ECO-TransH : une rencontre européenne en Italie

Dans la cadre du programme Erasmus+ Eco- TransH, le Campus Pyrénées Comminges a participé à une mobilité en Italie, au service de la transhumance, au sein de l’école agricole de Larino, dans la région du Molise.

Cette rencontre a réuni les partenaires internationaux du projet européen ainsi qu’une classe du lycée agricole de Pamiers autour d’un objectif commun : transmettre, valorisé et faire évoluer les pratiques liées à la transhumance.

Portée par le lycée agricole de Saint-Gaudens, le projet Eco-TransH vise à former les futurs éleveurs à une agriculture viable, vivable et équitable en intégrant la transhumance comme solution durable de gestion des troupeaux et des territoires. Il répond également à un enjeu majeur : le renouvellement des générations agricoles en rendant ces métiers plus attractifs et en valorisant un patrimoine vivant reconnu par l’UNESCO.

A travers la coopération entre plusieurs pays – France, Italie, Grèce, Maroc, Mongolie, Roumanie-, ce projet favorise la formation, les échanges de pratiques,

la mobilité des apprenants et la transmission des savoir-faire pastoraux.

Un accueil entre biodiversité et coopération.

Le séjour a débuté le vendredi au coeur des paysages agricoles du Molise, entre champs d’oliviers et bottes de foin, à l’occasion de la journée de la biodiversité organisée par l’établissement de Larino. Une cérémonie officielle a marqué l’accueil de la délégation ECO-TransH en présence des élèves, de l’équipe éducative et des élus locaux. Un repas convivial, composé de produits locaux a permis de mettre à l’honneur la richesse gastronomique du territoire. Ce temps fort  s’est poursuivi par une réunion de travail réunissant les représentants  des pays partenaires afin de dresser le bilan des actions menées et d’envisager les suites du projet.

Sur les chemins historiques de la transhumance

Le samedi matin, les participants ont parcouru un tarturro, ces anciens chemins de transhumance utilisés depuis l’Antiquité pour le déplacement saisonnier des troupeaux entre plaines et montagnes. En Italie, ces itinéraires constituent un réseau historique majeur, structurant les paysages et les échanges économiques depuis des siècles.

Comme le souligne l’UNESCO, la transhumance ne se limite pas à un déplacement d’animaux : elle est une pratique sociale et culturelle vivante qui repose sur des connaissances liées à la nature, aux saisons et à la gestion durable des ressources. Elle favorise également les liens entre communautés et générations.

Encadrés par des cavaliers, comme lors des grandes transhumances traditionnelles, les participants ont pu vivre une immersion concrète dans cet héritage commun. La matinée s’est prolongée par un show-cooking en pleine nature avec les élèves de Larino, mêlant cuisine pastorale et musique traditionnelle.

Valorisation des produits et des territoires : une mission réussie

Dans le cadre du projet ECO-TransH, l’Italie avait la responsabilité de la cinquième action consacrée à la valorisation des produits et des territoires. A travers l’organisation de ce séjour, les partenaires italiens ont pleinement atteint leurs objectifs.

Le samedi soir, un stand ECO-TransH a permis de mettre en lumière la diversité des productions et des cultures : fromages grecs et italiens, confiture de lait et fromages du Campus Pyrénées Comminges, beurre de yack, ainsi que des tenues traditionnelles de la Roumanie et du Maroc.

Devant un large public réuni pour des chants et animations locales, le maire de Larina a salué l’engagement des partenaires en les appelant au micron afin que chacun se présente, y compris le représentant de la FAO, venu pour l’occasion. Sur écran géant, des vidéos ont illustré les actions menées dans chaque pays, renforçant la visibilité du projet et de ses valeurs.

Une fête populaire au coeur des traditions

Les journées du dimanche et du lundi ont été consacrées à la fête traditionnelle de San Pardo, événement emblématique de la ville de Larina.

Au programme – bénédiction des vaches et des brebis prés de la fontaine sacrée, préparation et défilé des chars décorés de fleurs en papier. Cette fête intergénérationnelle témoigne de l’attachement profond des habitants à leurs traditions et à la transmission des savoirs. Bien qu’elle ne soit pas directement une fête de transhumance, elle partage les fondements : lien à la terre, importance du collectif et transmission culturelles, vie dans les territoires ruraux.

Une aventure humaine et professionnelle

Ce séjour en Italie a constitué l’un des temps forts de ce projets de 3 ans. Il a permis à tous les partenaires de se retrouver une dernière fois en présentiel, de consolider les liens créés et de partager une ambition commune : préserver, transmettre et faire vivre la transhumance.
Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, cette pratique incarne des valeurs essentielles de durabilité, de coopération et de respect des territoires.

Si cette aventure touche à sa fin, elle laisse entrevoir de nouvelles perspectives. Tous espèrent désormais qu’elle ouvrira la voie à de futures coopérations européennes au service du pastoralisme à travers l’enseignement agricole.

Contacts : Fabienne Gilot : gilotpyrenees@gmail.com, Pascale Labrousse, animatrice du réseau Italie de l’enseignement agricole, pascale.labrousse@educagri.fr

 

 

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