographie à l’Université Paul Valéry de Montpellier.

Pour Melissa, sa mission lui a permis « d’apprendre la langue française, de prendre de l’autonomie et de la confiance en moi ».

Elle compte réinvestir les méthodes d’apprentissage observées dans les lycées agricoles, passant par des expériences théoriques et pratiques, dans sa future carrière de professeure. » *

* Extrait de l’article de Selma Benamar de France Volontaires sur les témoignages des deux jeunes volontaires invitées à témoignées.

Pour l’enseignement agricole, ces jeunes volontaires sont aussi considérés comme de futurs jeunes professionnels (notamment dans les domaines de l’agriculture et de l’alimentation). Cette expérience professionnelle et citoyenne unique représente une réelle opportunité pour construire et réaliser son propre projet professionnel. A l’issue de leur volontariat, les jeunes accueillis obtiennent un Open Badge « Volontaire international de l’enseignement agricole » qui reconnait les compétences développées. Les réseaux géographiques de la DGER/BRECI suivent également le parcours des anciens volontaires et les aides pour leur insertion sociale et professionnelle.

Découvrez en vidéo le parcours d’ex-volontaires béninois aujourd’hui jeunes entrepreneurs en aquaculture ou en machinisme agricole :

Service civique et entreprenariat – Le Bénin / LE FILM, réalisé par Com Son Image – Julie Lizambard – Vimeo.

Un Club solidarité pour s’engager

Karine Boullay-Bador, enseignante en mathématique au lycée agricole de Mâcon et animatrice du club solidarité de l’établissement, a partagé enfin sa riche expérience et ses réflexions lors d’une table ronde sur le thème : « comment accélérer le déploiement de l’ECSI en France et créer des collaborations vertueuses dans les territoires entre les acteurs associatifs et publics ? ».

Elle a insisté sur la dimension transversale de l’ECSI, la possibilité de proposer des espaces d’expression et d’engagement des jeunes en dehors des cours et l’importance des partenariats avec les acteurs associatifs du territoire. Pour elle, les principaux leviers sont : l’inscription des actions dans les projets stratégique d’établissement et leur reconnaissance dans les programmes de formation, la pluridisciplinarité, les campagnes nationales et les partenariats avec les acteurs de l’ECSI (Réseaux Régionaux Multi-Acteurs, ONG, collectivités locales…). Après avoir été lauréats du concours national de Podcasts « réinventer le monde », les étudiants du club proposeront cette année des actions autour de l’égalité « femmes – hommes » et reconduiront leur Gratiferia annuelle sur l’établissement pour sensibiliser aux conséquences néfastes de la fast fashion.

Témoignage de Karine Boullay-Bador :

Nous tenons chaleureusement à remercier Fleur, Nansirine, Melissa ainsi que Karine pour leur engagement, leur disponibilité et leurs témoignages.

 

Contacts :

Danuta RZEWUSKI et Vincent ROUSVAL, animateurs du réseau RED (ECSI) de l’enseignement agricole, danuta.rzewuski@educagri.fr, vincent.rousval@educagri.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise Internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr

 

 




Partenariat avec le berceau de la viticulture

Dans le cadre d’un projet Erasmus+,  le Lycée Viticole d’Orange initie leurs partenaires Géorgiens aux « serious games »* sur les thématiques de la biodiversité et de la viticulture et découvre à leur tour les spécificités de l’élevage du vin enterré en Qvereri géorgienne.

L’établissement raconte

Saviez-vous que il y a 8000 ans, les premières traces de vinification en amphore ont été retrouvées en Géorgie ? Ce qui fait de ce pays le berceau du vin.

Le Lycée Viticole d’Orange a pu participer entre juillet 2019 et juillet 2022 à un projet Erasmus+ « mobilité » dans l’enseignement supérieur avec l’Université de Telavi, en Kakhétie, une région viticole bien connue dans le Caucase. En raison de la pandémie, le projet n’a pu réellement démarrer qu’en septembre 2021 lorsque deux stagiaires géorgiens en Licence professionnelle sont venus effectuer un stage sur l’exploitation du Lycée d’Orange et à l’Institut Rhodanien, en participant à des cours de BTSA Viticulture Oenologie et visiter quelques domaines viticoles de notre terroir du Vaucluse.

