Immersion au cœur des systèmes agricoles arméniens

En juin 2025, des enseignants drômois se sont rendus en Arménie pour analyser le contexte agricole local, visiter plusieurs fermes et envisager un projet commun de développement de la filière laitière. Une dynamique d’échanges techniques et pédagogiques est désormais engagée entre les deux territoires.

Le lycée d’enseignement agricole technique de Bourg-Lès-Valence, en Auvergne-Rhône-Alpes, est en lien avec la ville arménienne de Talin depuis 2024. En effet, le lycée français a accueilli une délégation de la ville arménienne de Talin en septembre 2024, pour découvrir l’autonomie fourragère et les savoirs-faire développés sur l’exploitation du lycée agricole. Cette première rencontre a ouvert la voie à une coopération plus large.

Visite fondatrice
Rencontre avec les élus de la mairie de Bourg-Lès-Valence

C’est à l’initiative de la mairie de Bourg-Lès-Valence que la délégation arménienne de la ville de Talin a été mise en relation avec l’établissement agricole de Bourg-Lès-Valence. Les sujets, autour de l’autonomie fourragère de l’exploitation du lycée agricole et de la transformation sur place d’une partie de la production laitière, ont particulièrement suscité l’intérêt des élus de la mairie de Bourg-Lès-Valence.

A la suite de cette visite, les élus ont proposé au personnel de cet établissement agricole de participer aux assisses de la coopération franco-arménienne, en juin 2025,  afin de découvrir le contexte agricole arménien et d’accompagner la ville de Talin dans la réflexion d’un projet de développement agricole.

Construction de partenariat entre Talin et Bourg-lès-Valence

En juin 2025, les personnels Frédéric Lalanne, directeur de l’établissement technique agricole français, Guillaume Fichepoil, directeur de l’exploitation agricole et Fabienne Monteux, enseignante de zootechnie du lycée agricole de Bourg-Lès-Valence ont rencontré différents acteurs du développement agricole, et visité des exploitations agricoles représentatives dans plusieurs régions (Syunik, Shirak, Aragatsotn). Ces visites ont permis de mieux comprendre la diversité des pratiques, les contraintes climatiques, ainsi que les enjeux de la structuration de la filière lait. Trois exploitations visitées sont situées dans un contexte montagnard froid et venteux en hiver, avec des sols souvent alluviaux. Le lait y est produit dans des systèmes contrastés, du plus traditionnel au plus structuré, chacun révélant des pratiques, des objectifs et contraintes spécifiques.

Trois types d’exploitation observés

La « smart farm » rattachée à une antenne universitaire à Sissian est un projet pédagogique récent et expérimental, constitué de deux ateliers maraichage et  lait. Il est encore dépendant de l’achat d’aliments en phase de transition vers une autonomie plus grande.

L’exploitation traditionnelle est basée sur un système plus rustique, très peu mécanisé, fondé sur le pâturage mais avec des limites importantes comme la conservation et commercialisation du lait ainsi que des conditions de vie difficile de l’éleveur en période de pâturage.

La ferme de Talin est une exploitation productive et techniquement avancée, avec une autonomie fourragère forte, malgré un bâtiment d’élevage perfectible.

Lors de ces visites, plusieurs besoins d’équipement ont été identifiés pour réduire les risques sanitaires, notamment l’absence de tank pour stocker le lait. Toutes les fermes rencontrées pratiquent la vente directe avec des modalités très différentes. Une structuration de la filière lait apparait comme une opportunité à développer pour mieux valoriser la production locale.

Projet structurant pour Talin

Une réunion de travail avec la ville de Talin et les représentants agricole a porté sur l’évaluation et la conception d’un projet de développement en particulier dans le secteur laitier. L’objectif de la ferme de Talin est de produire du lait principalement pour les établissements scolaires tout en devenant un outil de formation et de démonstration techniques. La réflexion pour ce projet sur le système dans sa globalité, et particulièrement sur le bâtiment, l’alimentation, la reproduction, la santé et bien être animal. Lors de cette discussion, des axes ont été retenus, le premier étant de créer une structure de production agricole remarquable et exemplaire de type « smart farm », sur une surface de 40 hectares (mis à disposition par la commune de Talin). Le deuxième axe sera de faire de ce lieu un site de formation, d’échanges, de pratiques et de montée en compétences pour les personnels, les agriculteurs, et les apprenants.

Dans la réflexion menée, il apparait essentiel d’associer technicité et valorisation des savoirs locaux ; utilisation des ressources naturelles locales, intégration des races locales adaptées. La gestion du calendrier de reproduction du troupeau a été soulignée comme un point clé pour garantir un approvisionnement régulier du lait pour les écoles. Enfin, la formation des personnels de l’exploitation de Talin constitue un enjeu majeur pour la réussite et la pérennité du projet.

La structuration de la coopération franco-arménienne est lancée !

Lire aussi l’article PortailCoop : Erasmus+ c’est aussi du « capacity-building » ! sur le projet Erasmus+ « CB4WBL » « an innovation model of SMART farm adjacent to VET institution fort students work-based learning towards better employability » qui vise à renforcer la capacité des prestataires de formation et d’enseignement professionnel arméniens.

Si vous souhaitez lire le projet Erasmus+ CB4WBL

Pour en savoir plus sur la Ville de Talin

Exemple de smart farm en Arménie

Contact : Evelyne Bohuon, animatrice du réseau Arménie de l’enseignement agricole, evelyne.bohuon@educagri.fr

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