Pendant deux semaines fin mars-début avril 2026, une quinzaine d’étudiants du lycée agricole Olivier de Serres de Quetigny en Bourgogne et des apprenants du Lycée Technique Agropastoral de Kpataba à Savalou au Bénin ont partagé leurs savoirs, leurs cultures et leurs expériences autour d’un projet commun : créer un jardin nourricier agroécologique sur le site culturel d’Okuta à Dassa-Zoumè.
Retour sur une aventure humaine, technique et interculturelle qui a mobilisé des jeunes des deux pays pendant plus d’un an.
L’histoire de ce projet débute en 2025 grâce à la rencontre entre des acteurs de l’enseignement agricole français et béninois, réunis par une volonté commune : favoriser les échanges de pratiques agroécologiques et permettre à des jeunes de vivre une expérience de coopération internationale.
Une coopération construite pas à pas

Une mission préparatoire menée au Bénin en octobre 2025 par Delphine Roumier, professeure de biologie-écologie, et Emmanuel Lacouture, enseignant en aménagement paysager au lycée Olivier de Serres, accompagnés de Vanessa Forsans, co-animatrice du réseau Afrique de l’ouest Afrique centrale, a permis de rencontrer les partenaires locaux, de découvrir les sites d’intervention et de construire collectivement les objectifs pédagogiques et techniques du projet.
Au fil des échanges, le projet s’est structuré autour d’une ambition forte : permettre à des jeunes français et béninois de travailler ensemble sur des enjeux communs liés à l’agriculture durable, à la biodiversité et à l’adaptation au changement climatique.
Une année de préparation et d’engagement
Bien avant le départ, les étudiants français (issus de la classe préparatoire aux grandes écoles agro-véto post-BTS) se sont fortement investis dans la préparation du projet.
Ils ont participé à des temps de sensibilisation à la solidarité internationale, à l’interculturalité et à la citoyenneté mondiale, animés notamment avec l’appui de Bourgogne-Franche-Comté International.
Des échanges en visioconférence et sur WhatsApp ont permis aux correspondants français et béninois de faire connaissance avant la rencontre. Malgré quelques difficultés liées à l’accès aux outils numériques, ces premiers contacts ont rapidement créé une dynamique positive.
Les étudiants ont également mené de nombreuses actions d’autofinancement : lotos, marchés de Noël, ventes de produits régionaux, fabrication d’objets artisanaux et recherche de mécènes. Ces initiatives ont permis de financer une partie du séjour tout en renforçant la cohésion du groupe.
Découvrir le Bénin pour mieux comprendre son histoire

Le séjour a débuté par plusieurs visites culturelles permettant aux participants de découvrir la richesse historique et patrimoniale du Bénin, accompagnés par Adébayo Hounsou.
À Cotonou, les étudiants ont découvert la statue de l’Amazone, le mur artistique et le front de mer.
À Ganvié, ils ont exploré la célèbre cité lacustre construite sur pilotis. À Ouidah, la visite de la Route des Esclaves, du temple des pythons et de la Porte du Non-Retour a constitué un moment fort de réflexion sur l’histoire et la mémoire.
Ces découvertes ont permis de mieux comprendre le contexte culturel, social et historique du pays d’accueil.
Un accueil inoubliable à Savalou
L’arrivée au Lycée Technique Agropastoral de Kpataba restera l’un des moments les plus marquants du séjour.
Les enseignants béninois ont pris le temps de présenter chaque participant afin de favoriser les premiers échanges entre les jeunes. Les apprenants béninois ont accueilli leurs homologues français par un chant particulièrement émouvant qui a profondément touché l’ensemble du groupe.
Rapidement, la timidité des premiers instants a laissé place à la curiosité, aux échanges et à la convivialité. Les repas partagés, les jeux, les chants et les discussions ont permis aux jeunes de nouer des liens forts malgré les différences culturelles.
Partager les savoir-faire agroécologiques

Le cœur du projet reposait sur la découverte et le partage de pratiques agroécologiques adaptées aux réalités locales.
Au lycée de Kpataba, les étudiants ont participé à plusieurs ateliers techniques : fabrication de biofertilisants, techniques de greffage, fonctionnement d’une couveuse agricole et méthode PIF [plants issus de fragments] de multiplication des bananiers.
À l’écoferme Maktub de Dassa, ils ont travaillé sur la reconnaissance botanique des espèces locales, la compréhension des associations végétales et la valorisation des plantes utiles dans les systèmes agroécologiques.
Les échanges entre jeunes ont permis de comparer les pratiques agricoles françaises et béninoises, d’échanger sur les conséquences du changement climatique et de réfléchir ensemble à des solutions favorisant la résilience des systèmes de production.
Un chantier collectif au service du territoire
L’action principale du séjour s’est déroulée sur les collines du site culturel d’Okuta à Dassa-Zoumè.
Réunis en équipes mixtes franco-béninoises, les participants ont contribué à l’aménagement d’un futur jardin nourricier agroécologique. Ils ont créé des cheminements, participé aux plantations, aménagé des espaces paysagers et construit différents équipements destinés à accueillir des activités culturelles et pédagogiques.
Ce chantier collectif a permis aux jeunes de mettre en pratique leurs compétences, d’apprendre à travailler ensemble et de contribuer concrètement à la valorisation d’un site culturel emblématique du territoire.
Au-delà des réalisations visibles, ce travail a constitué une véritable expérience de coopération et de co-construction.