L’élevage en terre

Exemple de vin blanc géorgien, élevé en amphore enterrée

Les stagiaires ont présenté, lors des « ErasmusDays » d’octobre 2022, leur pays, leur formation universitaire, leur gastronomie et les vins spécifiques géorgiens. Ils ont réalisé une animation de découverte de la langue géorgienne et du vin traditionnellement élevé en « Qvreri », l’amphore géorgienne enterrée dans la terre.

Délégation géorgienne partenaire du projet Erasmus+

Deuxième temps fort : en mai 2022, une délégation universitaire de 5 partenaires géorgiens est venue découvrir notre région, notre système éducatif, nos projets et vins. Plusieurs membres de l’équipe enseignante, du domaine viticole Château Mongin et nos partenaires, tels que l’Institut Rhodanien, la chambre d’Agriculture ou le syndicat des vignerons des Côtes du Rhône nous ont aidés. Des échanges formels et informels ont suivi entre les étudiants de BTSA et nos homologues. Les étudiants géorgiens, de leur côté, ont « liké » leurs camarades et contribué à la diffusion des mobilités et de la notoriété d’Erasmus+.

Les Géorgiens ont pu aussi rencontrer une délégation du Conseil Régional à la mi-mai 2022, venue inaugurer notre nouveau gymnase et découvrir notre savoir faire viticole, scientifique et agroécologique, dans le cadre du programme national « Enseigner à Produire Autrement 2 ».

« Serious Game » comme pédagogie

Echange et mise en pratique pédagogique des Serious Games

Mais le clou pédagogique de leur séjour en France fut indubitablement la découverte de nos jeux sérieux qui ont trait au monde du vin et à la biodiversité, une pédagogie totalement nouvelle pour des enseignants chercheurs géorgiens. Pendant une heure, Mmes Bonder et Finance, respectivement enseignante d’œnologie et d’anglais et enseignante de français-langues référente coopération internationale et EPA2, leur ont fait découvrir des jeux créés depuis 2018 en français, anglais, espagnol et un jeu trilingue français-anglais-géorgien, sur des stands animés par nos étudiants (1ère baccalauréat CGEV) ou élèves éco-ambassadeurs. Ce qui était d’abord une interrogation sur une pédagogie ressentie comme étrange est rapidement devenu une source d’intérêt potentiellement transposable chez eux au niveau universitaire.

En termes d’expertise dans le monde du vin, de l’innovation, à l’international et des transitions agroécologiques, ces mobilités furent donc un réel succès, auquel notre pilote de consortium, l’Université de Rennes 1 et l’Institut Agro de Montpellier, partenaire de l’enseignement supérieur français dans le secteur éducatif viticole, ont contribué.

*jeux sérieux

Crédit photographique : illustration du site Les voyages de Bacchus.com, Georgie-Kvevri-laurence-Lemaire

Contact : Elvire Finance, Référente coopération internationale du Lycée Viticole d’Orange, elvire.finance@educagri.fr




Actus’RED 2022

Découvrez les nombreuses actualités du Réseau RED : Formations, Mon carnet mobilité, le Prix ALIMENTERRE 2022…

Le RED – Réseau d’Éducation à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale de l’enseignement agricole vous présente ses outils et projets 2022 dans lesquels vous pourrez impliquer vos classes et établissements sous différentes formes :

  • Formations : ALIMENTERRE en mars 2022 en ligne et en mai 2022 à Bordeaux, les Rencontres du RED en mai 2022 à Dunkerque, l’utilisation de Serious games…
  • Outils : Mon carnet Mobilité pour organiser, capitaliser chaque mobilité individuelle, AGROCHALLENGES, le Guide de la mobilité, l’Exposition « Dessine-moi l’écologie…
  • les Campagnes citoyennes, la Cartographie de l’ECSI dans l’enseignement agricole, les Projets tutorés étudiants sur l’amélioration de la plateforme Moveagri  et l’accueil de volontaires étrangers en lycée agricole…

Pour vous inscrire aux formations, il suffit de vous connectez sur l’agenda du site Portailcoop (colonne de droite) et de suivre les indications.

Aussi, le réseau RED est la recherche encore de quelques établissements ou consortiums ERASMUS+ pour tester la première version du nouveau Carnet de Mobilité. Contactez les animateurs du RED (contacts en bas de l’article) pour recevoir des exemplaires à utiliser avec vos élèves, étudiants ou apprentis dans leur projet de mobilité.

Retrouvez enfin ci-dessous une présentation détaillée ainsi que les modalités d’inscription et de participation à ces formations et projets.