Une aventure humaine avant tout
Si les ateliers et le chantier ont marqué les participants, ce sont souvent les rencontres humaines qui restent les souvenirs les plus forts.
Les jeunes béninois ont partagé leurs connaissances des cultures locales, leurs pratiques agricoles et leur vision du monde. Les étudiants français ont présenté leur formation, leurs projets professionnels et leur quotidien.
Les soirées de chants, de danses, de jeux de société et les nombreux moments de convivialité ont favorisé une véritable rencontre interculturelle.
Cette expérience a permis à chacun de porter un regard nouveau sur son propre mode de vie tout en développant son ouverture aux autres.
Restituer et sensibiliser en Bourgogne-Franche-Comté
Au retour, les étudiants ont souhaité partager cette expérience avec le plus grand nombre.
Une soirée de restitution a été organisée afin de présenter les réalisations du projet et les enseignements tirés de cette aventure. Une exposition photographique a également permis de valoriser les échanges culturels, les pratiques agroécologiques découvertes et les travaux réalisés au Bénin.
Des témoignages, articles et publications sur les réseaux sociaux ont complété ce travail de valorisation afin de sensibiliser le public aux enjeux de solidarité internationale et de développement durable.
Une coopération appelée à se poursuivre

L’échange de 2026 constitue la première étape d’un partenariat durable entre les établissements français et béninois, comme stipulé dans la charte de coopération co-signée par leur direction respective, en lien avec le réseau Afrique de l’ouest Afrique centrale de l’enseignement agricole.
Les partenaires envisagent déjà de nouvelles actions : poursuite du chantier agroécologique d’Okuta, accueil de partenaires béninois en France, développement de mobilités réciproques et création de nouveaux projets pédagogiques autour de l’agroécologie et de la biodiversité.
Au-delà des réalisations techniques, ce projet a permis de construire des liens durables entre des jeunes de deux continents et de démontrer que la coopération internationale constitue un formidable levier d’apprentissage, de citoyenneté et d’engagement.
Chiffres clés du projet
• 15 étudiants français mobilisés sur le terrain
• 20 apprenants béninois impliqués dans les activités
• 15 jours de séjour au Bénin
• Plus d’une année de préparation
• 4 ateliers agroécologiques majeurs
• 1 chantier collectif sur le site culturel d’Okuta
• Près de 1 000 plants destinés à la création du jardin nourricier
• Plus de 900 bénéficiaires indirects dans les deux établissements
• 5 Objectifs de Développement Durable mobilisés : ODD 2, 4, 12, 13 et 15Les partenaires du projet
Lycée Olivier de Serres – Quetigny (France)
Établissement public d’enseignement agricole porteur du projet.
Association Les Serres Voyageants
Association de soutien aux projets éducatifs et internationaux du lycée.
Lycée Technique Agropastoral de Kpataba – Savalou (Bénin)
Partenaire principal de l’échange et de l’accueil des jeunes français.
Écoferme Maktub – Dassa-Zoumè (Bénin)
Site d’apprentissage et d’expérimentation agroécologique.
Site culturel d’Okuta – Dassa-Zoumè (Bénin)
Lieu du chantier collectif franco-béninois.
Bourgogne-Franche-Comté International (RRMA)
Accompagnement à la préparation interculturelle et à la citoyenneté mondiale.
Réseau Afrique de l’ouest Afrique centrale de l’enseignement agricole français
Appui à la coopération et à la mise en relation des partenaires.
Projet soutenu par le dispositif Jeunesse et Solidarité Internationale (JSI) du FONJEP, la Région Bourgogne-Franche-Comté, la Ville de Quetigny et l’ensemble des partenaires engagés dans cette coopération franco-béninoise.
Consultez les comptes Insta et Facebook qui retracent au jour le jour les aventures de ce projet.
Article proposé par Sandra Lhuillier, TFR Labo biologie, présidente de l’association Les Serres Voyageants au Lycée Olivier de Serres Quetigny / Agrocampus Dijon – sandra.lhuillier@educagri.fr
Contact : Vanessa Forsans, co-animatrice avec William Gex du réseau Afrique de l’ouest Afrique centrale – vanessa.forsans@educagri.fr – william.gex@educagri.fr