Cliquez sur la flèche à droite de l’image pour passer les diapositives ou visualiser directement la présentation en grand écran, cliquez en bas à droite.

Consultez la Présentation et liens utiles en ligne

Contacts : Danuta RZEWUSKI, Vincent ROUSVAL, animateurs du RED – Réseau d’Éducation à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale de l’enseignement agricole, danuta.rzewuski@educagri.fr – vincent.rousval@educagri.fr




AGROCHALLENGES joue la « carte » internationale

Trois ans après la première version française, une an après la version anglaise et franco-allemande chez Educagri Editions,  nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie à venir de 3 nouvelles versions du serious game AGROCHALLENGES (jeu pédagogique sur l’agroécologie) début 2021.

  • Une nouvelle version française enrichie avec des nouveaux contenus proposés par les réseaux Caraïbes, Canada et Afrique de l’Ouest de l’enseignement agricole et leurs partenaires (Québec, Sénégal, Burkina-Faso…).
  • Une version 100 % en espagnol imaginée et conçue avec l’inspection de l’enseignement agricole et les enseignants d’espagnol, les réseaux Espagne et Amérique Latine de l’enseignement agricole et leurs partenaires d’Espagne, de Colombie ou encore du Chili.
  • Une version Franco-Portugaise, elle aussi, élaborée avec les réseaux Brésil et Portugal de l’enseignement agricole avec leurs partenaires de ces pays.

Actuellement, le travail d’édition est en phase finale et le lancement officiel de ces nouvelles versions est programmé au printemps 2021. Les jeux de cartes seront disponibles chez Educagri éditions et auprès du réseau RED pour accompagner vos futures séances en classe ou vos projets de coopération internationale.

Illustrations des prototypes du futur livret et des cartes AGROCHALLENGES en espagnol, portugais et français

En parallèle, et pour mieux accompagner la diffusion du serious game en France et à l’international, deux projets tutorés ont été confiés à des étudiants d’agronomie et de relations internationales sur 2020/2021.

Un premier groupe d’une trentaine d’étudiants en 5ème année de l’école d’ingénieur agricole de Purpan de Toulouse a travaillé sur des scénarii possibles du jeu pour une future version numérique diffusable à l’international.

Dans le cadre d’un module sur l’innovation en agriculture, ils ont démontré que le développement d’une version numérique adaptée du jeu de cartes est pertinent (diffusion et projets internationaux facilités, nouveaux modes de jeu possibles, création d’une communauté de joueurs…).  Leurs remarquables travaux ont bien mis en évidence qu’il n’existe pas de serious game équivalent pour l’instant (en terme d’objectifs, publics cibles, modes de jeu…).

AGROCHALLENGES dans une version « online » serait par ailleurs très complémentaire de SEGAE (seul serious game disponible « de gestion d’une entreprise agricole » sur le thème de l’agroécologie).

Ce jeu, qui permet d’approfondir les connaissances et concepts sur l’agroécologie, disponible en ligne depuis 2020. Il est issu de travaux très complets d’un consortium européen d’écoles supérieures agronomiques françaises et universités agronomiques (dont l’Agrocampus Rennes et ONIRIS).

Aussi, pour accompagner les actuels et futurs utilisateurs des versions en langues étrangères du jeu, des étudiants en Master de l’INU Champollion d’Albi travaillent sur le futur site compagnon du jeu (Agrochallenges.com) où seront disponibles toutes les ressources utiles en langues étrangères pour accompagner les utilisateurs du jeu et créer une communauté de joueurs intéressés par l’agroécologie.

Ces travaux nous aiderons aussi à mieux identifier les réseaux professionnels agricoles, éducatifs et associatifs internationaux intéressés par les serious games sur cette thématique.

 

N’hésitez pas à nous contacter pour organiser une présentation d’AGROCHALLENGES, réserver d’ores et déjà les prochaines versions ou encore planifier des formations (possibles à distance) pour mieux comprendre ses modes de jeu et ses utilisations possibles.

Contacts :

Vincent ROUSVAL, animateur du réseau RED – Education à la citoyenneté et à la solidarité internationale, vincent.rousval@educagri.fr

Rachid BENLAFQUIH, Chargé de mission Afrique / Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale / Expertise internationale au BRECI-DGER, rachid.benlafquih@agriculture.gouv.fr

Plus d’informations sur le jeu et les versions actuelles : https://red.educagri.fr/agrochallenges/